Après des mois de rumeurs, Huawei a enfin officialisé son propre système d’exploitation : HarmonyOS. Mais qu’est-ce que ce dernier, et à quoi servira-t-il ? Nous allons vous aider à tout comprendre dans ce dossier explicatif.

Il y a quelques années, nous entendions déjà parler des intentions de Huawei de créer son propre écosystème. Et puis, la rumeur s’est tue, et est revenue de plein fouet alors que l’entreprise affronte l’ire du gouvernement américain.

Ark OS, HongMeng OS, ce nouveau système est apparu plus d’une fois en ligne… avant que le constructeur chinois ne se décide à l’officialiser sous le nom de HarmonyOS. Ce dernier est cependant bien plus qu’une alternative à Android, et est plutôt à mettre du côté des futurs concurrents de Google Fuchsia. Nous allons vous expliquer comment.

Sur quels principes se base HarmonyOS ?

Avant toute chose, notez que les parallèles avec Google Fuchsia sont très nombreux. Aussi, si vous avez déjà compris comment Fuchsia allait fonctionner, vous avez déjà une bonne idée de ce qu’est HarmonyOS.

HarmonyOS n’est pas un système basé sur un noyau Linux, comme l’est Android. Il s’agit ici d’un système basé sur un « micro kernel », un noyau de système d’exploitation qui n’a gardé que les fonctionnalités les plus basiques en son sein. Huawei n’a pas précisé s’il avait repris les travaux d’un micro kernel déjà existant, ou s’il l’avait créé lui-même.

Comme Fuchsia, il sépare ensuite toutes les fonctions du système dans des couches supérieures (comme Map Kit présenté en parallèle). Ainsi, celles-ci seront plus protégées et inaccessibles, tandis que les fonctions gérant le design, la consommation énergétique, le système de fichiers etc. seront séparés en plusieurs blocs afin d’être accessibles facilement sans causer de risque système trop importants. Cela permet également une mise à jour simplifiée du système.

Enfin, ces multiples couches assurent une cohérence accrue entre les divers appareils sur lesquels le système peut être installé par le biais de nombreuses ressources partagées. Et celles-ci peuvent aussi bien être locales que sur le net, via le cloud notamment, pour toujours retrouver ses données qu’importe l’appareil ou encore exécuter du code à distance et fournir les résultats à l’appareil cible.

Notez que HarmonyOS est un système d’exploitation open source. Aussi, de nombreux développeurs à travers le monde pourront participer à sa création et à son amélioration.

Comment fonctionne HarmonyOS ?

Contrairement à Fuchsia OS, nous n’avons pas encore pu voir le système en fonctionnement même dans une préversion loin d’être terminée. Nous n’avons donc que des exemples de Huawei sur lesquels nous baser.

Selon le constructeur chinois, qu’importe l’appareil cible qu’il s’agisse d’une montre, d’un téléviseur ou même d’un smartphone, une application donnée sera capable de s’afficher et s’adapter à l’appareil.

Pour pouvoir faire avec les ressources limitées de certains types de produit, Huawei mise avant tout sur son micro kernel personnalisé. Celui-ci se veut être capable d’identifier efficacement la priorité des tâches, afin d’offrir la meilleure fluidité possible.

Il existe également un aspect « collaboratif » aux divers appareils équipés de HarmonyOS, qui pourront s’entraider sur des tâches complexes afin de fournir l’expérience la plus fluide possible. L’idée est vraiment d’interconnecter facilement de nombreux appareils pour faciliter leur communication et créer un écosystème de multiples appareils pouvant travailler sur la même tâche.

Créer des applications sur HarmonyOS

Qu’en est-il de l’univers applicatif du futur HarmonyOS ? Huawei a déjà annoncé une capacité importante : ce nouveau système d’exploitation sera théoriquement compatible avec les applications développées pour Android. Nous disons bien théoriquement, puisque le nouvel OS est « simplement » compatible avec les applications développées sur un usage AOSP, n’intégrant pas les services et API Google sur lesquels un grand nombre d’applications populaires se basent.

Qui plus est, il faudra tout de même les réadapter un minimum. En termes de développement, Huawei se veut tout de même rassurant : il fournira un environnement de développement (IDE) permettant de créer facilement une application compatible avec de multiples appareils. Ce dernier sera compatible avec de nombreux langages de programmation : Java, C/C++, JavaScript/HTML5 et Kotlin sont déjà annoncés.

Par la suite, un nouveau compiler se chargera de transformer ce code en langage machine. Appelé Huawei Ark, il est déclaré comme tout aussi performant que celui d’Android (nommé Ark lui aussi) et compilera de manière unifiée plusieurs langages à la fois.

Plan de déploiement de HarmonyOS

Contrairement à Fuchsia cependant, Huawei est très clair dans ce qu’il compte faire de son système. Pour preuve : il a déjà un plan pour son déploiement.

En 2019, seul un produit tournera vraiment sous HarmonyOS dans sa version 1.0 ; il s’agira du téléviseur Honor Vision. En 2020, grâce à la version 2.0, de nouveaux produits en profiteront dont certains PC (qu’on imagine ultraportables et minimalistes) et montres connectées. Puis en 2021, des enceintes et casques audio sont prévus avant qu’en 2022 ne débarquent des lunettes et casques de réalités virtuelles.

Si Huawei a bien prévu de garder Android et EMUI 10 pour ses smartphones et tablettes, il ne s’interdit pas de déployer HarmonyOS sur ces appareils… en cas de coup dur. On comprend bien dans le contexte que si un jour Huawei devait se séparer d’Android, ce qui n’est pas dans ses plans, il passera à HarmonyOS. Mais en l’état, ce n’est pas l’ambition première de HarmonyOS, qui veut avant toute chose interconnecter nos appareils numériques.

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