La voiture électrique à 100 euros par mois promise par le gouvernement : pourquoi vous allez être déçus

Ni une Citroën Ami

 

Si le gouvernement souhaite rendre disponible la location de voiture électrique à 100 euros par mois (le fameux leasing social) dès le mois de novembre, il se heurte à quelques difficultés. En cause, le prix élevé des voitures électriques, ainsi que l'obligation pour celles-ci d'être produites en Europe.

Au cours des dernières années, le gouvernement a multiplié les promesses, notamment dans le domaine de la mobilité et de la voiture électrique. Crédit à taux zéro, implantation de 100 000 bornes de recharge d’ici à la fin de l’année 2021 ou encore leasing social. Or, le bilan n’est pour l’instant pas très bon, puisqu’aucune de ces promesses n’a été tenue pour le moment. Certes, le nombre de points de charge augmente doucement, mais l’objectif est loin d’être atteint. Et ce n’est pas tout.

De nombreux obstacles

Quid de la location à 100 euros par mois pour l’achat d’une voiture électrique ? Alors que l’Union européenne a voté en faveur de l’interdiction de la vente de véhicules thermiques à partir de 2035, le projet est toujours au point mort. En parallèle, les immatriculations de modèles électriques progressent, au point d’avoir dépassé celles des diesel en fin d’année dernière.

Annoncé en octobre 2022 lors du Mondial de Paris par Emmanuel Macron, ce leasing social avait fait à nouveau parler de lui en février dernier. À ce moment-là, le gouvernement annonçait que les premières réservations n’ouvriraient pas avant la fin de l’année. Aujourd’hui, on commence à en savoir un peu plus sur ce projet, qui devrait entrer en vigueur au mois de novembre prochain, comme le rapporte le site Challenges.

2019 – Essais presse Nouvelle Renault ZOE en Sardaigne

Les premières réservations devraient quant à elles débuter dans la première partie de l’année 2024. Mais ça, c’est en théorie. Car dans la pratique, la situation est bien différente et plutôt préoccupante. En effet, le gouvernement se frotte à de nombreux obstacles dans la mise en place de cette mesure, qui a pour but d’aider les Français les plus modestes à passer à l’électrique. Et l’un des principaux problèmes reste le prix élevé des voitures.

En effet, les modèles électriques coûtent encore très cher par rapport à leurs équivalents thermiques, même s’ils sont ensuite généralement moins chers à l’usage. Le seul véhicule qui pourrait être compatible avec le projet du gouvernement serait la Dacia Spring, puisque le constructeur propose déjà une offre de leasing à 120 euros par mois. Mais ce n’est pas aussi simple que ça, car un autre problème se pose.

Quid de la production ?

En effet, l’État souhaite également réserver cette offre de financement uniquement aux voitures fabriquées en Europe. Sauf que la citadine low-cost est quant à elle assemblée en Chine et ne serait donc pas éligible à ce programme. Elle pourrait également un jour être privée de bonus écologique pour la même raison, comme les MG4 et autres Tesla Model 3.

La Renault Zoé pourrait constituer une bonne alternative sur le papier, car elle est assemblée en France. Sauf qu’elle coûte très cher, avec un loyer mensuel de 263 euros en LDD 37 mois avec un apport de 7 500 euros, bonus écologique déduit… Le gouvernement pourrait également envisager d’ouvrir ce programme aux voitures d’occasion. Sauf que seules les autos âgées pourraient être réellement intéressantes, en raison là encore de leur prix élevé à l’achat et de leur faible décote au fil des années.

MG4 // Source : Marie Lizak pour Frandroid

Autre difficulté relatée par Challenges, la faible disponibilité des voitures. En effet, le nombre de véhicules d’occasion n’est pas infini, d’autant plus que la demande est actuellement plus forte que l’offre, ce qui a en plus pour effet de faire grimper les prix. La solution serait alors de préempter les flottes d’entreprises publiques pour fournir des voitures de seconde main reconditionnées. Ce qui permettrait de donner une seconde vie à ces autos et de limiter le risque de pénurie de batteries en réduisant la fabrication de véhicules neufs.

L’un des leviers que le gouvernement pourrait activer serait également celui des quadricycles légers, comme les Citroën Ami, Microlino Lite et autres Ligier Myli. Cette dernière pourrait notamment être éligible, car elle est fabriquée en France, ce qui n’est pas le cas de la citadine aux chevrons. D’autant plus que l’Union européenne a dévoilé une série de mesures visant à sauvegarder son industrie, en réponse à l’Inflation Reduction Act aux États-Unis.

Enfin, une autre piste sérieusement envisagée est le rétrofit : le fait de transformer une voiture thermique d’occasion en une voiture électrique. Cela se fait en changeant le moteur et en installant une batterie. Il pourrait alors s’agir de Renault Kangoo, Citroën Berlingo, Peugeot 207, Citroën C3 et Renault Clio III. Une entreprise du secteur a été démarché par le gouvernement dans ce cadre.

Rendez-vous plus tard dans l’année pour en savoir plus sur ce leasing social à 100 euros par mois, qui est une bonne idée sur le papier, mais un casse-tête à réaliser.


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