Quels sont les meilleurs serveurs NAS à acheter en 2020 ?

Des NAS pas nases

 

Du plus simple au plus complet, voici une sélection de 5 serveurs NAS à tous les prix, pour tous ceux qui veulent une alternative au disque dur externe ou au stockage en ligne.

Le stockage en ligne est idéal pour rassembler ses fichiers et y accéder depuis n’importe où, mais il ne convient pas à tous. Si vous avez de gros volumes à stocker, il vous faut la fibre optique ou un forfait 4G généreux. Et l’espace de stockage plafonne souvent à 1 ou 2 To (Apple iCloud), ou bien les tarifs s’envolent au delà (Google One par exemple passe de 2 To pour 100 euros par an à 10 To pour 100 euros… par mois). Enfin, certains préfèrent ne pas confier leurs données personnelles à un tiers.

Au lieu d’un disque dur ou d’un SSD externe pas toujours pratique, on peut utiliser un serveur NAS (Network Attached Storage) — ou NAS tout court — qui combine le meilleur des deux mondes, et plus encore : rapport capacité prix, accès à distance, polyvalence… Mais il est difficile de choisir le bon serveur de stockage, tant il y a de choix. Nous vous proposons donc une sélection de marques et de modèles, pour différents profils et différents budgets.

WD My Cloud Home : pour le débutant

Western Digital (WD) est l’un des trois derniers fabricants de disques durs, avec Seagate et Toshiba. En plus des célèbres séries de disques durs internes et externes, la marque WD propose la gamme de NAS My Cloud, qu’elle qualifie davantage de « cloud personnel ». Aucun autre produit de notre sélection ne mérite autant cette appellation que le WD My Cloud Home Duo que nous avons sélectionné. Ce produit compact, qui ressemble davantage à un disque dur externe de bureau qu’à un NAS, fonctionne effectivement comme un service de stockage en ligne.

S’il propose un dossier partagé « Public » accessible via le protocole SMB (parfois appelé « partage de fichiers Windows »), il est pensé pour fonctionner via un logiciel (WD Discovery), un site internet (mycloud.com) ou une application mobile (My Cloud Home), exactement comme un service de stockage en ligne comme Dropbox ou Microsoft OneDrive. Vendu avec un ou deux disques durs de 2 à 10 To préinstallé(s), il est très facile à mettre en service et à utiliser, sans la moindre connaissance technique. On branche l’appareil, on installe WD Discovery sur son ordinateur, puis un volume apparait dans l’explorateur de fichiers. Celui-ci est accessible indifféremment à domicile ou à distance, via internet, sans avoir à configurer manuellement un transfert de port sur sa box internet (le sNAS configure automatiquement le routeur via UPnP ou emprunte à défaut un proxy relais).

En contrepartie de cette simplicité, les fonctions sont relativement limitées. Sur ordinateur ou sur mobile, on peut obtenir un lien de partage vers un fichier ou un dossier. On peut synchroniser les photos et vidéos de son smartphone. On peut aussi synchroniser son « cloud personnel » avec Google Drive, Dropbox, OneDrive, Facebook et Instagram. On peut sauvegarder son ordinateur via Time Machine ou via un logiciel Windows (mais pas via WD Backup 🤷🏻‍♂️). On peut enfin installer un serveur Plex, pour accéder à ses vidéos à distance, et un serveur Sonos. Malheureusement, les performances aussi sont limitées : les transferts en local vers et depuis le partage privé plafonnent à seulement 17,5 Mo/s (140 Mb/s), alors qu’ils vont à pleine vitesse (110 Mo/s) vers et depuis le partage public. Si vous manipulez de gros fichiers au quotidien, passez votre chemin !

Les WD My Cloud Home Duo sont vendus juste sous les 300 euros avec 2 x 2 To et montent à 900 euros avec 2 x 10 To.

Les WD My Cloud Home en bref

  • Aussi facile que Google Drive ou Dropbox
  • Pas beaucoup plus rapide que Google Drive ou Dropbox
  • Fonctionnalités limitées, mais l’essentiel est là

Synology DS218play : pour le bricoleur du dimanche

Synology est le leader et la star du serveur NAS grand public. La société taïwanaise doit sa popularité à DiskStation Manager, son système d’exploitation, le plus abouti du marché. « DSM » affiche dans un navigateur web une interface inspirée des systèmes d’exploitation pour ordinateurs, avec un bureau, une barre des tâches et surtout un gestionnaire de fenêtres multi-tâches. Ce « système d’exploitation web » intègre de nombreuses fonctions et permet d’en ajouter beaucoup d’autres, par le biais d’un « Centre de paquets ».

Les NAS Synology sont donc des serveurs polyvalents. Ils permettent bien sûr d’accéder à ses données à domicile ou à distance, de diffuser photos, vidéos et musique à domicile ou à distance, mais ils proposent aussi, entre autres exemples, une alternative à Gmail (avec MailPlus), à Google Docs (Synology Office) ou même à Slack (Synology Chat Server). On peut aussi installer un système de vidéosurveillance, un serveur VPN ou différents clients BitTorrent. Avec Docker, voire de la virtualisation sur certains modèles, les possibilités sont infinies. La plupart des fonctions maison sont déclinées sous la forme d’applications Android et iOS, tout aussi soignées.

Mais le problème avec Synology, que certains présentent comme le Apple du NAS, c’est qu’il abuse de sa notoriété. Les « DiskStation » sont ainsi beaucoup plus chers, à matériel équivalent, que les produits concurrents. On paie pour le logiciel DSM. Et Synology est à la traine sur le plan technique, notamment en tardant à démocratiser l’Ethernet à 2,5, 5 et 10 Gb/s. DSM est facile d’utilisation, il ne requiert que quelques rudiments en réseaux informatiques, mais si vous ne comptez exploiter que les fonctions essentielles, nous vous conseillons de considérer des options meilleures marché.

Nous déconseillons les séries « J » et « Value », trop poussives, et conseillons les séries « Play » et « Plus », qui apportent notamment le transcodage à la volée des vidéos, jusqu’en Ultra HD 4K. Le DS218play par exemple, vendu un 239,99 euros sans disque dur, est un bon compromis. Nous vous conseillons d’ajouter des disques durs WD Red ou Seagate IronWolf. Comptez un peu plus de 250 euros par disque de 8 To.

Les Synology DiskStation en bref

  • Le meilleur système d’exploitation pour NAS du marché
  • Tarde à proposer les dernières technologies
  • On paie pour la marque

Qnap TS-251B : pour le nerd

Face au conservatisme de Synology, son compatriote Qnap répond avec une très vaste gamme de serveurs offrant d’innombrables combinaisons de processeurs et de connectivités. La force du numéro deux du NAS grand public est de démocratiser des technologies dernier cri, tels que l’Ethernet à 10 Gb/s, le Thunderbolt 3 ou le cache SSD, en les proposant sur de nombreux modèles dès le milieu de gamme. Certains proposent même une ou deux sorties HDMI et une télécommande infrarouge, ce qui leur permet, en plus des fonctions de serveur, d’offrir des fonctions de lecteur multimédia ou d’ordinateur d’appoint.

La fonction HD Station permet d’utiliser des applications maison comme VideoStation ou MusicStation et des applications tierces comme Chrome ou Spotify sur son téléviseur. La fonction Linux Station permet quant à elle d’utiliser Ubuntu, Firefox, LibreOffice, etc., avec le clavier, la souris et l’écran de son choix. Malheureusement, certains logiciels ne sont pas à jour (Ubuntu 18.04, Firefox 60.0) et ne sont pas optimisés (Kodi ne décode pas le 1080p), on est assez loin d’une Xiaomi Mi Box ou d’un Raspberry Pi.

Le système d’exploitation web QTS est semblable à DSM, mais l’interface est beaucoup plus dense, plus pointue, et parfois mal traduite. L’App Center est certainement le plus fourni du marché, mais on y trouve à boire et à manger, et les descriptions et captures d’écran sont parfois incompréhensibles. En somme, nous conseillons les serveurs NAS Qnap à un public téméraire et averti, qui bidouille pour le plaisir.

Nous avons testé le TS-453BT3, qui cumule toutes les fonctions pré-citées, mais nous conseillons plutôt le nouveau TS-251B, performant et évolutif 5 ou 10 Gb/s, mais sans gadgets, vendu 299 euros au moment de la publication de cet article.

Les Qnap Turbo NAS en bref

  • Les plus polyvalents du marché
  • Vaste choix de technologies (processeurs et connectivité)
  • Réservés à un public averti

Asustor Nimbustor : à mi-chemin

Enfin, quelque part entre Synology et Qnap, le challenger Asustor se fait une place avec des produits modernes et équilibrés, et avec un système d’exploitation web ADM plus proche de DSM que de QTS. Cette filiale du taïwanais Asus propose ainsi des processeurs récents et surtout de l’Ethernet à 2,5 ou 10 Gb/s sur des produits grand public.

Nous avons testé le Nimbustor 4, un modèle ciblant les joueurs, mais qui convient comme souvent à d’autres publics, qui propose de l’Ethernet à 2,5 Gb/s et la prise en charge du cache SSD. Il transfère ainsi des fichiers à 280 Mo/s (soit 2,24 Gb/s), pas beaucoup moins vite que le Qnap TS-453BT3 pré-cité, avec lequel nous avons atteint 400 Mo/s. Il propose lui aussi une sortie HDMI, mais il l’exploite mieux que Qnap, ne serait-ce qu’en proposant la fameuse application multimédia Plex.

L’Asustor Nimbustor 4 AS5304T est vendu 529 euros sans disque dur. Asustor propose en outre un adaptateur USB 2.5GBASE-T, l’AS-U2.5G, qui permet de profiter de l’Ethernet à 2,5 Gb/s pour environ 50 euros.

Les Asustor Nimbustor en bref

  • Bon compromis entre Synology et Qnap
  • Produits modernes et équilibrés

Buffalo TeraStation : pour le professionnel débutant

Refermons cette sélection avec un produit pensé pour les professionnels. Méconnue du consommateur occidental, Buffalo est une vieille société japonaise spécialisée dans le stockage informatique. Elle propose notamment une vaste gamme de serveur NAS, dont une série TeraStation qui, bien qu’éloignée techniquement de la série WD My Cloud Home pré-citée, s’en rapproche philosophiquement. Ces produits made in Japan font effectivement le maximum, et donc le minimum, pour simplifier le stockage pour les professionnels.

Pour commencer, ils bénéficient d’une garantie et d’un service « VIP » de remplacement sur site de disque dur défaillant pendant une durée de 3 ans. Ils sont en outre vendus avec 2 ou 4 disques durs non seulement préinstallés, mais aussi prêts à l’emploi (volume RAID 1 ou RAID 5 déjà construit et formaté en Btrfs, prononcez ButterFS). Un petit afficheur indique l’adresse IP à laquelle on peut accéder à l’interface web de gestion, spartiate, mais claire et parfaitement traduite en français. La configuration initiale de seulement 4 étapes ne prend que 2 minutes (mot de passe, fuseau horaire, proxy, mode RAID). Les débutants peuvent afficher une aide contextuelle décrivant chaque fonction.

On ne trouve d’ailleurs que les fonctions essentielles dans un environnement professionnel : pas de client BitTorrent, pas de serveur Plex, mais un antivirus Trend Micro NAS Security, la synchronisation avec Dropbox, Microsoft OneDrive, Microsoft Azure Storage ou Amazon S3, la réplication sur et hors-site, la gestion des instantanés sur certains modèles (restauration de fichiers et dossiers dans un état antérieur), et un accès à distance via une interface web WebAccess datée, mais fonctionnelle.

Nous recommandons les TeraStation en métal des séries 3010, 3020, 5010 ou 6000, qui proposent selon les modèles 2, 4 ou 8 baies, 2 à 64 To, et différentes combinaisons de ports Ethernet à 1, 2,5, 5 ou 10 Gb/s. Nous avons testé le TS6400DN, le plus performant du fabricant et de notre sélection, qui transfère les fichiers à… 1,1 Go/s, avec un rapport prix prestation compétitif. Chez un revendeur professionnel tel qu’Inmac Wstore, il est vendu 1500 euros HT avec 4 x 8 To. On trouve autrement chez Amazon le TS3410, modèle d’entrée de gamme avec 2 ports Gigabit Ethernet (125 Mo/s), pour 739 euros en version 4 x 4 To.

Les Buffalo TeraStation en bref

    • La rigueur japonaise (matériel, logiciel, service)
    • Adaptés aux professionnels (indépendants et petites entreprises)
    • Bon rapport performances/prix

FAQ

Qu’est-ce qu’un serveur NAS ?

Dans son plus simple appareil (et grossièrement résumé), un NAS n’est rien d’autre qu’un disque dur externe relié à un réseau. Autrement dit, vous pouvez y accéder depuis chez vous via une connexion locale, ou via Internet à distance à condition que celui-ci y soit connecté. La quasi-totalité des NAS du marché sont désormais raccordés à Internet ce qui permet donc d’avoir une sorte de cloud personnel.

Si cela suffit théoriquement pour stocker vos données, les NAS possèdent désormais tous (ou presque) des systèmes d’exploitation qui rendent la configuration et l’accès à vos données beaucoup plus simples. Ces derniers embarquent également divers logiciels pour améliorer la sécurité des données ou diffuser du contenu multimédia.

Puis-je accéder à mon NAS à distance ?

Tous les NAS de notre sélection sont accessibles par internet d’une manière ou d’une autre. Les WD My Cloud Home sont connectés au cloud dès leur mise en service. Pour tous les autres, on peut donner accès à l’interface web ou aux applications mobiles maison de deux manières. Soit en configurant la box de son fournisseur d’accès à internet, automatiquement si elle est compatible UPnP, manuellement autrement, pour transférer les ports nécessaires. Soit en s’inscrivant au service cloud du fabricant, gratuit, afin d’emprunter un proxy relais (sauf chez Buffalo).

À quoi sert le RAID ?

La plupart des NAS du marché comportent 2 ou 4 « baies » pour disque dur, ce qui permet d’utiliser le RAID, une technologie consistant à unifier plusieurs disques pour répartir automatiquement les données. On utilise généralement le RAID 1 avec deux disques durs et le RAID 5 avec quatre, ou bien des dérivés propres aux fabricants. Avec ces « niveaux » de RAID, on ne perd aucune donnée en cas de défaillance d’un disque dur. On cède en contrepartie la moitié de la capacité à la redondance avec deux disques en RAID 1 et un quart avec quatre disques en RAID 5.

Pour autant, le RAID n’est pas une sauvegarde. Il prémunit d’une panne de disque dur, mais pas d’une mégarde (les instantanés peuvent y remédier), d’une panne logicielle ou pire d’un vol ou d’une catastrophe naturelle. Pour protéger ses données, il faut les sauvegarder « hors site », par exemple en les transférant sur un service de stockage en ligne ou sur un NAS distant.

Quelle capacité de stockage choisir pour un serveur NAS ?

Il n’y a pas de réponse unique, tout dépend de vos besoins. Comme vous avez pu le voir tout au long de cette sélection des meilleurs NAS, nous suggérons généralement d’opter pour 4 ou 8 To pour des NAS grand public. Les utilisateurs avancés ou les Pro favoriseront probablement 16 To. Compte tenu des standards actuels, ces capacités devraient vous permettre de stocker toutes vos données et garder un peu de marge. Rappelez-vous également qu’en fonction du modèle et de la configuration, il est possible d’augmenter plus ou moins facilement la capacité de votre NAS à postériori.

À quoi sert le cache SSD ?

Certains NAS permettent d’utiliser des SSD dits « de cache » pour exploiter pleinement les connexions Ethernet multi Gigabit et pour accélérer les transferts dans un sens ou dans l’autre. Les données transférées vers le NAS sont d’abord écrites sur le SSD de cache, et les données fréquemment consultées sont copiées sur puis lues depuis le SSD de cache. C’est utile lorsque les disques durs sont moins rapides que la connexion réseau, ce qui peut arriver en RAID 1 avec de l’Ethernet à 2,5 Gb/s et en RAID 5 avec de l’Ethernet à 5 ou 10 Gb/s.

Quels disques durs choisir ?

Nous conseillons vivement d’acquérir des disques durs optimisés pour les NAS. Les trois derniers fabricants de disques durs en proposent. Les WD Red, les Seagate IronWolf et les Toshiba N300 sont un peu plus chers que des disques durs internes conventionnels, mais ils sont mieux adaptés, tant sur le plan matériel que de leurs micrologiciels, au fonctionnement 24h/24, aux vibrations ou aux transferts séquentiels. Ils s’accompagnent d’une garantie plus ou moins étendue et parfois d’un service de récupération des données.

Les plus téméraires achèteront leurs multiples disques durs auprès de revendeurs différents. Ceci réduit les risques que deux disques durs d’une série défaillante tombent en panne simultanément, ce qui entrainerait la perte de toutes les données.

Comment profiter de l’Ethernet à 2,5, 5 ou 10 Gb/s ?

Si l’Ethernet à 2,5, 5 ou 10 Gb/s commence à se démocratiser sur le marché des NAS, les ordinateurs intégrant ces connectivités sont encore très rares, et sont encore haut de gamme. Mais on trouve des adaptateurs USB 3.0 vers 2,5GbE ou 5GbE pour une cinquantaine d’euros, et des adaptateurs Thunderbolt 3 vers 10GbE ou des cartes PCI Express vers 10GbE pour une centaine d’euros. On pourra brancher directement le NAS et l’ordinateur, au prix d’une configuration manuelle, ou bien acquérir un switch avec au moins 2 ports multi Gigabit, tel qu’un Netgear SX10 pour environ 200 euros. Notons enfin que certains routeurs Wi-Fi 6 disposent d’un port multi Gigabit afin de dépasser le Gigabit en Wi-Fi.

Peut-on recycler un PC en serveur NAS ?

Voici enfin quelques pistes d’alternatives à notre sélection pour refermer notre sélection. Signalons pour commencer qu’on peut recycler un PC et le transformer en NAS, par exemple avec les systèmes d’exploitation spécialisés FreeNAS ou OpenMediaVault. Les adeptes de la ligne de commande peuvent aussi utiliser un Raspberry Pi, de préférence un Raspberry Pi 4, avec une distribution Linux optimisée telle qu’Ubuntu Server ou Manjaro. Enfin, rappelons que les Freebox Server des Freebox Mini 4K, Freebox Révolution, Freebox One et Freebox Delta intègrent FreeboxOS, qui offre quelques unes des fonctions essentielles d’un serveur NAS.

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