5 mois avec le Google Pixel 5 : un océan de satisfaction aux gouttes de frustration

En attendant les Pixel 6

 

J'utilise le Google Pixel 5 depuis cinq mois. Alors que ses successeurs se préparent doucement, je me permets de dresser un bilan de ce smartphone, qui mise autant sur sa sobriété que sur sa qualité photo, au détour d'un bref retour d'expérience.

Google Pixel 5

Le Google Pixel 5 // Source : Anthony Wonner – Frandroid

J’utilise le Google Pixel 5 depuis cinq mois désormais en guise de smartphone principal, celui que j’utilise au quotidien. Après avoir longtemps utilisé de grands appareils, je voulais retrouver un format un peu plus compact, histoire de changer un petit peu.

C’est la première fois que je me tournais vers la gamme Pixel. Même si la formule m’a toujours paru très séduisante depuis que cette famille de produits existe, le design de chacun des modèles avait toujours quelque chose qui me rebutait un peu. Puis vint le Google Pixel 5 qui a su me faire sauter le pas.

Google pixel 5

Google Pixel 5 // Source : Arnaud Gelineau pour Frandroid

Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai. Peu avant de prendre le Pixel 5 en smartphone personnel, j’avais eu l’occasion de tester le Pixel 4a. Déjà, à ce moment-là, j’avais beaucoup apprécié le téléphone pour son format et sa qualité photo très bonne en considération du prix abordable.

Voici donc quelques retours après avoir passé cinq mois avec le Google Pixel 5. Sachez qu’il s’agit du modèle prêté par la marque et qui est resté dans les locaux de Frandroid pour que nous puissions continuer à faire quelques tests et comparatifs avec.

Fiche technique du Google Pixel 5

Modèle Google Pixel 5
Version de l'OS Android 11
Interface constructeur Android Stock
Taille d'écran 6 pouces
Définition 2340 x 1080 pixels
Densité de pixels 432 ppp
Technologie OLED
SoC Snapdragon 765G
Puce Graphique (GPU) Qualcomm Adreno 620
Mémoire vive (RAM) 8 Go
Mémoire interne (flash) 128 Go
Appareil photo (dorsal) Capteur 1 : 12.2 Mpx
Capteur 2 : 16 Mpx
Appareil photo (frontal) 8 Mpx
Enregistrement vidéo 4K@60 IPS
Wi-Fi Wi-Fi 5 (ac)
Bluetooth 5.0
Bandes supportées 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7), 700 MHz (B28)
5G Oui
NFC Oui
Capteur d'empreintes Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Batterie 4080 mAh
Dimensions 70,4 x 144,7 x 8 mm
Poids 151 grammes
Couleurs Noir, Vert
Prix 589 €
Fiche produit Voir le test

Petit, mais costaud

Le Google Pixel 5 a un format que d’aucuns qualifieraient de compact. J’en veux pour preuve que je suis capable de le tenir sans trop d’efforts uniquement avec le pouce sur la tranche du bas et l’auriculaire sur celle du haut — ou inversement. C’est bien la première fois depuis des lustres que je peux faire ça avec mon smartphone personnel sans me faire mal.

D’aucuns m’ont dit qu’ils faisaient ça aussi avec des smartphones plus grands, mais j’ai beaucoup de mal à croire qu’ils ne ressentent pas une douleur rapidement, ou alors ces personnes ont de plus grandes mains que les miennes ce qui n’aurait rien d’étonnant.

Google Pixel 5

Le Google Pixel 5 a un petit format // Source : Anthony Wonner – Frandroid

Et pour cause : le Pixel 5 mesure seulement 144,7 mm de haut pour une largeur et une épaisseur de 70,4 et 8 mm respectivement). Pour rigoler, on peut comparer cela avec les 165,1 mm du Galaxy S21 Ultra de Samsung. Le poids très léger de l’appareil estampillé Google est aussi à souligner : 151 grammes seulement.

Le smartphone est donc petit et léger, mais ne le prenez pas pour un avorton. Le Google Pixel 5 a maintes fois prouvé qu’il savait se montrer costaud. Entre mes mains, il a subi nombre de crash tests involontaires. Je l’ai fait tomber dans la rue, sur du carrelage ou du parquet, en cognant la face avant, le dos ou un angle. La bête tient parfaitement le choc, sans égratignure.

Google Pixel 5

Le dos du Google Pixel 5 après 5 mois d’utilisation // Source : Anthony Wonner – Frandroid

Il faut dire qu’on jouit d’une protection Gorilla Glass 6 sur la dalle tandis que le dos s’habille d’un revêtement en plastique noir renforcé par une armature métallique en dessous. Certes, c’est d’une sobriété extrême — et j’apprécie beaucoup –, mais c’est redoutablement robuste.

L’écran OLED au taux de rafraîchissement de 90 Hz apporte ce qu’il faut de contraste, de variété de couleurs et de fluidité des mouvements pour une expérience très satisfaisante. Ce n’est pas la plus belle dalle du monde, mais elle fait plus que le job.

Une vidéo YouTube sur Pixel 5

Une vidéo YouTube sur Pixel 5 // Source : Arnaud Gelineau pour Frandroid

Retenez simplement que sa diagonale de 5,81 pouces ne vous permettra pas une immersion incroyable dans vos séries et films. Enfin, je dis ça plus pour prévenir celles et ceux particulièrement attachés à des dalles de 6,2 pouces et plus. Pour ma part, j’ai trouvé que le Pixel 5 était un parfait compagnon de route lors de mes longs trajets en métro. Je lance ma vidéo sans le moindre souci de confort visuel. Sauf peut-être sur un point, la luminosité automatique est parfois gérée de manière vraiment aléatoire, manquant régulièrement de réactivité pour ajuster la jauge.

De petits bugs logiciels

L’interface de Pixel 5 ne fait pas de mystère. C’est Android tel que le perçoit Google. Le smartphone mise donc essentiellement sur un design épuré et une simplicité d’usage. De ce côté, le pari est pleinement réussi. J’apprécie particulièrement la pertinence avec laquelle le système choisit les applications à afficher en bas de l’écran d’accueil et tout en haut du tiroir d’applications. Ces barres s’adaptent aux dernières apps que j’ai ouvertes tout en prenant le pli de mes habitudes quotidiennes pour anticiper parfois que je vais en utiliser une.

Cette simplicité d’usage se fait parfois au détriment de la personnalisation. Le Pixel 5 ne propose pas pléthore d’options pour cela et se contente vraiment de fonctions basiques comme le mode sombre ou l’agencement de l’écran d’accueil. En outre, la navigation par gestes est configurée par défaut. Dans mon cas, ça ne m’a posé aucun souci, j’ai toujours eu l’habitude de l’activer sur mes autres smartphones. Toutefois, j’imagine qu’il faudra un certain temps d’adaptation pour quelques personnes… ou modifier ce paramètre.

Le Google Pixel 5 pourrait aussi passer pour un téléphone « à l’ancienne » avec son lecteur d’empreintes au dos. Il arrive que celui-ci me pose des soucis. En effet, le capteur fonctionne toujours parfaitement pour déverrouiller le téléphone, mais n’est parfois plus capable de reconnaître mon doigt une petite poignée de secondes plus tard lorsque je souhaite consulter mes applications de banque ou de gestionnaire de mots de passe dont les accès sont évidemment protégés.

La capteur d'empreintes au dos du Pixel 5

La capteur d’empreintes au dos du Pixel 5 // Source : Arnaud Gelineau pour Frandroid

Autre bug étrange : ouvrir une application en double cliquant sur une notification depuis l’écran verrouillé peut provoquer des lenteurs. Je l’ai surtout ressenti avec Twitter. Au lieu d’afficher l’interface de l’app en question, le téléphone reste bloqué assez longtemps sur le fond d’écran avec une sorte de voile sombre transparent par-dessus. Parfois, les six points pour tracer mon schéma de déverrouillage reste aussi à l’écran et je peux continuer d’interagir, mais en vain. Au bout d’un moment, l’app finit généralement par s’afficher.

Les vidéos YouTube en picture in picture peuvent aussi planter ou faire planter le clavier Gboard, mais c’est bien plus rare.

Au-delà de ça, les patchs hebdomadaires de sécurité sont fort appréciables et appréciés, tout comme la promesse d’un suivi logiciel d’au moins trois ans. Si je le souhaite, je peux même déjà installer la bêta d’Android 12, mais je préfère utiliser la nouvelle mouture sur le Pixel 4 utilisé par toute la rédaction de Frandroid et rester sur une version stable sur mon smartphone personnel.

Un délice de mode portrait

Bien que sorti en 2020, le Google Pixel 5 se contente de deux capteurs photo de 12,2 et 16 mégapixels respectivement pour des prises de vue en grand-angle classiques et en ultra grand-angle (107 degrés).

Contrairement aux années précédentes où les algorithmes de Google permettaient aux Pixel de surnager par rapport à d’autres modèles sur le marché malgré un hardware plus limité, le Pixel 5 ne se montre pas aussi dominateur tant le segment premium livre aujourd’hui des appareils tout bonnement excellents dans l’exercice, notamment chez Samsung, Apple ou Huawei.

N’allez pas me faire dire ce que je n’ai pas dit toutefois. Les photos prises avec le capteur principal sont réussies avec une bonne dynamique et globalement des détails assez bien gérés. Simplement, il est aujourd’hui beaucoup plus concurrencé par d’autres appareils pour le titre du roi de la photo.

« Tu n’oublierais pas quelque chose, Omar ? » Que mes interlocuteurs imaginaires se calment, je vais évidemment mentionner le mode portrait. Le fabuleux mode portrait. Le Pixel 5 ne cherche pas forcément à être le plus précis avec cette fonction : la délimitation entre le visage immortalisé et l’arrière-plan flou n’est pas à la pointe de la justesse.

Mais qu’importe, le Google Pixel 5 est un artiste dans ce domaine. Il réussit à sublimer la personne que vous photographiez en la faisant ressortir admirablement bien grâce à un traitement vraiment extra du bokeh. En résulte alors des photos qu’on prend plaisir à passer en revue pour se souvenir d’un moment de vie fort appréciable passé avec une personne à qui l’on tient… ou pour s’admirer vaniteusement.

Au passage, le mode portrait fonctionne aussi très bien avec de la nourriture. Du moins avec des burgers, car oui je n’ai que ces deux photos de burgers végétariens faits maison (et dont je suis très fier) en guise d’exemple.

Mode portrait qui se montre aussi bien efficace avec le capteur frontal des selfies.

L’autre mode photo important du Pixel 5 et le bien nommé « Vision de nuit ». Avec cette option, les scènes les plus obscures se retrouvent vraiment très bien éclairées. Hélas, avec toutes ces histoires de couvre-feu, je n’ai pas vraiment pu en profiter à fond. Je vous offre toutefois la comparaison ci-dessous pour vous donner un petit aperçu du potentiel de ce mode nuit.

5 mois avec le Google Pixel 5 : un océan de satisfaction aux gouttes de frustration
5 mois avec le Google Pixel 5 : un océan de satisfaction aux gouttes de frustration

Finalement, le petit bémol du Pixel 5 en photo réside dans son ultra grand-angle qui, bien que chouette pour immortaliser certains paysages, manque de piqué pour vraiment flatter la rétine. Si on s’attarde sur les détails, le rendu n’est pas au summum de la finesse.

Tranquille sur les performances et la batterie

Je ne cherche pas la puissance extrême avec ce smartphone et, entre nous, je suis vraiment un joueur du dimanche beaucoup plus attiré par quelques titres très simples que par les jeux 3D gourmands. Je n’ai donc pas vraiment eu l’impression d’être limité par le Snapdragon 765G qui, d’ailleurs, s’avère être un très bon compagnon pour les tâches du quotidien.

Tranche inférieure du Pixel 5

Deux grilles, mais un seul haut-parleur // Source : Arnaud Gelineau pour Frandroid

En ce qui concerne l’autonomie, le Pixel 5 souffle le chaud et le froid. Dans l’ensemble, je suis plutôt satisfait, car je sais que même en utilisation très active, je pourrais tenir jusqu’à la fin de la journée. Dès que je n’ai pas trop le nez dans mes applications, je peux carrément viser la journée et demie. Tenter les 48 heures m’a paru parfois jouable, mais j’ai préféré me rassurer à chaque fois et recharger l’appareil plutôt que de tenter le diable.

J’ai cependant remarqué qu’à partir de 35-30 % de batterie, la baisse du niveau d’énergie avait tendance à s’accélérer. Alors que de 100 à 80 %, cette chute est bien plus lente — et donc rassurante. Morale de l’histoire : n’attendez pas les 15 derniers pour cent avant de vous activer pour chercher une prise.

Conclusion : un Pixel 5 à la hauteur des promesses

L’impression générale qui se dégage du Pixel 5 et celle d’un smartphone qui tient ses promesses. Certes, il ne se prend pas pour Amel Bent et ne vise donc pas la Lune, mais il veut vous proposer une expérience sobre, simple et efficace en photo. En cela, c’est un franc succès, je ne peux que mettre en avant la satisfaction que j’éprouve.

De petites frustrations çà et là peuvent ternir un peu l’expérience, mais entre nous : c’est un smartphone parfait à recommander à une personne qui ne veut pas se prendre la tête et faire de belles photos. Or, on n’en demande pas plus au Pixel 5 vendu au prix conseillé de 629 euros.

Notez aussi que les Google Pixel 6 et Pixel 6 Pro se préparent et ils ne prennent pas du tout la même direction esthétique a priori. Restez aussi à l’affut du Pixel 5a dont l’annonce pourrait intervenir prochainement.

Marchant dans les traces des Nexus, le Pixel 5 de Google a pour ambition de proposer l’essentiel du haut de gamme en se concentrant sur ce qui fait la différence au quotidien, sans accumuler les…
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