
Les VPN gratuits traînent une réputation tenace : quelques gigaoctets par mois, de la publicité et une politique de confidentialité souvent floue. Avast, l’éditeur tchèque de l’antivirus gratuit du même nom, le dit lui-même par la voix de son patron
Richard Watts : « Les VPN gratuits ont conditionné les utilisateurs à toujours s’attendre à une contrepartie ».
C’est pourquoi la firme présente une nouvelle offre en France avec Avast VPN. Elle promet un service gratuit, sans plafond de données ni publicité et « sans compromis ». Aucune carte bancaire n’est demandée à l’inscription et un seul compte couvre autant d’appareils Windows, Mac, iOS ou Android qu’on veut.
Avast change là de politique : son VPN SecureLine n’avait jusqu’ici aucune version gratuite permanente, seulement un essai de 60 jours avec moyen de paiement obligatoire et passage automatique à un abonnement annuel. Seule la suite gratuite Avast One intégrait un VPN bridé à 5 Go par semaine et à un seul emplacement.
Pour rappel, un VPN fait passer toute la connexion par un tunnel chiffré jusqu’à un serveur distant. Le fournisseur d’accès ou le Wi-Fi public d’une gare ne voient plus les sites consultés, et ces sites voient l’adresse du serveur à la place de la vôtre. Pour construire ce tunnel, Avast VPN utilise WireGuard, un protocole récent et open source que les VPN payants emploient aussi. L’application intègre un kill switch, qui coupe Internet si le VPN décroche afin qu’aucune donnée n’apparaisse en clair. À cela s’ajoute une protection contre les fuites DNS, ces requêtes qui traduisent le nom d’un site en adresse et qui peuvent trahir votre navigation si elles sortent du tunnel.
Trois emplacements au choix, et l’offre payante en embuscade
L’annonce paraît presque trop belle, mais Avast VPN a ses limites. Les utilisateurs gratuits choisissent trois emplacements de serveurs dans un réseau qui couvre 40 pays. La version payante, en comparaison, revendique 103 pays et plus de 140 emplacements. Avast ne s’en cache pas : ceux « qui souhaitent bénéficier de fonctionnalités supplémentaires, comme l’accès à un plus grand nombre de serveurs ou des options avancées de confidentialité et de protection de la vie privée, peuvent choisir de passer à l’offre supérieure, selon leurs besoins ».
L’offre payante est facturée 11,99 euros par mois ou 99,99 euros par an.
Côté vitesse, la version gratuite d’Avast VPN n’est pas la plus rapide. Lors d’un court essai avec un emplacement similaire aux États-Unis, connecté depuis le même smartphone au Wi-Fi de nos locaux dans Paris, nous avons obtenu de meilleurs débits avec Proton VPN sur le speedtest d’Ookla.
| Avast VPN | Proton VPN | |
| Ping (ms) | 146 | 94 |
| Descendant (Mb/s) | 69,3 | 90,8 |
| Ascendant (Mb/s) | 41,7 | 85,1 |
Avast traîne aussi un passif sur les données personnelles. De 2014 à 2020, sa filiale Jumpshot a revendu l’historique de navigation collecté par l’antivirus et ses extensions de navigateur à plus de 100 entreprises, dont des courtiers en données, selon la FTC, l’autorité américaine de protection des consommateurs. En 2024, le gendarme a interdit à Avast de vendre ces données à des fins publicitaires et Avast a écopé d’une amende de 16,5 millions de dollars. Le VPN n’était pas en cause, et Avast a fermé Jumpshot en janvier 2020.
Pour son nouveau VPN, Avast promet une politique dite no-logs, c’est-à-dire qu’il s’engage à ne garder aucune trace de l’activité de ses utilisateurs, et donc à ne rien en vendre. Un audit indépendant du cabinet VerSprite doit vérifier cette politique chaque année.
Avast VPN est disponible dès ce mercredi en France sur Windows, Mac, iOS et Android, sans abonnement à résilier. D’ici le premier rapport de VerSprite, attendu ce mois-ci, la promesse no-logs ne repose que sur la parole d’Avast.
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