Volkswagen abandonne ses technologies maison : le plan de la dernière chance face à BYD en Chine

 
Face à l’effondrement de ses ventes sur le marché chinois, Volkswagen met de côté ce que l’on connaît en Europe et confie l’architecture de toutes ses voitures électriques et hybrides vendues en Chine au constructeur chinois Xpeng d’ici 2030.
Volkswagen ID. Unyx 07 et ID. Unyx 08 // Source : Volkswagen

Dans l’usine d’Anhui, loin des bastions allemands de Wolfsburg, Volkswagen orchestre discrètement sa mue chinoise. L’annonce faite à Reuters cette semaine marque un tournant historique : d’ici quatre ans, tous les modèles destinés au marché chinois reposeront sur l’architecture CEA, co-développée avec Xpeng. Un aveu d’échec à peine voilé pour un groupe qui était pourtant encore une référence en Chine il y a quelques années.

Et les chiffres parlent d’eux-mêmes. Cette plateforme permet de produire 30 % plus rapidement et 40 % moins cher que l’architecture MEB conçue en Allemagne. Le délai entre concept et production ? 18 mois seulement. De quoi faire grincer des dents à Stuttgart et Wolfsburg, où l’on s’enorgueillit traditionnellement de l’ingénierie germanique.

Finn Cemmasson, responsable de l’intégration logicielle et matérielle, le reconnaît sans détour : le groupe a dû « s’adapter à la vitesse chinoise et aux attentes des clients chinois ». Traduction : les méthodes allemandes ne fonctionnent plus sur ce marché ultra-compétitif. La première voiture issue de ce partenariat, l’ID. Unyx 07, est sortie des chaînes la semaine dernière. Une dizaine de modèles doivent suivre dès l’année prochaine, y compris des véhicules thermiques.

Deux alliances, deux stratégies

Pendant que Volkswagen s’en remet à Xpeng pour la Chine, le groupe mène une tout autre stratégie avec l’américain Rivian. L’alliance RV Tech, dotée d’un budget colossal de 5,8 milliards de dollars, vise les marchés européen et américain avec une ambition différente : créer une solution logicielle destinée à être licenciée à d’autres constructeurs.

Volkswagen ID. Unyx 07 // Source : Volkswagen

Mais cette double approche révèle surtout les contradictions stratégiques du groupe. Rivian ne développe que des logiciels pour véhicules 100 % électriques, tandis que Volkswagen doit maintenir sa production thermique plus longtemps que prévu.

Résultat : Cariad, la filiale logicielle censée être dissoute, survit à prix d’or pour combler ce vide technologique. Un coût faramineux qui pèse évidemment sur la rentabilité.

Le naufrage chinois

Les partenariats tous azimuts ne masquent pas l’essentiel : Volkswagen coule en Chine. Le groupe a dégringolé à la troisième place en 2025, dépassé par BYD et Geely. Les immatriculations ont chuté de 8 % sur l’année, mais c’est sur l’électrique que le désastre est total : -44 % quand le marché global progressait de 32 %.

Cette débâcle s’explique par des années de lenteur face à l’électrification galopante du marché chinois. Les constructeurs locaux ont pris une avance technologique considérable sur les logiciels embarqués, l’autonomie et l’expérience utilisateur. D’ailleurs, Xpeng a annoncé fin 2024 l’ouverture de sa partie logicielle d’aide à la conduite autonome aux partenaires commerciaux. Premier client : Volkswagen, évidemment.


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