Elon Musk promettait une révolution : pourquoi Tesla abandonne son Solar Roof

 
Sur le papier, le Solar Roof devait révolutionner le toit solaire. Mais dans les faits, ces tuiles photovoltaïques de Tesla n’ont jamais rencontré le succès espéré. Des ventes très inférieures aux objectifs, des coûts de production élevés et des problèmes techniques ont progressivement fragilisé le produit, qui a fini par être abandonné.
Source : Tesla

Il semblerait que ce soit la fin pour les tuiles solaires Solar Roof de Tesla, dix ans après leur apparition. Aucune annonce officielle n’a été faite, mais le site spécialisé Electrek a rapporté le 20 août 2026 que Tesla avait prévenu ses installateurs certifiés que les tuiles n’étaient plus disponibles à la commande

Une source proche du programme évoquant un produit jugé « pas économiquement viable ». Les pages qui lui étaient consacrées ont été discrètement redirigées vers les autres solutions énergétiques de la marque.

Des ventes très loin des ambitions initiales

Peut-être trop ambitieux, Tesla n’est jamais parvenu à atteindre ses objectifs de ventes pour ses tuiles solaires. En 2019, l’entreprise annonçait vouloir atteindre un rythme de 1 000 installations par semaine, mais les résultats ont finalement été très loin de ces prévisions.

En 2022, selon TechCrunch, Tesla installait seulement entre 20 et 40 systèmes par semaine, soit à peine 4 % de l’objectif initial. D’après un rapport du cabinet d’analyse Wood Mackenzie, le toit solaire de Tesla ne représentait que 0,17 % de la capacité solaire résidentielle installée cette année-là.

Le chiffre qui résume tout l’échec tient en un nombre : selon le cabinet Wood Mackenzie, Tesla n’a posé qu’environ 3 000 toits solaires aux États-Unis entre 2016 et début 2023, pour une capacité totale de près de 30 mégawatts. En clair, un produit pensé pour équiper un millier de foyers chaque semaine en aura installé à peine 3 000 en sept ans.

Ces faibles volumes empêchaient surtout Tesla de produire à plus grande échelle et de faire suffisamment baisser ses coûts de production. Contrairement aux panneaux photovoltaïques classiques fabriqués dans des formats standards, le Solar Roof repose sur des composants spécifiques intégrés directement à la toiture. Tesla devait donc investir dans des équipements adaptés à leur fabrication.

Or, lorsque les volumes produits restent faibles, les coûts unitaires deviennent logiquement plus élevés. L’entreprise se retrouvait ainsi dans un cercle vicieux : les coûts de production élevés entraînaient des prix élevés, qui freinaient ensuite les ventes. Un problème d’autant plus difficile à surmonter que dans le même temps, le prix des panneaux photovoltaïques conventionnels chutait fortement.

Le Solar Roof était, certes, présenté comme une solution haut de gamme, mais certains devis atteignaient tout de même des montants exorbitants. Des clients ont rapporté avoir reçu des devis pouvant aller jusqu’à 200 000 dollars (environ 185 000 euros) pour l’installation d’un toit solaire.

Les tuiles solaires de Tesla // Source : Tesla

Une technologie encore confrontée à des problèmes techniques

Au fil des installations, des clients ont également rapporté plusieurs problèmes techniques. Certains propriétaires ont notamment évoqué une déformation des tuiles sous l’effet de la chaleur.

Les panneaux photovoltaïques classiques sont généralement installés quelques centimètres au-dessus de la toiture, ce qui laisse un espace permettant à l’air de circuler sous les modules et de favoriser leur refroidissement. Les tuiles solaires, en revanche, sont directement intégrées à la couverture du bâtiment. L’espace disponible pour la circulation de l’air est donc beaucoup plus limité.

Cette configuration peut favoriser l’accumulation de chaleur, entraînant la dilatation des matériaux qui entourent les cellules photovoltaïques. Cela pourrait contribuer à certaines déformations rapportées par des propriétaires.

D’autres clients ont également signalé une production d’électricité inférieure à leurs prévisions. La température pourrait aussi être l’un des facteurs en cause, même si elle ne permet pas à elle seule d’expliquer tous les cas de sous-production rapportés.

Tesla ne renonce pas pour autant à l’énergie solaire. Après cet échec du Solar Roof, l’entreprise continue de commercialiser des panneaux photovoltaïques classiques. Elle reste également présente sur le marché du stockage d’énergie, avec ses batteries Megapack destinées aux installations à grande échelle et ses systèmes résidentiels Powerwall, qui sont désormais proposés à la location au Texas.

Pour les quelque 3 000 foyers déjà équipés, l’arrêt ne change rien dans l’immédiat : Tesla assure qu’il honorera la garantie de 25 ans des installations existantes et continuera de fournir des pièces de rechange, la couverture se transmettant même en cas de revente du logement. La vraie inconnue porte sur le long terme, car plusieurs installateurs certifiés doutent de la disponibilité des pièces et redoutent des coûts de réparation élevés pour un produit désormais abandonné.


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