Des drones pour sauver les usines : le virage inattendu de Renault, Mercedes et Volkswagen vers l’armement

 
En pleine crise, de nombreux constructeurs automobiles se tournent désormais vers la défense, un domaine aux budgets colossaux. Mais c’est tout de même loin d’être une stratégie miraculeuse, au contraire.

L’industrie automobile traverse une période très compliquée, qui commence à durer un peu trop longtemps. Une crise qui avait démarré avec l’épidémie de Covid-19, et qui se poursuit avec la guerre des prix et la concurrence chinoise. Et si les ventes de voitures électriques progressent en Europe, la hausse reste encore trop contenue.

De nombreux constructeurs se retrouvent dans une situation très difficile. Mais certains semblent avoir trouvé une parade, en changeant tout simplement de domaine, comme l’explique le site Automotive News.

De plus en plus de marques se tournent désormais vers la défense. Il s’agit d’un secteur en pleine expansion en raison des nombreux conflits qui ont lieu actuellement dans le monde. Or, les budgets explosent, et la demande aussi. Une aubaine pour les constructeurs, alors que l’industrie militaire manque quant à elle de stock.

C’est dans ce contexte que Renault a annoncé produire des drones dans ses usines, en partenariat avec Thales. Le constructeur vise 1 000 munitions téléopérées Toutatis par mois dès 2027. Mais il n’est pas le seul, bien au contraire.

Une Volkswagen ID.5 dans l’usine de Zwickau // Source : Volkswagen

Ainsi, General Motors travaille avec Lockheed Martin tandis que Mercedes s’associe à la start-up Tytan Technologies pour transformer ses Classe G et ses Sprinter en véhicules anti-drones. D’autres marques ont également des projets de ce type, tels que Volkswagen ou encore Ford. Il faut dire que l’idée n’a rien de fantaisiste, bien au contraire.

Car les constructeurs automobiles possèdent déjà les infrastructures et le savoir-faire pour produire en grande quantité, et avec un haut niveau de qualité. D’ailleurs, les exemples tout au long de l’histoire sont très nombreux.

Quelques obstacles subsistent

Ainsi, pour plusieurs analystes cités par Automotive News, le passage des constructeurs de la voiture à la défense est logique. « Dans le secteur automobile, il existe des normes et des inspecteurs qui vérifient la conformité des pièces et des systèmes. Si l’on pousse ce système à l’extrême, on obtient le secteur de la défense », explique l’un d’eux. Et pour les marques, c’est surtout une aubaine. Car cette transition peut leur permettre de faire tourner des usines sous-utilisées, tout en augmentant leur chiffre d’affaires. Ce qui n’est pas négligeable en cette période.

Cependant, tout n’est pas totalement rose non plus, bien au contraire. En effet, il n’est pas simple de passer de la production d’autos à celle d’armes. Surtout que, rappelle l’un des analystes cités par Automotive News, « on parle alors d’équipements létaux ; on parle de vies humaines ».

Et l’un des points qui pose encore problème concerne les certifications, bien plus exigeantes que pour la fabrication de véhicules pour les particuliers. Or, il faut parfois jusqu’à deux ans pour en obtenir certaines dans le domaine de la défense, ce qui ralentit fortement le processus.

Usine de batterie Volkswagen // Source : Volkswagen

De plus, les marques doivent aussi apprendre la gestion des marchés publics, ce à quoi elles ne sont généralement pas habituées. Elles doivent également accepter que les commandes ne soient pas stables et puissent varier selon l’évolution des besoins militaires. Mais pour ces mêmes analystes, la meilleure stratégie serait de privilégier ce que les constructeurs maîtrisent déjà, comme les batteries ou les pièces mécaniques.

L’un d’eux résume : « si l’on choisit les technologies appropriées pour les usines adéquates, on s’attend à ce que cela n’entraîne pas de changement majeur d’outillage ».


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