
Depuis quelques années, Renault est sur une très bonne lancée et cartonne avec ses voitures électriques. On pense tout particulièrement à la R5 E-Tech, qui avait été la plus vendue en France en 2025. Mais ce n’est pas tout, car une autre auto rencontre aussi un franc succès : la Mégane E-Tech. Lancée en 2022, la compacte a été écoulée à plus de 8 700 exemplaires l’an dernier en France. Cependant, le constructeur au losange est tout de même déçu, et il admet sans détour avoir commis quelques erreurs sur un point particulièrement stratégique.
C’est en effet ce qu’indique Philippe Brunet, directeur technique du groupe Renault, interrogé par les journalistes de Numerama. Et ce dernier n’y va pas par quatre chemins, bien au contraire. Il explique que l’on « a commis une erreur sur Mégane. On a figé la chimie de la batterie quatre ans avant la sortie de la voiture. ». Pour mémoire, la compacte électrique embarque un pack NMC (nickel – manganèse – cobalt), une technologie particulièrement plébiscitée à l’époque. Et pour cause, elle offre notamment une plus grande densité énergétique que le LFP (lithium – fer – phosphate).

Or, le développement des accumulateurs a rapidement évolué par la suite, et le constructeur tricolore s’est rapidement retrouvé en retard. C’est notamment le cas en ce qui concerne le temps de recharge, puisqu’il faut environ 32 minutes pour passer de 10 à 80 % à 130 kW. Ce qui est correct, sans être révolutionnaire non plus. Surtout par rapport à la concurrence plus récente. Mais Philippe Brunet admet ses erreurs, affirmant que l’on « s’est donné comme règle de figer la chimie de la batterie au plus tôt deux ans avant la sortie de la voiture. ».
Une nouvelle stratégie
Mais désormais, la firme au losange a donc décidé de revoir sa stratégie et sa manière de concevoir des autos, afin de ne plus faire la même erreur. Et surtout, de ne plus lancer de voitures déjà dépassées sur le plan technologique. Car on le sait, la batterie revêt une importance capitale, puisqu’elle conditionne le prix, l’autonomie et les performances globales. À présent, Renault se laisse deux ans pour développer ses autos, grâce notamment à son centre de R&D installé en Chine. Un délai plus court, dans lequel le choix de la batterie est fait le plus tard possible.
Et ce afin d’être sûr de lancer une voiture cohérente avec les avancées du moment. Ce qui est crucial, à l’heure où la concurrence chinoise est de plus en plus forte. Mais ce n’est pas tout, car le constructeur tricolore a également donné quelques informations sur la batterie de la future plateforme RGEV Medium 2.0. Et cette fois-ci, il semble avoir tiré les leçons de ses erreurs. Philippe Brunet explique en effet qu’ « on va offrir 750 kilomètres d’autonomie mais avec des chimies de type LFP, et il n’y a pas d’équivalent aujourd’hui sur le marché. ».

Cependant, il n’en dit pas plus sur cette fameuse chimie LFP. Pour mémoire, la nouvelle Renault Twingo E-Tech a déjà droit à cette technologie, moins chère à produire et qui offre une densité de plus en plus grande au fil des innovations. Celle de la citadine électrique est affichée à 176 Wh/kg, mais la future batterie atteindrait les 220 Wh/kg. Elle devrait sans doute équiper des véhicules qui verront le jour à partir de 2028.
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