Les 35 000 suppressions de poste n’ont pas suffi : Volkswagen continue sa réduction massive des coûts

 
Volkswagen maintient le cap de la réduction des coûts. Réuni à Berlin, le board du constructeur a confirmé sa stratégie drastique face à une industrie en pleine mutation. Entre compression des effectifs et restructuration, le constructeur cherche son second souffle.
L’usine de Zwickau // source : Volkswagen

Malgré quelques signaux encourageants ces derniers mois avec une hausse assez significative de ses ventes d’électriques en Europe, Volkswagen ne perd pas de vu ses objectifs de réduction de coûts. Oliver Blume ne tourne d’ailleurs pas autour du pot. Le PDG de Volkswagen a martelé son message lors de la réunion managériale de deux jours organisée dans la capitale allemande : l’heure est à la rigueur budgétaire, et elle le restera comme l’indique Reuters.

« Leadership, concentration et finances » forment désormais le triptyque sur lequel repose toute la stratégie du groupe pour l’année à venir.

La rhétorique officielle reste optimiste : Oliver Blume évoque un « avenir radieux » grâce aux marques et produits du groupe, mais on sent bien que le chemin sera semé d’embûches. Le directeur financier Arno Antlitz enfonce le clou avec une formule qui résume tout : « générer davantage de revenus avec moins de ressources ». En clair, faire plus avec moins. Un exercice d’équilibriste qui laisse songeur.

Le poids de la restructuration allemande

Difficile d’ignorer l’éléphant dans la pièce : l’accord arraché en décembre 2024 avec les syndicats allemands. 35 000 suppressions de postes d’ici 2030, ce n’est pas rien. Cette saignée massive témoigne globalement de l’ampleur de la tempête que traverse le constructeur de Wolfsburg. La concurrence chinoise, plus agressive que jamais sur les prix, et la transition électrique qui tarde à décoller forment un cocktail explosif.

Une Volkswagen ID.5 dans l’usine de Zwickau // Source : Volkswagen

Arno Antlitz détaille sa feuille de route : amélioration des marges sur les véhicules électriques, réduction significative des coûts fixes et d’usine, investissements ciblés dans les technologies d’avenir.

Sur le papier, tout semble cohérent. Dans les faits, on peut s’interroger sur la capacité du groupe à transformer ces intentions en résultats tangibles, surtout avec des équipes réduites à la portion congrue.

L’impératif de la conquête américaine

Le directeur financier du groupe Volkswagen pointe également du doigt la nécessité de renforcer la position du groupe aux États-Unis et hors d’Europe. Un aveu à peine voilé : Volkswagen dépend encore trop du Vieux Continent, un marché pour le moment très saturé et peu porteur.

La quête de synergies au sein du groupe et la réduction de la complexité organisationnelle apparaissent comme des prérequis indispensables.

Reste à savoir si cette politique du rabot permettra réellement à Volkswagen de retrouver sa superbe. Réduire les coûts, c’est une chose. Innover, séduire et conquérir de nouveaux marchés en en est une autre.

Volkswagen ID. ERA // Source : Auto Home

Pour cela, Volkswagen tente de nouvelles choses, notamment en Chine où, comme aux USA, le groupe veut retrouver de l’allant : lancement d’une « nouvelle marque » avec AUDI, processus de développement de certains modèles Volkswagen réduit à seulement quelques mois grâce à un nouveau centre de R&D en Chine ou encore l’arrivée de nouvelles technologies encore inédite au sein du groupe, dont les fameuses voitures électriques à prolongateur d’autonomie.


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