Sans lithium et ultra-résistante : le partenaire de Volkswagen passe officiellement à l’ère de la batterie sodium

 
Troisième fabricant de batteries en Chine, l’entreprise Gotion High-Tech (dont Volkswagen est le premier actionnaire) a annoncé sa marque dédiée à la technologie sodium-ion lors de sa conférence annuelle. La gamme Gnascent propose 3 déclinaisons aux usages bien distincts, et les lignes de production tournent déjà.

Alors qu’en Europe, l’univers de la batterie pour voiture électrique pédale dans la semoule entre retard et défaut de production, preuve en est avec l’usine ACC dans le nord de la France qui peine à fournir en batteries les Peugeot e-3008 Long Range et autres modèles de chez Stellantis pourvus de la batterie de 97 kWh, en Chine, on est bien loin de ces problématiques. Du moins, elles ont été ingérées et digérées depuis déjà quelques années.

Non, en Chine, on travaille plutôt sur les nouvelles technologies de batteries. Preuve en est : lors de sa 15e conférence technologique mondiale, Gotion High-Tech, dont Volkswagen est le premier actionnaire pour rappel, a dévoilé Gnascent. Derrière ce nom très compliqué à prononcer, l’entreprise basée à Hefei présente 3 cellules de batterie aux profils très différents.

Trois cellules pour trois usages différents

La version « haute énergie » annonce une densité de 261 Wh/kg, ce qui représente, selon Gotion, une progression de 60 % par rapport aux cellules sodium classiques. C’est une performance intéressante pour cette chimie, traditionnellement distancée par le lithium sur ce critère. La cible visée : les véhicules légers et les drones, un secteur que les Chinois appellent la « low-altitude economy ».

La version « haute puissance », elle, mise sur la robustesse thermique avec une capacité de décharge maintenue jusqu’à -50 °C. Avec 162 Wh/kg, elle n’est pas la plus dense, mais elle vise les véhicules utilitaires et équipements opérant dans des régions extrêmement froides. Un créneau où le lithium-ion classique peut sérieusement flancher en hiver.

Enfin, la version « stockage d’énergie » se distingue par une durée de vie annoncée à plus de 20 000 cycles et une capacité unitaire de 180 Ah. Elle maintient 88 % de sa capacité à -40 °C et a passé un test de pénétration par clou en acier de 8 mm ainsi qu’une exposition à 400 °C sans inflammation. Pour du stockage résidentiel ou industriel, ce sont les meilleures garanties possibles pour le moment.

Des lignes de production déjà actives

N’est pas Elon Musk qui veut, et chez les fabricants chinois, quand on annonce quelque chose, il ne faut pas attendre des mois, voire des années avant que ça puisse se matérialiser. Gotion affirme disposer de lignes de production opérationnelles à Tangshan et Hefei. On ne parle pas d’un prototype destiné aux laboratoires, mais d’une technologie censée être prête pour la montée en volume.

La base technique repose sur plus de 90 brevets couvrant les matériaux de cathode (oxydes lamellaires, polyanions, pyrophosphate de manganèse-fer-sodium), les anodes en carbone dur et des additifs d’électrolyte. Gotion met aussi en avant une conception « sans anode » censée réduire les coûts tout en améliorant la densité énergétique.

Gotion dans la course, mais la course est déjà lancée

Avec 4,05 GWh produits en avril 2026 et 6,6 % de parts de marché en Chine, Gotion occupe la troisième place derrière CATL et BYD, les deux principaux fabricants de batteries dans le monde qui ont eux aussi annoncé ou déployé leurs propres solutions sodium.

CATL vise une production à grande échelle en 2026 et vise environ 600 km d’autonomie. De son côté, BYD a commencé la construction d’une usine dédiée de 30 GWh.

Dans le même temps, Gotion travaille sur d’autres dossiers, à commencer par les fameuses batteries solides. Baptisée « Jinshi », la nouvelle génération de batteries de l’entreprise repose sur un électrolyte solide à base de sulfures, un choix qui permet d’atteindre une densité énergétique record de 350 Wh/kg. À titre de comparaison, les cellules lithium-ion classiques couramment utilisées plafonnent autour de 250 Wh/kg.

Toutes ces nouvelles batteries pourraient très certainement à court et moyen terme, arriver sur les nouvelles Volkswagen produites pour la Chine, mais aussi et pourquoi pas en Europe, pour des plus petits modèles afin de les rendre plus compétitifs en termes de prix. Car rappelons qu’aujourd’hui, une batterie représente environ 40 % du prix d’une voiture électrique.


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