Dépassés par la Chine, Volkswagen et Peugeot transforment leurs usines chinoises pour l’exportation mondiale

 
Volkswagen, Peugeot, Kia, Nissan : les ventes des constructeurs occidentaux et japonais s’effondrent en Chine. Une idée germe alors pour rentabiliser leurs usines locales : y produire des voitures pour le reste du monde.
Volkswagen ID. Unyx 07 // Source : Volkswagen

Pendant vingt ans, les constructeurs étrangers ont bâti des usines en Chine dans un seul but : vendre aux Chinois, nourri par les chiffres de croissance exponentiels.

Aujourd’hui, devant l’effondrement de leurs ventes et dans un contexte de marché intérieur moribond, ces mêmes usines tournent à moitié vides. Les marques doivent donc trouver comment écouler les voitures qui en sortent, et ont trouvé une issue de secours : l’export.

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Le média Automotive News résume bien la bascule : en Chine, produire pour vendre localement ne suffit plus, il faut exporter ou souffrir. Volkswagen, Peugeot, Kia, Nissan : tout le monde s’y met plus ou moins en même temps.

Un marché chinois qui leur échappe

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en cinq ans, les marques étrangères ont perdu environ un tiers du marché chinois, passant de 62 % à 30 % de parts de marché. Les constructeurs locaux, eux, contrôlent désormais près de 70 % des ventes de voitures particulières, contre moins de 40 % en 2020.

Toyota bZ5 // Crédit : Toyota

Sur le seul créneau des véhicules « à énergie nouvelle » (électriques, hybrides rechargeables, hybrides à prolongateur d’autonomie), les marques chinoises trustent plus de 85 % du gâteau : BYD, Geely et Xiaomi ont mangé la place que Volkswagen ou Toyota occupaient précédemment.

Volkswagen incarne le mieux cette chute. Le groupe livrait plus de 4 millions de voitures en Chine avant la pandémie ; en 2025, il en a écoulé environ 2,7 millions. Sa gamme électrique, développée à Wolfsburg, a été jugée trop chère et desservie par un logiciel bancal face à la concurrence locale.

Le Volkswagen ID.6 Crozz, un ID.4 recarrossé pour la Chine, n’a pas trouvé preneur // Source : Volkswagen

Certains souffrent encore plus. Nissan affichait en mars des ventes en recul de 47 % par rapport à mars 2019, d’après des chiffres compilés par CNBC. Skoda, filiale du groupe Volkswagen, a carrément décidé de quitter le pays d’ici à la mi-2026 après un effondrement des ventes de 95 % par rapport à son pic de 2018.

Chacun sa recette pour exporter

Le problème, c’est que ces usines existent, coûtent cher et doivent tourner. L’idée d’absorber cette surcapacité en produisant pour l’étranger devient donc séduisante, couplée à un bonus non négligeable : coincés dans une guerre des prix féroce en Chine, les constructeurs vont chercher ailleurs des marges plus confortables. L’export devient alors une bouée de sauvetage pour la rentabilité.

Volkswagen ID. Unyx

Volkswagen, par exemple, a annoncé mi-juin la création d’une coentreprise en Ouzbékistan pour y vendre des voitures produites en Chine et en assembler dans une usine qui sera en service avant la fin de l’année selon le principe du SKD (la voiture arrive en kit). Ce marché est directement géré par Volkswagen Chine, une première.

En parallèle, le groupe a confirmé avoir entamé l’export de voitures complètes vers le Moyen-Orient et l’Asie du Sud-Est. Quid de l’Europe ? Des rumeurs laissent croire que le projet d’y vendre des Volkswagen chinoises est en cours de discussion, mais il reste à savoir si elles seraient importées ou produites dans les usines européennes.

La Nissan Primera EV, une N7 renommée pour l’export // Source : Nissan

Les autres suivent, chacun à sa manière. Kia, par exemple, a ouvert le bal dès 2018, et a indiqué avoir exporté ses voitures (principalement essence) dans 89 pays en 2025 – l’équivalent de 68 % de sa production en Chine est parti ailleurs.

Nissan, de son côté, veut faire de la Chine une base mondiale d’innovation et d’export. Le Philippine International Motor Show de juin 2026 a marqué le point de départ avec la présentation de deux voitures chinoises : un pick-up hybride et une voiture électrique, la N6 rebaptisée Primera.

Toyota bZ7 // Source : Toyota

Seul Toyota semble faire de la résistance et maintenir sa production chinoise pour le marché local. Ses chiffres de vente semblaient lui donner raison, avec 1,8 million d’immatriculations (+0,2 %) en 2025 suite à un bon démarrage de sa gamme électrique bZ, conçue par et pour la Chine, mais 2026 n’est pas aussi clément avec des ventes en baisse de 15 % depuis le début de l’année.

Enfin, Peugeot a d’ores et déjà annoncé que son retour en Chine via sa coentreprise avec Dongfeng servirait, certes, pour le marché intérieur, mais aussi pour les marchés d’export. L’un des modèles, un grand break de chasse électrique, pourrait même arriver en Europe.


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