« Je regrette de ne pas m’y être mis plus tôt » : pourquoi Léo est passé au vélo cargo électrique il y a 3 ans

 

Voilà maintenant trois ans que Léo utilise son vélo cargo électrique — un biporteur plus précisément — de manière quotidienne et intensive. Lui qui aime « les belles bagnoles » a pourtant franchi le cap à la naissance de sa fille. Témoignage.

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Source : Clément Fouillet pour Frandroid

Le vélo cargo électrique a le vent en poupe depuis l’ère post Covid-19. Les longtails, biporteurs et triporteurs se sont développés à vitesse grand V pour répondre à une demande grandissante. En témoignent les chiffres de vente 2022, en hausse de 96 % pour atteindre 33 000 modèles. En 2023, les chiffres ont stagné.

Frandroid a rencontré un utilisateur chevronné de cargo électrique : Léo, 34 ans, en possession d’un biporteur Douze Cycles qu’il utilise intensivement depuis 3 ans. L’occasion d’échanger avec lui, pour mieux comprendre ce choix radical et sa nouvelle manière de se déplacer.

« En réalité, le cargo m’a toujours un peu titillé »

Résident à Neuilly-Plaisance, Léo doit faire quotidiennement douze kilomètres pour rejoindre son lieu de travail. Face à cette contrainte, l’intéressé se pose rapidement la question suivante : la voiture est-elle pertinente sur de courtes distances comme celles-ci, lui qui utilisait neuf fois sur dix une voiture pour les trajets de moins de 20 km, surtout en ville.

Devant le coût global de sa voiture, et les difficultés de stationnement, notre interlocuteur est vite passé dans un premier temps au vélo classique pour réaliser ses trajets quotidiens. Un premier pas vers un futur cargo électrique. Le point de bascule est intervenu à la naissance de sa fille.

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Source : Le Douze Cycles, rebrandé sous la marque Toyota

« En réalité, le cargo m’a toujours un peu titillé, mais au vu de l’investissement financier que cela représentait, je n’avais pas vraiment de raison valable d’investir à l’époque, puisque je n’étais pas encore papa ». L’arrivée d’une première progéniture impose de nouvelles contraintes en matière de déplacement. À cela, de nouvelles solutions s’imposent.

Pour franchir le cap du vélo cargo, Léo y est allé par étapes. À commencer par un vélo cargo d’une collègue de travail, en possession d’un biporteur Douze Cycles. « La direction par câble [qui permet de tourner la roue avant de 75° à gauche comme à droite, ndlr] m’a tout de suite séduit, car cela apporte un grand rayon de braquage et donc une bonne maniabilité au quotidien », avait-il agréablement constaté.

Des avantages financiers

C’est à moment là qu’il découvre le nouveau dispositif « Véligo », porté par Île-de-France Mobilités, et permettant de louer un vélo cargo (notamment des biporteurs de la marque Douze Cycle), pour une durée allant jusqu’à 3 mois. Il profite de cette opportunité pour réaliser ses trajets quotidiens en biporteur, dans l’idée d’un éventuel achat si cet essai s’avérait concluant. Ce fut le cas.

Après trois ans d’usage intensif, aucun regret ne ressort de notre entrevue. Au contraire, l’utilisateur d’un biporteur électrique apporte bien des avantages dans le quotidien de Léo. À commencer par des avantages financiers. « Les coûts d’assurance, d’essence et d’entretien d’une voiture sont sans commune mesure comparés au vélo cargo électrique ».

À l’année, « je ne change que trois à quatre fois les plaquettes de frein, moi-même », et ce en raison des nombreux freinages intensifs effectués. « Au total, j’estime mon coût d’entretien annuel à environ 150 euros ».

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Source : Clément Fouillet, pour Frandroid

Il n’empêche, l’investissement dans un Douze Cycle reste conséquent. « Je l’ai acheté 6000 euros dans l’une des boutiques du réseau Cyclable. Pour le financer, j’ai dû contracter un crédit sur trois ans ». Bonne nouvelle : Léo a aussi bénéficié d’aides financières municipales, à savoir 600 euros pour l’achat d’un cargo électrique.

Avec le recul, je pense que ça me revient moins cher d’acheter un cargo et de louer une voiture quand j’en ai besoin, plus que d’en posséder une toute l’année et d’en être dépendant au quotidien.

Léo a également investi dans divers équipements pour améliorer la sécurité et le confort de son bolide, à commencer par le système de freins qu’il a remplacé par une gamme conçue à la base pour VTT. « Ce sont des freins qui chauffent beaucoup moins en descente, notamment lorsque la caisse est chargée ».

De la même manière, pour effectuer ses 24 kilomètres quotidiens, notre cycliste du jour a ajouté des pédales dites « auto ». « Les semelles de la chaussure se clipsent aux pédales, ce qui permet aux jambes d’avoir une poussée efficace et sans dérapages », nous explique-t-il.

Enfin, pour plus de confort, Léo a « ajouté une tige de selle suspendue qui gomme les imperfections de la route au passage de la roue arrière dans les nids de poule ».

« Le bénéfice se fait ressentir assez rapidement »

Dans l’optique de braver toutes les conditions météorologiques possibles, Léo s’est aussi équipé en vêtement pluie. « Lorsqu’on a un équipement dédié, ce n’est plus vraiment un problème. Pour une centaine d’euros, on peut s’équiper contre la pluie et le froid chez Decathlon », explique Léo.

Ce qui est aussi intéressant, c’est l’impact qu’a le vélo électrique sur l’état d’esprit de Léo. « Ça fait faire du sport au quotidien, et le bénéfice se fait ressentir assez rapidement ». Même son de cloche chez sa fille : « Elle adore et ce, malgré le fait que le trajet pour aller à l’école soit assez court. Elle est toujours contente ! ».

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Source : Clément Fouillet pour Frandroid

Pourtant, les réactions de son entourage n’ont pas toujours été tolérantes. Léo a vite été catalogué au rang des écolos, voire comme étant pro-Hidalgo, la maire de Marie qui mène une politique locale très axée sur le vélo. Amusé par ce cliché, Léo aime pourtant « les belles bagnoles, et les faire rouler à de rares occasions le week-end ». Et d’ajouter : « Mais je compense toute l’année en roulant à vélo ! »

Devant cette multimodalité qu’il pratique dans son quotidien, notre interlocuteur a même été confronté à des questions parfois lunaires : « Mais, contre qui es-tu Léo ? ». Un non sens selon lui : « il n’y a pas de meilleur moyen de transport, mais seulement des usages à adapter selon les situations ».

« Je ne suis ni cycliste, ni motard et encore moins automobiliste, mais tout ça à la fois »

En plus de stocker un vélo cargo dans son garage, Léo abrite également une moto qu’il n’utilise que « lorsque [son] travail [lui] impose de faire des rendez-vous plus loin ». Finalement, « je ne suis ni cycliste, ni motard et encore moins automobiliste, mais tout ça à la fois, à chaque instant, en plus d’être un piéton ».

Le gros avantage d’un vélo électrique, c’est bien évidemment sa capacité à vous propulser, quelle que soit la situation grâce à l’assistance. Il faut le dire : en côte, elle est d’une aide considérable. « J’habite un secteur très vallonné, qu’on appelle communément ‘le plateau de Neuilly-Plaisance’. Malgré des côtes d’environ 7 %, le moteur Brose du vélo me donne l’impression d’avoir la force des jambes démultipliée ».

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Source : Clément Fouillet pour Frandroid

Déplacements professionnels, déplacement en famille : Léo ne lésine pas sur son usage. Mieux, il élargit le champ des possibles en embrassant pleinement le potentiel d’un vélo cargo. « Je me souviens encore de la première fois où je suis allé récupérer mes courses au drive, ou encore du jour où je me suis rendu à la déchèterie avec la benne du cargo remplie de gravats », se remémore-t-il.

Un agent lui avait alors lancé : « En 20 ans de carrière, je n’ai jamais vu ça ici ». Léo concède même avoir un jour fait monter trois adultes dans la caisse de son cargo, sans avoir à constater le moindre problème.

« Mon seul regret, c’est juste de ne pas l’avoir fait plus tôt ! »

Évidemment, l’achat d’un tel engin nécessite d’avoir un lieu de stockage spacieux et sécurisé. « J’ai la chance d’avoir un garage, et au travail, une place de stationnement voiture qui a été aménagée spécialement pour les vélos ». Avec un déménagement sous peu, Léo nous confie d’ailleurs que le stockage du vélo est devenu un critère de choix pour son futur logement.

Nous clôturons cette entrevue avec une seule question : si c’était à refaire, qu’est-ce que vous feriez différemment ? « Mon seul regret, c’est juste de ne pas l’avoir fait plus tôt ! »


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