Le Samsung Galaxy S8 est désormais officiel et marque une véritable rupture dans le design de la marque. Retour sur sept ans d’évolution de design.

À l’occasion d’un évènement en grande pompe organisé à New York, Samsung a officialisé son Galaxy S8. Pour ce nouveau flagship, le constructeur sud-coréen a pris tous les risques et mise sur un design novateur. Samsung veut « repousser les limites« , « déballer nos téléphones » (de leur coque), et promet un « affichage infini« .

Pour cela, le nouveau fleuron de la marque intègre un écran borderless et incurvé sur les côtés. Au final, la quasi-totalité de la face avant du Galaxy S8 est recouverte par son écran, ne laissant qu’un fin rebord sur le haut et le bas du terminal. En faisant cela, il trahit en quelque sorte l’essence même de la gamme Galaxy S qui a vu le jour en 2010. Est-ce une bonne chose ?

Les prémices, le Galaxy S

Lancé en juin 2010, le Galaxy S était une réponse sous Android à l’iPhone d’Apple (et plus précisément à l’iPhone 3GS de 2009). Il en reprend d’ailleurs un peu les codes avec son design en plastique rectangulaire, mais un peu bombé à l’arrière, ses coins arrondis et son bouton en façade. 

À l’époque, son écran AMOLED de 4 pouces d’une définition folle de 480 x 800 pixels était une véritable petite merveille et d’une solidité à toute épreuve. Ceux qui l’ont eu se rappellent peut-être avoir tapoté dessus avec un objet pointu, une clé ou une bague devant un utilisateur d’iPhone pour leur montrer la supériorité de cette dalle par rapport à la fragilité de l’iPhone de l’époque.

Aujourd’hui, sa petite taille, ses finitions peu soignées et ses bordures immenses lui donnent un air de jouet, mais il faut avouer qu’à l’époque où beaucoup avaient encore un feature phone ou au mieux un appareil doté d’un écran tactile résistif à manipuler de préférence avec un stylet à bout caoutchouteux, le Galaxy S était un véritable petit bijou. Puis est arrivé l’iPhone 4 et sa classe qu’on lui connait (et qui lui a causé quelques troubles pour capter, mais c’est là une autre histoire sur laquelle nous reviendront peut-être un jour), donnant un coup de vieux au Galaxy S.

Quoi qu’il en soit, le Galaxy S a marqué les esprits des technophiles de l’époque et a permis à Samsung de donner ses lettres de noblesse à sa gamme « Galaxy » qui peinait alors à faire valoir ses avantages face notamment à l’iPhone et aux Sony Ericson (X2, X10…).

Le vrai départ, le Galaxy S II

Puis en mai 2011 est arrivé son successeur, le Galaxy S II, considéré par beaucoup comme l’une des meilleures réussites de la marque. Il conserve la même définition d’écran, mais ce dernier gagne en taille et passe à 4,3 pouces environ (gigantesque pour l’époque). Il se veut plus plat que son prédécesseur, à l’exception de son bourrelet situé au bas de son dos. Il se repositionne alors en concurrent de l’iPhone 4 avec un design plus fin et plus moderne.

Ses bords latéraux deviennent également un peu plus fins, notamment grâce à l’absence du contour métallique remontant allègrement sur la face avant du téléphone. Son bouton principal est également un peu plus fin et allongé, présageant des futures modifications qui lui seront apportées.

Ici, Samsung continue d’utiliser ses finitions en plastique bordées par un cadre métallique, ce qui rend le Galaxy S II plutôt résistant et donne accès à sa batterie, deux avantages qui seront loués pendant longtemps par les consommateurs.

Samsung a néanmoins trouvé son rythme de croisière ici et arrive à consolider à la fois sa réputation et sa clientèle qui voit en lui une bonne alternative à Apple et son iPhone dans le monde libre qu’est Android, d’autant que la marque jouit également d’une bonne image dans d’autres domaines parallèlement à cela, comme celui de la télévision.

 

Le Galaxy S III, la goutte d’eau…

Un an plus tard, en mai 2012, arrive le Galaxy S III, inaugurant une nouvelle génération d’appareils. Fini les formats très rectangulaires, l’heure est désormais aux arrondis pour un format plus « nature ». Le marque mise d’ailleurs là-dessus jusque dans son interface dont le fond d’écran par défaut est une fleur (un pissenlit) et dont les sons reprennent des bruits plus naturels (goutte d’eau, sifflement d’oiseau…).

Le design du téléphone lui-même est quant à lui baptisé « pebble » pour sa ressemblance avec un galet formé par la mer. Ses bords sont émoussés, et son dos légèrement bombé. Il se veut plus agréable en main et sous le doigt et même son bouton home est plus fin est plus arrondi pour adopter une forme plus oblongue que rectangulaire.

Mais ces efforts ne sont alors pas suffisants et malgré un succès indéniable, le Galaxy S III connait quelques critiques. La faute à un plastique jugé « cheap » (de mauvaise facture) à une époque où il s’affiche sur les étales des opérateurs aux côtés des iPhone 4s, puis 5, ou encore du HTC One X, dont la coque en polycarbonate donne une impression de solidité bien au-dessus de celle du Galaxy S III.

Le manque d’innovation de Samsung se sent également sur l’ensemble de sa gamme. Alors que beaucoup aiment montrer qu’ils possèdent un smartphone haut de gamme, leur Galaxy S III ressemblait à s’y méprendre à d’autres appareils comme le S III Mini ou le S3 Neo, bien moins onéreux. Comment briller en société dans ces conditions ?

 

Le Galaxy S4… qui fait déborder le vase

Mais voilà, Samsung ne prend pas le virage assez rapidement et sort en avril 2013 le Galaxy S4, premier de la gamme à abandonner les chiffres romains. En Asie, le chiffre 4 porte malheur, et si cela ne s’est pas particulièrement ressenti sur les ventes de ce smartphone bien accueilli par le public, la lassitude commence à s’installer et certains se détournent de la marque coréenne pour regarder vers d’autres horizons, d’autant que le choix commence à être intéressant.

Alors qu’on trouve dans le commerce un iPhone 5 aux finitions impeccables ou un Nexus 4 au design dont certains devraient encore aujourd’hui s’inspirer, Samsung reste sur ses acquis et ne fait qu’à peine évoluer le design de son Galaxy S III en passant au S4. Les bases restent les mêmes, le bouton devient enfin oblong, le téléphone gagne en finesse et se veut comme l’évolution finale d’une époque. Époque malheureusement déjà révolue au moment où le Galaxy S4 arrive sur le marché.

Encore une fois, ce design très générique se retrouve sur l’ensemble de la gamme de smartphones de la marque coréenne et la ressemblance avec le modèle précédent rend difficile la différenciation. Un frein pour certains.

 

Le coup de poker raté, le Galaxy S5

En 2014, Samsung doit donc remonter la pente et retrouver son Mojo créateur. Pour cela, le constructeur choisit la meilleure scène pour se montrer sous les feux des projecteurs : le Mobile World Congress. C’est donc à Barcelone qu’est dévoilé le Galaxy S5.

Malheureusement, le théâtre de ce nouveau départ ressemble plus pour la marque à un mauvais rêve et le Galaxy S5 avec son revêtement « soft touch » est rapidement tourné en dérision sur les réseaux sociaux et comparé à divers objets du quotidien, et l’on oublie vite les qualités intrinsèques du téléphone, comme son étanchéité, une première pour un smartphone haut de gamme Samsung, à une époque où tous les regards se tournent vers Sony et sa gamme Xperia Z, certifiée IP67.

Samsung Galaxy S5

Notons que la concurrence n’a pas aidé Samsung puisque cette année là a vu arriver le LG G3, le HTC One M8 ou encore le Sony Xperia Z2, des téléphones au design nettement plus original et mieux fini.

La façade avant reste quant à elle quasi inchangée, à l’exception d’un abandon du côté « galet » pour un retour à un format plus traditionnel, légèrement moins arrondi. Le Material Design de Google et l’interface Metro de Windows, sobres, plates et carrées semblent s’imposer et pousser les rondeurs de notre quotidien en dehors de la scène.

 

Un nouveau départ, le Galaxy S6 (edge)

Après cette période de disette créatrice, qui n’enlève cependant pas leur intérêt aux smartphones incriminés, Samsung a décidé de prendre un nouveau départ et de revenir à quelques valeurs sûres, tout en proposant un modèle alternatif servant à éponger les prises de risques. Ainsi, au Mobile World Congress 2015, la marque dévoile les Galaxy S6 et S6 Edge.

Samsung avoue avoir compris ses erreurs et avoir écouté ses clients. Si le format général reste assez commun, on passe enfin à un dos en verre pour une plus grande impression de premium et un fin cadre en aluminium jouant le rôle d’un collier de perles autour d’un cou fin et gracieux. Tout est là pour satisfaire le public avide, ou presque, puisque ces finitions soignées obligent le constructeur à abandonner la façade arrière amovible, ce qui a pour conséquence d’empêcher l’accès à la batterie. Enfin, cette génération voit disparaitre le port microSD et l’étanchéité du Galaxy S5. Des points parfois décisifs lors de l’achat.

Précisons également que c’est sur cette itération de la gamme Galaxy S que la firme coréenne passe du Full HD au WQHD. En plus de son design soigné, le téléphone profite donc d’un écran Super AMOLED magnifique d’une définition de 2560 x 1440 pixels. Un nombre de pixels superflu pour beaucoup, mais qui impressionne forcément au premier coup d’œil.

Mais le véritable génie de Samsung sur le Galaxy S6 ne vient pas du flagship lui-même, mais de son cousin consanguin, le Galaxy S6 edge et de son écran aux bordures incurvées. Enfant illégitime du très mal exploité Galaxy Note Edge, il arbore fièrement un affichage débordant de part et d’autre du téléphone. L’utilité de cette feature est clairement discutable, mais l’effet « wahou » est bel et bien là. Samsung qui pensait vendre 60 % de Galaxy S6 pour 40 % de edge se retrouve même pris au dépourvu en voyant que le S6 edge se vend bien mieux que prévu, entrainant des ruptures de stock à travers le monde. Et la machine est lancée…

 

La simple évolution, le Galaxy S7 (edge)

Si vous lisez ces lignes en 2017, vous connaissez forcément le Galaxy S7, jugé comme l’un des meilleurs smartphones de l’année 2016. Ici, la prise de risque est une nouvelle fois minimum, comme c’était le cas pour le Galaxy S4. Le constructeur a pris le Galaxy S6 et en a corrigé les principales erreurs. On retrouve un slot microSD, ainsi qu’une certification IP67 pour l’étanchéité et la résistance à la poussière, mais le design global reste peu ou prou identique à celui de son prédécesseur.

On notera cependant que sa déclinaison edge, cette fois-ci produite en quantité suffisante pour satisfaire la demande, a été légèrement améliorée également afin de rendre ses bords moins tranchants et la prise en main plus agréable. Samsung ne communique alors plus vraiment sur l’intérêt logiciel de ce parti pris, mais même si l’effet « wahou » est un peu passé, l’écran incurvé reste l’élément différenciant qui pousse bon nombre d’acheteurs à se tourner vers ce modèle. Un bon moyen de montrer à ses amis que l’on possède un smartphone qui ne ressemble plus à un iPhone et qui se démarque réellement.

La politique de la mise à jour mineure du design que l’on retrouve une année sur deux chez Apple fonctionne bien ici et le Galaxy S7, sans grande surprise est un véritable succès critique et commercial. Comme dit le proverbe, « on ne change pas une équipe qui gagne » et on ne peut donc pas en vouloir au numéro un de la téléphonie mobile d’avoir joué la sécurité.

 

Au-delà des limites, le Galaxy S8

Mais il faut tout de même savoir se lancer dans le vide et la société de Séoul nous en a fait la démonstration avec la présentation du Galaxy S8. Terminés les modèles plats, il ne reste plus qu’un écran incurvé cherchant à repousser les limites. L’écran est désormais au centre de l’utilisation, repoussant les limites, et surtout les rebords du téléphone à leur plus strict minimum. Le maximum de surface possible est utilisé pour l’affichage et aucun élément ne semble en trop.

On retrouve toutefois l’héritage des Galaxy S6 et S7 avec une finition en verre à l’arrière et un module photo quasi carré. Le capteur d’empreintes, habituellement positionné à l’avant, est cependant catapulté sur son dos. Un choix plutôt particulier, d’autant qu’il n’est pas centré, mais à côté de l’appareil photo, ce qui le rend moins accessible et assez peu ergonomique. Mais peut-être que ce point sera à nouveau corrigé… sur le Galaxy S9 ?