La production des Volkswagen ID. Polo et Cupra Raval a commencé pour contrer la Renault 5, mais la promesse des 25 000 € n’est pas tenue pour le moment

 
Après des années de travaux et plusieurs milliards d’investissement, l’usine Seat de Martorell produit désormais ses premières voitures électriques. Les Volkswagen ID. Polo et Cupra Raval incarnent la reconversion d’une usine importante, mais aussi les ambitions d’un groupe qui mise sur l’entrée de gamme électrique pour ne pas rater le virage.

La cérémonie était soignée, les discours bien rodés, et les représentants politiques au premier rang : Pedro Sánchez, le Premier ministre espagnol en tête, aux côtés d’Oliver Blume, le patron du groupe Volkswagen et de Markus Haupt, le PDG de Seat et Cupra.

Mais derrière cette jolie mise en scène, le démarrage de production de la Volkswagen ID. Polo et de la Cupra Raval à Martorell est plus importante qu’il n’y paraît : c’est la reconversion d’une usine historiquement dédiée aux thermiques vers l’électrique.

Seat y a investi plus de 3 milliards d’euros, adapté quelque 160 000 m² de surface, intégré un millier de nouveaux robots et installé 60 outils d’emboutissage. Bref, les investissements sont colossaux, et sans doute bien réfléchis au vu de la situation financière du groupe actuellement.

Une plateforme, deux voitures électriques

Les deux modèles reposent sur une version adaptée de la fameuse plateforme MEB, baptisée MEB Entry ou MEB-Small , une architecture pensée pour maintenir les coûts et rendre l’électrique plus ou moins accessible avec un tarif de base en dessous des 25 000 euros.

Visuellement et commercialement, même si elles reposent sur la même plateforme et embarque la quasi totalité des composants, l’ID. Polo et la Raval se distinguent, l’une dans la plus pure tradition de Volkswagen avec un pragmatisme assumé, l’autre sous l’étiquette plus sportive de Cupra.

Dans un premier temps, seule la version avec la batterie la plus grande (52 kWh pour jusqu’à 450 km d’autonomie WLTP) sera commercialisée ; les variantes d’entrée de gamme, à partir de 25 000 euros, arriveront plus tard.

Une séquence classique dans l’industrie, mais qui peut laisser les acheteurs les plus sensibles au prix patienter encore quelques mois. Pour l’instant, l’ID. Polo débute, en France, à partir de 35 820 euros, hors bonus. On ne peut pas dire que ce soit vraiment donné pour une citadine électrique. Même chose pour la Cupra Raval qui commence à 33 600 euros avant les aides.

Reste un bémol de taille : à ces tarifs, les deux espagnoles affrontent frontalement la Renault 5 E-Tech, déjà en vente et best-seller du segment en Europe, mais aussi la MG4 ou l’Alpine A290. Sur le papier, l’ID. Polo et la Raval défendent une autonomie et une recharge supérieures (jusqu’à 105 kW en courant continu, 10 à 80 % en 24 minutes), mais elles arrivent plus chères et plus tard sur leurs versions vraiment abordables.

Un rôle nouveau pour Seat/Cupra dans le groupe

Ce qui est peut-être plus intéressant à long terme, c’est la position que Seat/Cupra s’est taillée au sein du groupe Volkswagen. La division espagnole prend pour la première fois la tête du développement d’une plateforme pour le groupe : elle chapeautera non seulement les deux modèles produits à Martorell, mais aussi les futures Volkswagen ID. Cross et Skoda Epiq, fabriquées à Pampelune.

Difficile de savoir si cela se traduira par une véritable autonomie technique ou si Wolfsburg gardera la main sur les décisions structurantes.

Côté approvisionnement, Seat met également en avant l’ancrage ibérique du projet : plus de 90 fournisseurs espagnols et portugais contribuent aux deux modèles, représentant environ 70 % des coûts matières. Un argument industriel et politique non négligeable, dans un contexte où la souveraineté de la chaîne de valeur automobile européenne est plus que jamais scrutée et donne lieu, ou non, aux subventions gouvernementales pour, justement, maintenir des prix plus ou moins acceptables.


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