Depuis le début de l’affaire Huawei, le groupe chinois affirme que Google travaille d’arrache-pied à un retour à la normale auprès du gouvernement américain. Selon le Financial Times, la firme de Mountain View serait en effet inquiète de la situation et arguerait qu’un retour d’Android sur les smartphones chinois serait bénéfique pour la sécurité nationale américaine.

Fin mai, on apprenait que le gouvernement de Washington interdisait désormais aux entreprises américaines de faire affaire avec Huawei. Un coup dur pour Google qui perd ainsi la possibilité d’intégrer ses services sur les appareils du deuxième plus gros constructeur mondial de smartphones. Alors que ce dernier travaille sur un système basé sur Android AOSP, de manière à créer un fork (comme Amazon Fire OS).

Rapidement après les débuts de l’affaire, Huawei a commencé à communiquer en indiquant que Google travaillait désormais à un lobbying auprès de l’administration Trump pour lui faire changer d’avis. « Nous travaillons étroitement avec Google afin de trouver comment Huawei peut gérer cette situation et l’impact de la décision du Département du Commerce américain », avait ainsi indiqué un représentant européen de Huawei. Néanmoins, on ignorait jusqu’à présent les arguments utilisés par Google pour influer sur la décision américaine.

Un plus grand danger encore sans les services Google

Selon le Financial Times, Google chercherait en fait à jouer la carte de la sécurité. Un choix ironique, puisque c’est justement sur cet argument que Washington a banni Huawei des accords commerciaux américains. Pour ce faire, « Google affirme qu’une version d’Android modifiée par Huawei plus susceptible d’être piraté », indique le journal économique américain. « Google soutient qu’en arrêtant de commercer avec Huawei, les États-Unis risquent de créer deux Android différents : une version authentique, et une version hybride. La version hybride sera davantage sujette aux bugs que celle de Google, et elle pourrait mettre davantage les smartphones Huawei en danger de piratage, notamment par la Chine », a indiqué une source au Financial Times. Le fondateur d’ARM va plus loin en indiquant que la décision du gouvernement Trump affectera surtout les industries américaines.

Pour l’heure, on ignore encore quels seront les prochains développements de l’affaire entre Huawei et les États-Unis. Le président Trump a ouvert une piste il y a deux semaines en se déclarant prêt à intégrer Huawei dans le cadre d’un nouvel accord commercial entre la Chine et les États-Unis.

Huawei, Android, Google et les États-Unis : toutes les réponses à vos questions