Pourquoi le volant révolutionnaire de Toyota va justement être révolutionnaire… et faire oublier le yoke de Tesla

 

Lexus, marque du groupe Toyota, vient d'annoncer un retard concernant l'arrivée de son volant yoke sur les voitures électriques Lexus RZ et la Toyota bZ4X. Selon le constructeur, les ingénieurs ne rencontrent pas forcément de problème, mais ils veulent surtout que ce système soit parfait. Peut-être ont-ils aussi pris en compte les remarques concernant certains défauts constatés sur le yoke de la Tesla Model S.

Lexus RZ 450e
Source : Lexus

Hasard du calendrier, ou pas, Lexus a récemment présenté un volant similaire à celui de la nouvelle version de la Tesla Model S. Il s’agit d’un volant sans la partie supérieure, avec une forme assez particulière ressemblant à la commande d’un avion.

Ce hasard du calendrier nous rappelle également celui de la Lexus ES qui, fin 2018, alors qu’Audi allait lancer les premiers rétroviseurs caméras sur une voiture de série avec l’e-tron (devenu depuis peu Q8 e-tron), avait finalement coupé l’herbe sous le pied du constructeur d’Ingolstadt en présentant une technologie similaire sur sa berline.

Lexus ne veut pas reconduire les erreurs de Tesla

Cette fois-ci, Lexus n’a pas devancé Tesla, puisque son yoke a visiblement pris un certain retard dans sa conception comme l’explique le constructeur. Le retard ne serait pas dû à un problème concernant la forme du volant en elle-même, mais plutôt à des ajustements nécessaires concernant la direction.

En effet, le yoke, qui doit arriver sur le Lexus RZ (un volant plus classique sera aussi disponible), bénéficie d’un système Steer-by-wire, comme son cousin le Toyota bZ4X. Derrière ce nom compliqué se cache en fait une technologie de direction électrique fonctionnant grâce à des capteurs, sans aucun lien mécanique entre le volant et les roues. La vidéo de Lexus ci-dessous explique d’ailleurs plutôt bien cette technologie.

Pour la résumer succinctement, des capteurs envoient le signal numérique de l’angle du volant à un module permettant de faire tourner les roues. L’avantage, c’est qu’avec la forme du volant particulière, cette direction permet de ne pas dépasser un angle de 150 degrés, c’est-à-dire d’avoir moins d’un demi-tour de volant de butée à butée pour faire demi-tour. Un problème que Tesla n’a malheureusement pas forcément pris en compte avec son volant yoke, puisque les manœuvres sans le haut de volant sont parfois un peu compliquées. Le yoke de Tesla réclame environ 450 degrés (cinq quarts de tour) pour faire un demi-tour, soit 3 fois plus que le volant de Toyota / Lexus.

La direction de la Lexus offrira donc une sensation de précision, avec peu d’angle au volant pour tourner les roues. Précisons que l’angle dépend également de la vitesse : moins la voiture roule vite, et plus le volant fait tourner les roues de la voiture pour un angle similaire. À de hautes vitesses, c’est l’inverse, pour une meilleure stabilité et plus de précision.

Dans ce sens, un volant yoke a donc un peu plus d’intérêt, d’autant plus que celui de la firme japonaise semble plus ergonomique et mieux tenir entre les mains. Lexus n’a d’ailleurs pas reconduit l’idée de Tesla (qui s’est inspiré de Ferrari) de mettre les commandes de clignotants sur le volant. Un placement dont nous n’étions pas très convaincus lors de notre essai de la Tesla Model S Plaid. La firme japonaise a préféré conserver les comodos classiques.

Est-ce que ce système va bientôt équiper toutes nos voitures ?

Globalement, cette technologie Steer-by-wire n’a rien de révolutionnaire puisque certains modèles en sont équipés depuis plusieurs années. En Europe, il y a eu notamment feu Infiniti qui a commercialisé des voitures dotées de cette technologie, mais disons que la mise au point n’était pas parfaite avec du flou dans la direction et peu de remontées d’informations au volant. Le résultat, c’est qu’on ne savait jamais trop où l’on mettait les roues.

C’est d’ailleurs sur ce point que travaille Lexus et c’est aussi pourquoi le yoke du constructeur japonais aura du retard. Comme l’explique Yushi Higashiyama, l’assistant ingénieur en chef du projet, Lexus veut que son système soit parfait, mais il y a certains points à affiner. Il parle également d’une « technologie nouvelle et pionnière ». Avec un volant yoke et pour Lexus c’est effectivement le cas, mais comme énoncé plus haut, le système Steer-by-wire n’a rien de nouveau.

Est-ce que ce système va être amené à se démocratiser sur nos voitures de demain ? Certainement, surtout à l’heure où les constructeurs cherchent à faire des économies sur le poids de leur voiture. Remplacer une liaison mécanique par des capteurs, c’est évidemment gagner quelques précieux kilos sur la balance.

Cela aura aussi un intérêt sur les voitures sportives, où la précision dans la direction est un point essentiel du plaisir de conduire. Et ça tombe plutôt bien, Lexus a des idées concernant un avenir sportif et électrique, avec la remplaçante de l’iconique LFA qui devrait être électrique.

Dans tous les cas, la direction One Motion Grip n’est pas prévue pour tout de suite chez Lexus, puisque le constructeur évoque dans son communiqué de presse une introduction pour 2025 sur le RZ. Elle devrait aussi être adoptée sur le Toyota bZ4X.


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