Dans la course à l’électrification, tous les constructeurs ne sont pas logés à la même enseigne. Certains, comme Volkswagen ou encore Mercedes, possèdent déjà une gamme très riche. D’autres, en revanche, semblent prendre un peu plus leur temps. C’est par exemple le cas de Skoda. Certes, la firme tchèque avait lancé sa petite Citigo e-iV dès 2019. Mais c’est surtout en 2020, avec l’arrivée de l’Enyaq, que la marque a réellement développé son offre électrique.
Cependant, il faudra attendre début 2025 pour voir arriver l’Elroq, 2e modèle zéro émission (à l’échappement) de Skoda. Puis, la marque a finalement décidé d’accélérer la cadence. C’est ainsi qu’elle a levé le voile quasiment en même temps sur son petit Epiq, cousin de la Volkswagen ID. Polo, et sur son grand Peaq. Des voitures que tout semble opposer, et qui répondent à des besoins bien distincts pour les clients. Par ailleurs, la concurrence reste encore relativement rare sur le segment des grands SUV comme le Peaq.

Mais quelle carte cette nouvelle auto a-t-elle à jouer face à ses rivaux ? C’est ce que nous avons voulu savoir en prenant son volant le temps d’un essai. Et on peut déjà dire que cette première prise en main a été globalement très positive. De là à dire que les autres constructeurs ont du souci à se faire ? Peut-être bien…
Fiche technique
| Modèle | Skoda Peaq |
|---|---|
| Dimensions | 4,87 m x 1,87 m x 1,66 m |
| Puissance (chevaux) | 290 chevaux |
| 0 à 100km/h | 7,1 s |
| Niveau d’autonomie | Conduite semi-autonome (niveau 2) |
| Vitesse max | 180 km/h |
| OS embarqué | Android Automotive OS |
| Taille de l’écran principal | 13,6 pouces |
| Prise côté voiture | Type 2 Combo (CCS) |
| Essayez-la | Fiche produit |
Design : un lien de famille très fort
Si le nouveau Skoda Epiq est désormais le plus petit modèle de la gamme électrique, le Peaq est quant à lui le plus grand. Cependant, et malgré leurs différences évidentes, les deux SUV adoptent la signature esthétique du constructeur tchèque.
Cependant, notre modèle est un peu à part, puisqu’il s’offre de nombreux éléments inédits. Il faut toutefois savoir que son design ne vient pas de nulle part, bien au contraire. Il est en fait directement repris du concept Vision 7S, qui a vu le jour en 2022.

La version de série reprend la face avant, qui intègre la nouvelle calandre Tech Deck pleine, peinte en noir et subtilement rétroéclairée. De quoi donner un visage classique à la voiture, au contraire de nombreuses autos au style parfois un peu déroutant. Une manière ici de ne pas trop déstabiliser les futurs clients. Nous découvrons aussi de nouveaux feux à LED en forme de T, là encore totalement inédits. Le tout est complété par un bouclier noir plutôt imposant.
À noter que nous avons ici droit à une version Sportline, qui se caractérise par des pare-chocs spécifiques. Cette déclinaison est aussi complétée par des jantes de 21 pouces de série. De profil, le SUV électrique affiche une silhouette très massive, avec une ligne de toit particulièrement droite. De quoi optimiser l’habitabilité à bord. Les dimensions sont évidemment très généreuses, avec une longueur de 4,87 mètres pour 1,87 mètre de large et 1,66 mètre de haut.

Le Cx (coefficient de traînée) est quant à lui annoncé à 0,249, ce qui reste correct, mais plus haut que certains rivaux. Cependant, un réel travail a été effectué sur l’aérodynamisme, avec notamment la présence de poignées de porte affleurantes.
Enfin, la partie arrière est particulièrement droite, tandis qu’elle reprend la signature lumineuse de l’avant. Le tout est complété par un petit becquet de toit noir laqué. Celui-ci est assorti aux protections latérales de la carrosserie.
Habitabilité : un SUV pour toute la famille
De l’extérieur, ce nouveau Skoda Peaq est évidemment très imposant. Et bien évidemment, cela se voit aussi à l’intérieur. Car le grand SUV est avant tout un modèle destiné aux familles, nombreuses qui plus est.
En effet, il se décline en version cinq et sept places, avec deux petits sièges supplémentaires dans le coffre. Cependant, notre essai ne nous aura pas permis de les tester pour le moment. Avec son empattement très généreux de 2,97 mètres, le tchèque fait un peu mieux que le Peugeot e-5008 que nous avions pu essayer.

C’est tout particulièrement à l’arrière que l’espace à bord sera le plus appréciable, avec un espace aux jambes très vaste, même pour les plus grands gabarits. La garde au toit est également satisfaisante. De plus, le Skoda Peaq ne manque pas de petits détails afin d’offrir un confort optimal. Plusieurs éléments en impression 3D sont proposés, comme un support de smartphone ou de tablette pour les passagers de la banquette. À l’avant, des rangements pour la console centrale sont aussi disponibles.
On retrouve aussi tout un tas de détails « Simply Clever », bien connus des amateurs de la marque. Parmi eux, citons par exemple le parapluie dissimulé dans la portière. À l’avant, l’ambiance est épurée et moderne, même si le poste de conduite nous semble un peu austère en raison de la sellerie intégralement noire, un peu tristoune. Cependant, les matériaux et les finitions sont d’excellente qualité, avec des sièges sport en suédine noire très agréables au toucher. Il faut savoir que ceux-ci sont certifiés AGR, mais aussi réglables électriquement.

Ils sont également chauffants sur notre version d’essai Sportline 90x, tout comme le volant multifonctions. Par ailleurs, le confort est encore amélioré par le « pack relax » proposé en option, qui inclut des sièges massants et ventilés. Un grand toit panoramique est aussi disponible dans le catalogue, pouvant s’opacifier à la demande, comme sur le Renault Scenic E-Tech.
Enfin, le Skoda Peaq s’offre un coffre très vaste, dont le volume est compris entre 299 (en 7 places) et 935 litres (en 5 places). Il est complété par un frunk de 37 litres sous le capot avant.
Infodivertissement : une prise en main intuitive
Comme expliqué un peu plus haut, le Skoda Peaq affiche une présentation assez épurée, et surtout très classique. Pas de fioritures dans ce poste de conduite, et cela se voit aussi du côté de l’info-divertissement.
Comme sur les autres autos de la gamme, le grand SUV fait dans la simplicité, mais sans faire l’impasse sur la modernité. Nous retrouvons le grand écran tactile de 13,6 pouces que nous avions pu découvrir lors de notre première rencontre en statique.

Celui-ci est en position verticale et intègre un système embarqué développé par le constructeur et fonctionnant sous Android Automotive. La présentation est très agréable visuellement et l’ergonomie est très bonne. On note d’ailleurs quelques petites similitudes avec ce que propose Ford sur son Explorer.
Et l’un des éléments les plus appréciables est sans aucun doute la présence de raccourcis en bas de la dalle. Ces derniers permettent de gérer la musique et la climatisation, entre autres. De quoi compenser l’absence quasi totale de boutons tactiles.
Bien sûr, le conducteur peut connecter son smartphone via Apple CarPlay et Android Auto sans fil. De plus, le système est compatible avec les mises à jour OTA (over the air). Les graphismes sont modernes et la réactivité est au rendez-vous dans l’ensemble. Il ne faudra que très peu de temps pour bien assimiler comment tout prendre en main. Bien sûr, nous retrouvons aussi de nombreuses applications, telles que YouTube ou Spotify. La navigation GPS est assurée par Google Maps, incluant un planificateur d’itinéraire.

Juste devant le volant trône un combiné d’instrumentation numérique d’une diagonale de 10 pouces. Si ce dernier est très clair et lisible, on regrette toutefois qu’il soit installé un peu bas. Il est toutefois possible d’ajouter un affichage tête haute projeté sur le pare-brise en option, moyennant 1 220 euros.
Enfin, le Skoda Peaq s’offre pas moins de deux chargeurs pour smartphone à induction, d’une puissance maximale de 25 watts. Ils sont également associés à des prises USB-C à l’avant et à l’arrière, ainsi qu’à une prise de 230 volts dans le coffre.
Aides à la conduite : tout le nécessaire, sans trop en faire
On le sait, Skoda est la marque accessible du groupe Volkswagen, sans pour autant être considérée comme low-cost. On s’attend alors en toute logique à retrouver une dotation technologique assez réduite. Pourtant, ce n’est pas vraiment le cas, même sur la version d’entrée de gamme.
Dans sa finition Clever, le nouveau Peaq s’offre en effet de nombreuses aides à la conduite. Parmi elles, on retrouve bien sûr celles qui sont obligatoires dans le cadre de la norme GSR2 depuis juillet 2024.

Cela inclut notamment le freinage automatique d’urgence, la surveillance de l’attention du conducteur ou encore l’alerte de survitesse, sans oublier l’aide au maintien dans la voie. Des systèmes utiles, mais qui peuvent être assez intrusifs par moments. Cependant, ce n’est pas autant le cas que chez certains concurrents, et les aides restent relativement aisées à désactiver, bien qu’il faille tout de même aller un peu fouiller dans l’écran tactile.
La dotation de base du Skoda Peaq inclut également une caméra de recul, le détecteur de trafic latéral ou encore l’assistant de virage, permettant de vérifier qu’aucune voiture n’arrive en sens inverse, ce qui est particulièrement utile sur les petites routes montagneuses.

La conduite semi-autonome de niveau 2 Travel Assist 3.0 fait aussi partie de la dotation de base sur le grand SUV. Nous avons rapidement pu l’essayer durant notre prise en main, et le dispositif se révèle plutôt efficace. À noter qu’il prend aussi en charge le changement de voie automatique. Quant à notre version Sportline, elle s’enrichit de quelques équipements supplémentaires.
On peut citer la caméra à 360 degrés, qui se révèle particulièrement utile vu le gabarit du véhicule. De plus, notre modèle d’essai a aussi droit aux phares Matrix LED adaptatifs sans surcoût. Il faudra en revanche opter pour la finition supérieure Plus pour bénéficier des assistances aux manœuvres de stationnement. Ces dernières prennent notamment en charge la conduite en marche arrière ou encore le stationnement à distance grâce au smartphone.
Conduite : au sommet du confort
Outre leur taille, il y a aussi un autre élément qui diffère entre les Skoda Epiq et Peaq. Si le premier repose sur la nouvelle plateforme MEB+, comme la Cupra Raval, entre autres, ce n’est pas le cas de notre modèle d’essai. Ce dernier conserve la base MEB « classique » et désormais largement éprouvée.
Pour mémoire, elle équipe également une grande majorité des voitures électriques du groupe Volkswagen, allant du Cupra Tavascan à l’Audi Q4 e-tron en passant par la Volkswagen ID.3 Neo. Pas de grande révolution donc pour le grand SUV électrique, qui se décline en plusieurs versions, à savoir 90 et 90x en France.

C’est cette dernière que nous avons eue à l’essai et qui se distingue des autres par la présence d’une transmission intégrale. Dotée de deux moteurs électriques, soit un sur chaque essieu, cette variante affiche une puissance totale de 299 chevaux. Le couple maximal n’a toutefois pas été communiqué par le constructeur pour le moment. Le 0 à 100 km/h est quant à lui réalisé en 6,3 secondes dans sa version cinq places, pour une vitesse de pointe bridée à 180 km/h.
L’un des principaux atouts de ce nouveau Skoda Peaq est avant tout son confort. La firme tchèque a mis l’accent sur ce dernier, alors que le dynamisme est quasiment inexistant. Rien d’étonnant à cela, quand on sait que le véhicule pèse environ 2,4 tonnes. Mais contre toute attente, les mouvements de caisse restent maîtrisés. De quoi rassurer les parents qui transportent des enfants à l’arrière. Mais vous l’aurez compris, les petites routes sinueuses ne sont pas son terrain de jeu de prédilection.

En fait, c’est surtout sur l’autoroute que le grand SUV électrique sera le plus à son aise, également grâce à son insonorisation très correcte et au typage souple de ses suspensions. Plusieurs modes de conduite sont également disponibles, mais le mode Sport ne présente pas de réel intérêt, même s’il améliore légèrement la réponse de l’accélérateur.
Pour ce qui est de la consommation, nous avons relevé une moyenne de 17,5 kWh/100 km durant notre essai, qui a oscillé entre routes sinueuses et trajets urbains.
Autonomie, batterie et recharge : taillé pour les longs trajets
Comme dit plus haut, le nouveau Skoda Peaq se décline en deux versions, 90 et 90x. Il existe pourtant une variante d’entrée de gamme baptisée 60, mais celle-ci n’est pas disponible en France. Elle a pour mémoire droit à une petite batterie de 63 kWh, pour une autonomie de 450 kilomètres WLTP. Il est toutefois possible qu’elle rejoigne notre catalogue un peu plus tard.
De notre côté, seule la grande batterie de 91 kWh bruts (86 kWh nets) est commercialisée dans l’Hexagone.

Celle-ci fait appel à la chimie NMC (nickel-manganèse-cobalt), plus chère que le LFP (lithium-fer-phosphate), mais qui offre une plus grande densité énergétique. L’autonomie est respectivement de 644 et 611 kilomètres WLTP pour la version à deux et quatre roues motrices.
À titre de comparaison, le Peugeot e-5008 atteint 668 kilomètres avec son pack de 97 kWh. En ce qui concerne la recharge, celle du Skoda Peaq n’a rien de réellement révolutionnaire.
Et pour cause, il faut compter 28 minutes pour passer de 10 à 80 %, ce qui reste dans la moyenne du segment. Et ce, car l’auto est dépourvue d’architecture 800 volts. Elle se charge à une puissance maximale de 199 kW en courant continu, tandis que le chargeur embarqué en courant alternatif plafonne à 11 kW. Il faut également savoir que le SUV électrique est livré de série avec la charge bidirectionnelle V2L (vehicle to load).

Celle-ci permet d’alimenter des appareils électriques directement via la prise de charge extérieure, grâce à un adaptateur. De plus, le Skoda Peaq a droit au freinage régénératif, qui inclut un mode one-pedal. Ce qui signifie qu’il peut aller jusqu’à l’arrêt complet. Ce qui est particulièrement pratique en ville, dans les embouteillages, afin de réduire la consommation, et donc d’optimiser l’autonomie. Par ailleurs, il est aussi possible d’ajouter une pompe à chaleur en option, moyennant 1 130 euros.
Prix, concurrence et disponibilité
Contrairement au petit Epiq, le Skoda Peaq n’a pas encore énormément de concurrents. Déjà disponible à la commande, il est affiché à partir de 56 460 euros dans sa version d’entrée de gamme Clever 90. Notre modèle d’essai Sportline avec la batterie 90x est quant à lui affiché à partir de 62 610 euros. Des tarifs plutôt salés, mais dans la moyenne. Cependant, ils ne permettent pas au SUV de profiter de la prime CEE, réservée aux voitures sous les 47 000 euros.
L’un des principaux rivaux du tchèque est sans doute le Peugeot e-5008, qui démarre à 43 730 euros dans sa finition Allure. Le SUV embarque une batterie d’une capacité de 73 kWh qui lui offre une autonomie maximale de 500 kilomètres WLTP. Par ailleurs, on peut aussi citer le Kia EV9, un peu plus onéreux puisqu’il coûte 65 400 euros avec son pack de 99,8 kWh. De quoi lui offrir une autonomie de 563 kilomètres.

Le Mercedes GLB constitue aussi une alternative intéressante, avec un ticket d’entrée à 57 250 euros. Le SUV allemand s’offre une batterie de 85 kWh pour une autonomie un peu plus basse que celle du Peaq, annoncée à 430 kilomètres. On peut aussi évoquer le Hyundai Ioniq 9, qui affiche des caractéristiques techniques similaires à celles du Kia EV9. Le tout avec un prix de départ de 70 450 euros. Pour finir, il ne faut pas non plus oublier la Tesla Model Y à sept places, affichée à 57 069 euros.









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