Volkswagen « sauvé » par la Chine ? Son grand patron sort du silence face aux rumeurs

 
Le CEO de Volkswagen veut faire taire les rumeurs sur la possibilité pour les constructeurs chinois de produire leurs voitures électriques en Europe. La firme allemande assure qu’aucune discussion n’est actuellement en cours en ce sens.
Volkswagen ID. Aura T6 // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Comme de nombreux autres constructeurs, Volkswagen n’est pas au mieux de sa forme en ce moment. La firme allemande a certes vu ses ventes repartir à la hausse en Europe, mais elles restent en chute libre en Chine. Et sur notre continent, l’heure n’est pas non plus à la fête. Car les usines restent encore largement sous-utilisées.

De quoi ouvrir la porte à de nombreuses rumeurs et spéculations en tout genre. Depuis quelques semaines, l’idée que le groupe allemand permette à des constructeurs chinois d’utiliser ses lignes de production prend de l’ampleur.

Mais l’entreprise est-elle réellement en pourparlers pour ouvrir ses usines à des partenaires venus de l’Empire du Milieu ? C’est ce qu’avait indiqué le Financial Times, expliquant que Xpeng pourrait utiliser certains sites de production européens de Volkswagen.

Mais voilà que le patron de la firme de Wolfsburg vient de clarifier les choses. Relayé par l’agence de presse Reuters, Oliver Blume n’a pas mâché ses mots. Il déclare ainsi qu’il n’y a « actuellement aucun projet ni discussion avec des fabricants chinois ».

Volkswagen Jetta X // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Rien ne dit que Xpeng va effectivement produire ses autos en Europe, alors que les deux entreprises ont déjà noué un partenariat pour concevoir et fabriquer des voitures électriques pour le marché chinois. Au début du mois de mai, Volkswagen avait également laissé entendre qu’il pourrait envisager de vendre ses véhicules destinés à l’Empire du Milieu sur le Vieux Continent. Ces autos pourraient être assemblées chez nous, justement afin de tirer parti des capacités excédentaires des usines.

Un réel problème de surcapacité

Et ce souci, le patron de Volkswagen en est bien conscient. Il admet en effet que « nous disposons encore de capacités excédentaires dans nos usines en Europe et en Allemagne. Nous devons remédier à cette situation afin de rester compétitifs ». Cependant, il ne précise pas comment le groupe compte réellement procéder pour contrer ce problème.

La toile de fond, c’est un plan de restructuration massif. Volkswagen prévoit de réduire sa capacité annuelle d’environ 750 000 véhicules d’ici 2030, avec en plus 500 000 unités de réduction de capacité supplémentaires à l’échelle européenne ciblant les usines sous-utilisées. Le groupe a par ailleurs acté la suppression de 35 000 postes en Allemagne d’ici 2030, dans un accord négocié avec les syndicats qui exclut en échange toute nouvelle fermeture de site et les licenciements secs.

Et quoi qu’il en soit, il veut tout faire pour éviter des fermetures. Et ce après son plan drastique qui avait notamment engendré celle du site de Bruxelles en 2025.

Le contexte est aussi celui d’un précédent : en décembre 2025, Volkswagen a fermé son usine de Dresde, première fermeture d’un site de production allemand en 88 ans d’existence du groupe. De quoi expliquer l’inquiétude des salariés face à toute rumeur de partenariat avec un acteur chinois.

Oliver Blume serait désormais ouvert à la signature de contrats avec des entreprises de défense, afin de produire au sein de ses usines. Mais il n’avait pas non plus fermé la porte à des accords de partage d’usines avec des marques chinoises. Cependant, rien n’est encore fait pour le moment.

En parallèle, les responsables gouvernementaux des Länder de Basse-Saxe et de Saxe sont également en faveur de partenariats industriels avec des entreprises venues de l’Empire du Milieu. Ce serait par exemple le cas pour BYD ou encore Chery, qui veulent produire en Europe.

©PHOTOPQR/VOIX DU NORD/Thierry Thorel ; 08/12/2021 ; Wolfsburg – Le 08/12/ 2021 – l’usine de production du concessionnaire Volkswagen – Photo : Thierry Thorel / La Voix du Nord (MaxPPP TagID: maxnewsspecial613745.jpg) [Photo via MaxPPP]

Du côté des syndicats, la grogne monte tout doucement. Et la présidente du comité d’entreprise du groupe Volkswagen, Daniela Cavallo veut désormais mettre le holà. Elle estime que l’on « a l’impression que Volkswagen est presque une cible de rachat et qu’elle a besoin d’être sauvée ». Elle souhaite désormais que l’attention se porte sur les nouveaux produits du groupe, plutôt que sur « l’énième débat concernant de prétendues fermetures d’usines ou de supposées discussions avec des tiers concernant d’autres utilisations possibles de nos usines ».


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