Renault l’a fait, Volkswagen aussi : Stellantis adopte à son tour les batteries LFP sur « de nombreux modèles » de voitures électriques

 
Après avoir surtout misé sur la chimie NMC, Stellantis revoit sa stratégie. Dès 2027, le groupe franco-italo-américain veut équiper une grande partie de ses nouvelles voitures électriques de batteries LFP, bien moins coûteuses.
Batterie de la Fiat 500e

Sur une voiture électrique, la batterie est l’un des éléments les plus importants. C’est elle qui conditionne les performances, l’autonomie ainsi que le temps de charge. Mais surtout, le prix. Car l’accumulateur représente environ 40 % du coût total d’une auto zéro émission (à l’échappement). Autant dire que les constructeurs ont tout intérêt à choisir les batteries les moins chères possible. C’est justement ce que fait le groupe Stellantis, qui change de stratégie.

Jusqu’à présent, la firme franco-italo-américaine misait majoritairement sur la chimie NMC (nickel – manganèse – cobalt). Cette chimie offre une plus grande densité énergétique, et donc une autonomie plus généreuse. Le souci, c’est qu’elle coûte plus cher que le LFP (lithium – fer – phosphate).

Le groupe optait pour cette deuxième technologie sur ses autos les moins chères, comme la Citroën ë-C3 ou la Fiat Grande Panda. Mais désormais, cela va changer, comme l’a confirmé le PDG de Stellantis, Antonio Filosa.

Fiat Grande Panda // Source : Marie Lizak pour Frandroid

Lors de la présentation des résultats financiers du groupe pour le troisième trimestre, le mercredi 28 octobre 2026, l’homme d’affaires a officialisé ce virage. Il a indiqué vouloir généraliser la technologie LFP sur une grande partie de sa gamme européenne à partir de 2027, comme le détaille Numerama.

L’objectif est de réduire nettement le coût de ses voitures électriques, en parallèle du lancement de la nouvelle plateforme multi-énergie STLA One étrennée par la future Peugeot E-208.

Pour le client, le passage au LFP n’est pas neutre. En plus d’une densité énergétique moindre, cette chimie supporte moins bien le froid, qui ralentit la recharge et rogne l’autonomie en hiver. En contrepartie, elle est plus stable thermiquement et tolère une charge quotidienne à 100 % sans s’user plus vite, ce qui compte surtout sur les petites batteries des citadines.

Des prix en baisse ?

Le but de cette nouvelle stratégie est double pour l’entreprise. D’abord, elle va lui permettre de réaliser des économies significatives, même si le montant exact n’a pas été communiqué. Antonio Filosa les qualifie simplement de « substantielles ». Ensuite, ces économies pourraient permettre de baisser les prix, même si le groupe n’a annoncé aucune baisse chiffrée. La guerre des prix fait rage, avec des constructeurs chinois qui cassent les tarifs sur le marché.

Stellantis n’est pas le seul à opter pour cette chimie sur ses voitures électriques : c’est aussi le cas de Volkswagen, qui accélère sur le LFP en renforçant son partenariat avec la firme chinoise Gotion, sans oublier Renault, dont les Twingo, R5, Mégane et Scénic disposent déjà de batteries LFP.

Crédit : Fiat

Mais quel sera le premier modèle de Stellantis à y avoir droit ? La Fiat 500 électrique, comme l’avait annoncé dès la mi-juillet Emanuele Cappellano, patron de Stellantis en Europe. Vendue à partir de 23 900 euros en France avec 190 km d’autonomie, la citadine doit voir son prix d’appel baisser en 2027 grâce à sa batterie moins chère, mais le groupe n’a avancé aucun chiffre.

Et ce, alors que ses ventes sont au plus bas depuis des années, à cause justement de son prix trop élevé. « De nombreux modèles » auront aussi droit à ces batteries LFP à partir de 2027, mais Antonio Filosa n’a pas précisé lesquels. Ce sera sans doute le cas de la future Peugeot e-208, qui sera la première en 2027 à reposer sur la nouvelle plateforme STLA One.

Source : Citroën

Pour alimenter ce nouveau flux, Stellantis construit justement une usine de batteries LFP en Espagne, co-détenue avec le chinois CATL à Saragosse, dont la production doit démarrer fin 2026, pour une capacité de 50 GWh par an à terme.

Reste que lors de cette présentation, Antonio Filosa n’a annoncé aucune baisse de tarif pour les clients. Or la branche européenne de Stellantis a perdu 311 millions d’euros (en résultat opérationnel courant) au troisième trimestre 2026, malgré des livraisons en hausse de 10 %. Les économies réalisées sur les batteries pourraient donc d’abord servir à redresser les marges. Le prix de la Fiat 500e à batterie LFP, attendu en 2027, donnera une première réponse.


Abonnez-vous à la newsletter Watt Else de Numerama et Survoltés ! Vous y retrouverez nos actus, tests et dossiers sur la mobilité électrique.

Pour nous soutenir gratuitement, dites simplement à Google d’ajouter Frandroid à vos sources préférées en cliquant ici.

Recherche IA boostée par
Perplexity