HarmonyOS 2.0 officialisé : Huawei sera prêt à divorcer d’Android dès 2021

« Peut-être », dit Huawei

 

Le système d'exploitation maison développé par Huawei prend forme. HarmonyOS 2.0 aura le droit à une bêta sur smartphone dès décembre prochain, avant une mise à disposition de l'OS pour tous les appareils connectés dès octobre 2021. Huawei prépare son futur.

Huawei P40 Pro

Le Huawei P40 Pro, dernier fleuron de la marque // Source : Frandroid

La Huawei Developer Conference (HDC) se tenait ce jeudi. Comme son nom l’indique, l’événement s’adresse avant tout aux développeurs afin de leur présenter les nouveautés de l’écosystème du géant chinois. Comme prévu, l’entreprise a dévoilé HarmonyOS 2.0, la nouvelle mouture de son système d’exploitation maison, et se prépare à faire potentiellement ses adieux à Android sur ses smartphones.

Richard Yu, le patron de la division grand public de Huawei en a profité pour partager la feuille de route de HarmonyOS 2.0. Le code open source du système d’exploitation sera ainsi fonctionnel sur tous les appareils, même ceux dotés de 4 Go de RAM ou plus, d’ici le mois d’octobre 2021.

Feuille de route de Huawei HarmonyOS 2.0

Tous les appareils (même avec plus de 4 Go de RAM) seront éligibles à HarmonyOS en octobre 2020. Huawei veut être indépendant d’Android // Source : Huawei

Pour les smartphones, une bêta sera mise à disposition des développeurs dès décembre 2020 pour préparer ce changement de cap.

HarmonyOS 2.0 bêta sur smartphone

Une bêta d’HarmonyOS 2.0 arrive sur smartphone dès fin 2020

Attention, cela ne signifie pas forcément que tous les smartphones Huawei en 2021 fonctionneront sur HarmonyOS 2.0 au lieu d’Android. Il faut plutôt comprendre que si Huawei décide de quitter Android en 2021, il en aura les moyens, car HarmonyOS sera prêt. La nuance est importante et elle se ressent d’ailleurs dans le discours de Richard Yu.

Peut-être qu’à partir de l’année prochaine, nous verrons des smartphones avec HarmonyOS.

Pour rappel, HarmonyOS est un système d’exploitation multi-plateformes développé par Huawei officiellement lancé l’année dernière, peu après la mise en place de l’embargo américain contre la firme chinoise, interdite alors d’exploiter les services Google sur ses appareils. Depuis, la marque a lancé des smartphones tournant sous Android, mais dépourvus du Play Store et de plusieurs applications (YouTube, Gmail et d’autres) auxquelles le public occidental est pourtant très habitué.

HarmonyOS, le Fuchsia de Huawei

En théorie, si Huawei lance des smartphones sous HarmonyOS au lieu d’Android, le constructeur aura un bien meilleur contrôle de son écosystème et des fonctionnalités qu’il met à disposition des développeurs. L’idée aujourd’hui est donc de convaincre ces derniers à embrasser cet écosystème dès maintenant pour créer une alternative à Android et — dans une moindre mesure — à iOS.

Huawei met surtout en avant une grande force de HarmonyOS : sa capacité à fonctionner sur tous types d’appareils. Le géant chinois explique ainsi qu’il suffit de développer une application qu’une seule fois pour qu’elle soit disponible sur smartphones, écrans de voiture, tablettes ou montres connectées.

HarmonyOS 2.0 multi-appareils

La force mise en avant par HarmonyOS est sa capacité à s’adapter à tous les appareils connectés // Source : Huawei

En un sens, la philosophie de HarmonyOS ressemble beaucoup à celle que veut insuffler Google dans Fuchsia. Plus globalement, Huawei mène une stratégie baptisée 1+8+N depuis quelque temps et dont le but est d’investir tous les appareils connectés des utilisateurs avec le smartphone au centre de cet environnement.

À terme, HarmonyOS devrait permettre d’atteindre cet objectif. Reste à savoir si la situation entre l’entreprise et les États-Unis s’améliorera dans les mois ou année à venir, car cela pourrait empêcher le divorce Huawei-Android d’être pleinement entériné. Dans le même temps, les nouveautés de l’interface EMUI 11 ont aussi été dévoilées.

Huawei a présenté ce jeudi sa nouvelle interface EMUI 11. Cette nouvelle interface va mettre l’accent sur les animations de transition, mais également sur le partage d’écran ou la traduction par sous-titres.
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