Seuls Tesla et Xpeng font essayer leur conduite autonome au Mondial, aucun constructeur européen ne suit

Paris, terrain d’essai

 
Le 10 octobre, Xiaopeng He, CEO de Xpeng, a annoncé qu’il viendrait à Paris tester lui-même le NGP, l’aide à la conduite de sa marque. Il en a profité pour demander les pires itinéraires de France. Au Mondial de l’Auto, ce NGP et le FSD de Tesla sont les deux seuls systèmes de ce type que le public peut essayer.

Xiaopeng He veut savoir à partir d’où son système de conduite ne suit plus. Le fondateur et CEO du constructeur chinois Xpeng l’a écrit dans un message publié sur X le 10 octobre. Il viendra à Paris tester lui-même le NGP, l’aide à la conduite de la marque. Il demande aussi aux internautes de lui envoyer leurs « devil routes », les itinéraires les plus difficiles de France, pour « voir la limite » du système. Le message a dépassé 1,2 million de vues.

Il est tombé deux jours avant l’ouverture du Mondial de l’Auto. Sur ce salon, Xpeng et Tesla sont les deux seuls constructeurs à proposer au public un essai de conduite automatisée. Xiaopeng He explique avoir regardé un film de deux minutes sur les temps forts du NGP dans Paris. Il se dit « extrêmement fier » de son équipe. Le film montre le système sur la voie publique, et le NGP a toujours besoin d’un conducteur attentif. On ne parle d’un niveau 3 de conduite autonome, mais d’un niveau 2++.

Pour la première fois, le Mondial, ouvert Porte de Versailles du 12 au 18 octobre, emmène des visiteurs sur route ouverte dans des voitures à conduite automatisée.

Pour aller plus loin
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On parle donc ici de niveau 2++. La voiture accélère, freine et tourne seule, mais le conducteur doit surveiller la route et pouvoir reprendre la main à tout moment.

Au Mondial de l’Auto, seuls Tesla et Xpeng font partie de ce programme baptisé Autonomous Lab.

Six Tesla Model 3 contre deux Xpeng L03

Tesla fera rouler six Model 3 équipées du FSD (Supervised), sa conduite supervisée. Selon la marque, le FSD a parcouru 100 millions de kilomètres dans les sept pays européens où il est autorisé. Elle annonce aussi un risque d’accident 4,1 fois plus faible qu’en conduite manuelle. Ce sont les chiffres que Tesla met en avant pour l’Europe, et l’organisateur du salon les reprend tels quels.

Les clients français, eux, n’ont toujours pas accès au FSD. En juillet, l’État a refusé de l’autoriser. Il a quand même accepté des essais avec deux voitures fournies par Elon Musk. Tesla a aussi précisé ce qui s’était dit entre Elon Musk et le ministre des Transports. De notre côté, on avait déjà essayé le FSD dans les rues de Paris.

Xpeng, lui, n’engage que deux L03. Ce SUV coupé a été présenté à Munich en juillet, et on le présente volontiers comme un rival de la Tesla Model Y. Les deux voitures roulent avec le NGP dans sa version VLA 2.0. Le système ne se sert que de caméras et n’a pas de lidar, ce capteur laser qui mesure les distances. Pour Xpeng, c’est la première fois que le NGP est proposé à l’essai à grande échelle en Europe.

Par contre, la voiture la plus mise en avant sur le stand ne participe pas aux essais. La G9L est un SUV de 5,12 mètres assemblé chez Magna à Graz, en Autriche. Elle fait sa première européenne ce lundi 12 octobre, et son prix sera annoncé dans la journée. Un exemplaire de pré-série a rejoint le salon par la route, après 1 324 kilomètres. Pour l’essai de conduite automatisée, il faudra pourtant monter dans une L03.

Pour aller plus loin
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Les essais partent du centre d’essais, porte H du hall 7.1, et durent environ 25 minutes. Pendant le trajet, la voiture doit repérer les piétons, freiner seule, rester dans sa voie, changer de voie et se garer. Si vous voulez essayer, réservez votre créneau sur le stand de la marque. Le centre d’essais est ouvert de 9 h 30 à 19 h 30. Au total, il propose plus de 5 000 créneaux sur environ 90 modèles de 20 marques, en comptant les essais classiques.

Deux systèmes qu’on ne peut pas acheter en France

Ni Tesla ni Xpeng n’ont le droit de vendre ces systèmes en France. Le NGP n’est d’ailleurs proposé à aucun client en Europe. Xpeng compte lancer VLA 2.0 en Europe en 2027 et vise une homologation au premier semestre.

Pour aller plus loin
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On aura l’occasion de le tester pendant le salon, pour le moment, Libération a testé la voiture de Xpeng dans la capitale. Le journal raconte un volant qui tourne tout seul, des piétons et des vélos évités, et presque aucune intervention humaine. Son titre reprend pourtant une autre phrase : « Ce qui est très difficile à gérer, c’est l’incivilité ».

Peugeot, Citroën, DS ou Škoda proposent des essais classiques au centre d’essais. Pourtant, aucun constructeur européen ne fait essayer de conduite automatisée au public. BYD non plus, alors que sa conduite autonome nous avait convaincus. Quant à Tesla, la marque a lancé aux États-Unis son Cybercab sans volant ni pédale. À Paris, elle ne montre que sa conduite supervisée.


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