« Utiliser des usines communes » : comment le chinois Geely va se servir de Volvo en Europe

 
Afin de contrer les droits de douane en Europe, le groupe chinois Geely pourrait fabriquer ses voitures électriques dans les usines de Volvo. C’est ce que préconise le propriétaire de la marque suédoise, qui veut miser sur les sites sous-utilisés.
L’usine de Torslanda // Source : Volvo

Geely fait partie de ces constructeurs chinois qui veulent se faire une place sur le marché européen. À vrai dire, l’entreprise est déjà présente sur le continent à travers ses marques Volvo, Polestaret Lotus. Mais elle prévoit aussi de lancer sa propre marque éponyme, et ce dès le mois d’avril 2026 pour la France comme nous l’avions expliqué.

Sur le papier, l’idée n’est évidemment pas mauvaise, surtout que la concurrence est déjà bien installée. Cependant, le problème réside dans les droits de douane, appliqués par Bruxelles à toutes les voitures électriques produites en Chine.

Ce qui est le cas des autos de la marque Geely, qui seront donc concernées par cette punition fiscale. Mais voilà que le salut du constructeur pourrait venir de sa marque sœur, Volvo. C’est en effet ce qu’explique le site Automotive News Europe, qui relaie les propos de Li Shufu.

Il s’agit du propriétaire de Geely (donc de Volvo), qui a eu une idée pour échapper aux taxes d’importations. Évidemment, la solution est tout simplement de produire les autos en Europe. Mais construire une nouvelle usine prend du temps, et coûte très cher.

Geely E5 // Source : Geely

L’homme d’affaires propose une solution maligne : utiliser les sites de production de Volvo sur le Vieux Continent. Et ça tombe bien, car la firme suédoise est actuellement en train de construire un nouveau site en Slovaquie.

Ce dernier pourrait tout à fait être utilisé pour accueillir la production des voitures de Geely. C’est notamment ce que pense le PDG de Volvo, Hakan Samuelsson. Ce dernier déclare en effet que « nous ne pensons pas que les droits de douane actuels disparaîtront. Nous devons faire avec et utiliser des usines communes ».

Des usines sous-utilisées

L’idée serait en fait d’utiliser les usines qui sont actuellement en sous-capacité, afin de les rentabiliser. Car on le sait, un tel site nécessite de lourds investissements. Et avec la plus faible croissance pour la demande en voitures électriques, les chaînes d’assemblage peuvent parfois tourner au ralenti. Il s’agit d’une opportunité idéale pour Geely, qui est bien décidé à inonder le marché européen. Et ce alors qu’il veut désormais que seulement six mois s’écoulent entre le lancement d’une nouvelle auto en Chine et chez nous.

Pour cela, Volvo sera donc mis à contribution, comme l’indique Li Shufu. Ce dernier rappelle que « Geely n’est pas partisan de la simple production de voitures en Chine suivie de leur exportation vers l’Europe ; ce n’est pas la bonne méthode ». Il explique que « nous croyons plutôt à une production locale en Europe ». Outre l’usine située en Slovaquie, l’entreprise suédoise possède aussi d’autres sites sur le Vieux Continent. On pense notamment à celui situé à Torslanda, en Suède.

Volvo EX60 // Source : Volvo

Mais ce dernier tourne actuellement à plein régime, à tel point que le constructeur envisage même d’accroître la cadence. Et ce alors que les commandes sont déjà très nombreuses pour le nouvel EX60, dont la commercialisation n’a démarré qu’au mois de janvier 2026. En Suède, ce ne sont déjà pas moins de 3 000 exemplaires qui ont été vendus. Et globalement, les premiers résultats dépassent les objectifs. Comment Geely va-t-il pouvoir trouver sa place ? Pour l’heure, rien n’a encore été officiellement annoncé.


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