Alors que Huawei a été banni de toute forme d’échange avec les entreprises américaines, la question du ralentissement du déploiement de la 5G obsède. Pour Qualcomm, cela n’aura pas d’impact.

La 5G arrive, mais son déploiement tarde en France et dans certains pays européens. Observant la lutte entre Huawei et le gouvernement américain, de nombreux observateurs ont commencé à s’inquiéter d’un ralentissement du déploiement de la technologie réseau suite à ces problèmes.

Est-ce que cela sera vraiment le cas ? Qualcomm mise énormément sur la technologie réseau, et nous a invités dans son campus pour en voir les dernières évolutions. Nous avons pu nous entretenir avec Dino Flore, vice-président des technologies au sein de l’entreprise américaine, pour en discuter.

Pas de Huawei pour la 5G ? Pas de problème pour Qualcomm

Huawei est un des plus grands fournisseurs d’infrastructure réseau au monde, en plus d’être un constructeur de smartphone bien sûr. Aussi, ce problème est « non négligeable » pour l’homme d’affaires bien entendu.

Sur le plan des smartphones, Dino Flore ne s’attend pas à de grands changements et argumente qu’il n’y « aura pas d’impact » et que « les parts de marchés iront seulement à quelqu’un d’autre ».

Sur le plan réseau, par contre, la situation est « plus délicate » puisque « de nombreux opérateurs ont investi sur Huawei au fil des ans ». Pour autant, la situation « n’a pas d’impact pour l’instant ». Qualcomm n’a pas vraiment de plan pour le moment : « nous observons les choses, ça reste un grand point d’interrogation ».

La décision du gouvernement Trump risque évidemment d’avoir d’énormes répercussions sur le déploiement de la 5G, ce qui est un grand focus pour l’entreprise américaine : « nous voulons que la 5G se déploie très rapidement, n’importe quel ralentissement n’est pas bon ».

Ceci étant dit, Dino Flore reste confiant. « Est-ce que je pense que c’est tragique ? Non. […] Cela peut être réglé, d’une manière ou d’une autre ».

Qualcomm reste tout de même dans le cadre légal, au pied de la lettre : « nous suivons l’administration américaine et ne cherchons pas de feintes ». Aussi, contrairement à Google ou encore Microsoft, l’entreprise américaine n’a pas cherché à changer la décision du gouvernement Trump. Elle a simplement continué ses tests d’interopérabilité dans le cadre strictement légal du sursis, sans autre forme de procès.

Reste cependant à voir s’il n’y aura effectivement pas d’impact sur le déploiement de la 5G. En France, la question principale reste le cadre légal de la répartition des fréquences, mais les équipements Huawei risquent également de manquer lorsque le déploiement commencera. Nous observerons donc nous aussi la situation avec attention.

5G : quatre grandes étapes du déploiement réseau à partir de 2019