
Avec plus de 16 400 exemplaires vendus rien qu’en France depuis le début de l’année 2026, on peut dire que le succès est au rendez-vous pour laRenault 5 E-Tech. Pour mémoire, la barre des 100 000 unités produites avait été dépassée en seulement 15 mois. Et ce alors que la citadine électrique est commercialisée depuis 2024 seulement.
L’usine de Douai, dans le nord de la France, où elle est produite tourne à plein régime. Surtout qu’elle assemble aussi la nouvelle R4 ou encore la Mégane E-Tech, sans oublier l’Alpine A290 et la Nissan Micra.
Autant dire que les salariés ne chôment pas. A tel point que le constructeur tricolore a eu besoin de renfort. C’est dans ce contexte qu’il a présenté, le 8 juin 2026, un nouvel employé à ses effectifs. Il s’agit de Calvin, et il n’est pas tout à fait comme les autres. Car il s’agit d’un robot, développé par la firme française Wandercraft.
Sa mission ? Effectuer les tâches physiques et exigeantes au sein de l’usine de Douai. Pour mémoire, c’est en juin 2025 que Renault avait annoncé la mise en place d’un partenariat avec la société spécialisée dans la robotique.

La marque au losange possède une participation minoritaire dans cette dernière. Mais concrètement, à quoi sert Calvin ? Son travail consiste en fait à décharger les chariots de pneus, afin de les mettre sur la ligne de production. Une activité rébarbative et fatigante pour un opérateur humain. Et surtout, ce nouvel employé est nettement plus efficace. Car là où un salarié classique déplacerait les pneus un par un, Calvin peut en prendre deux à la fois. Sur le papier, le calcul est simple : deux fois moins d’allers-retours pour un poste reconnu comme l’un des plus pénibles de la ligne.
Pour situer l’ordre de grandeur : Renault n’invente pas le robot d’usine. Le site de Douai aligne déjà plus de 1 200 bras robotiques rien qu’en tôlerie. La différence de Calvin, c’est sa capacité à se déplacer seul et à s’adapter à son environnement en temps réel, là où les bras classiques répètent une trajectoire programmée au dixième de millimètre.
Un déploiement progressif
Mais dans les faits, ce n’est en fait pas encore tout à fait le cas, comme le relate Numerama. Car pour le moment, le robot n’est pas encore parfaitement opérationnel. Ainsi, ses gestes restent très lents, notamment en comparaison avec les employés expérimentés. Mais c’est tout à fait normal, car Calvin est encore en phase d’apprentissage, comme tout nouvel arrivant.
Et pour le moment, il doit encore progresser avant de réellement pouvoir assister les salariés de l’usine. D’autant plus que Renault ne veut pas faire les choses à moitié.
Il prévoit de déployer une dizaine de ces robots dans ses usines d’ici à la fin de l’année 2026. Ils devraient ensuite être pas moins de 350 fin 2027. De grandes ambitions donc pour la firme au losange, qui affectera ces nouveaux venus à toutes sortes de tâches différentes. Ils pourront notamment porter des pièces volumineuses jusqu’à 40 kilos, mais aussi s’occuper d’éléments souples. Développé en seulement 40 jours, il mesure 1,70 mètre de haut et peut transporter le contenu de 7 à 8 chariots de 24 pneus chacun en 1 h 30.

Comme le rapporte l’Usine Nouvelle, l’objectif est désormais que Calvin soit en mesure de travailler seul, sans la supervision d’un humain. Cela devrait se faire au cours de prochaines semaines. Le tout alors qu’un taux d’erreur de seulement 1 à 2 pour 1 000 est visé par Renault. Cependant, ce futur employé modèle ne sera pas capable d’assembler à lui seul une voiture, car il n’est tout simplement pas conçu pour cela. Et pour finir, il faut savoir que ce robot est lui aussi made in France !
Reste un point sensible : l’emploi. La direction de l’usine assure que Calvin viendra en complément des équipes, pas à leur place, et cible uniquement les postes les plus pénibles. Du côté syndical, le son de cloche est plus prudent : si certains reconnaissent le gain ergonomique, d’autres redoutent que les nouveaux métiers créés ne compensent pas les emplois supprimés à terme.


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