La Nissan Leaf permet de revendre l’énergie de sa batterie à EDF pour gagner de l’argent

 

La Nissan Leaf est une voiture électrique assez répandue en Europe. Aux États-Unis également, et c'est l'une des rares voitures à disposer de la charge bidirectionnelle. Nissan annonce la possibilité de relier la voiture au réseau électrique pour vendre à prix fort l'électricité de sa batterie.

Nissan Leaf V2G
Nissan Leaf V2G

Article mis à jour le 12 septembre 2022 : Comme indiqué par un de nos lecteurs, le village de Le Caillar, en partenariat avec Enedis, Beoga et le Planet Oui, a mis au point une communauté énergétique partagée entre six voisins et une installation sportive. Pour cela, on trouve des panneaux photovoltaïques, des batteries stationnaires et deux voitures électriques V2G (a priori des Nissan Leaf) qui alimentent ce miniquartier. Si trop d’énergie est disponible, alors elle peut être réinjectée sur le réseau électrique national.


Article original du 9 septembre 2022 :

La charge bidirectionnelle est de plus en plus présente au sein des voitures électriques, avec notamment la Kia EV6, la MG5 ou encore le pickup Ford F-150 Lightning. Cette technologie permet d’utiliser la batterie de traction (au lithium) de la voiture électrique pour alimenter un appareil, comme un ordinateur, un grille-pain ou un outil de chantier. Mais la technologie V2G (vehicule-to-grid) va encore plus loin, puisqu’elle renvoie l’électricité directement dans le réseau électrique.

Une borne de recharge bidirectionnelle

En France, la Nissan Leaf est la seule voiture électrique encore en vente compatible avec cette technologie, comme on peut le voir sur le site d’Izivia, la filiale d’EDF. Dans la pratique, il suffit d’installer une borne de recharge spéciale, dotée de la compatibilité V2G. Ainsi, celle proposée par Izivia dispose d’une puissance de 11 kW. Ce qui signifie que la batterie pourra être chargée et déchargée à cette puissance. De quoi alimenter une maison fonctionnant exclusivement avec l’énergie électrique.

Nissan Leaf

Toutefois, cette fonctionnalité est a priori réservée aux professionnels, du moins en Europe. En effet, aux États-Unis, le V2G vient tout juste d’arriver, encore une fois par l’intermédiaire de la Nissan Leaf. Comme nous l’apprend le communiqué du constructeur japonais, la Nissan Leaf va permettre de renvoyer de l’énergie dans le réseau électrique outre-Atlantique grâce à un partenaire local qui a développé une borne de charge bidirectionnelle d’une puissance de 14 kW.

Se faire de l’argent avec sa voiture électrique ? C’est possible !

Aux États-Unis, les gestionnaires des réseaux électriques (l’équivalent de RTE en France) peuvent envoyer des demandes d’énergie auprès des particuliers et professionnels en cas de consommation importante, comme lors des canicules ou des épisodes hivernaux. L’objectif est d’inciter à envoyer l’énergie des batteries et des panneaux photovoltaïques dans le réseau, en échange d’une rémunération intéressante.

Le média américain Electrek prend ainsi l’exemple de la canicule de cet été, où 1 kWh d’énergie était achetée 3 dollars sur le marché du gros en temps réel. Contre moins de 20 centimes en temps normal. De quoi envoyer l’équivalent de 186 dollars en vidant la batterie de 63 kWh alors qu’il faut à peine 13 dollars pour la recharger en temps normal.

Ce qui signifie qu’il était possible de charger la batterie d’une Nissan Leaf avant l’évènement, puis de revendre cette énergie lors du pic de consommation pour plus de 10 fois plus cher. En France, EDF ne rachète pas l’énergie aussi cher. Mais si vous rechargez sur une borne gratuite pour ensuite revendre l’énergie à EDF, alors ça peut fonctionner.

Soutenir et piloter le réseau électrique

Mais en réalité, l’objectif du V2G n’est pas de se faire de l’argent, mais plutôt d’aider le réseau électrique à passer les périodes de pics. D’ailleurs, dans ses différents scénarios énergétiques, RTE mise beaucoup sur le V2G pour soulager le réseau et ainsi stocker l’énergie produite par les panneaux solaires et les éoliennes. On appelle cela piloter la production électrique.

Et c’est exactement ce que font Tesla et Nio avec leurs centrales électriques virtuelles. L’idée est d’utiliser les batteries des panneaux photovoltaïques et des voitures électriques pour alimenter le réseau électrique.

À part les voitures électriques, quel est le point commun entre l’Américain Tesla et le Chinois Nio ? Leur capacité à bâtir des centrales électriques virtuelles, afin de devenir des fournisseurs d’énergie. On vous explique comment.
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