
Quoi de mieux qu’un festival de vitesse pour révéler sa nouvelle voiture survoltée. Le constructeur chinois BYD, qui cartonne dans le monde, a profité de l’effervescence de Goodwood, en Angleterre, pour montrer toute l’étendue de sa gamme. L’occasion aussi d’y faire son show avec un stand démesuré et des démonstrations de force dignes d’un parc d’attraction.
L’objectif était surtout de propulser sa marque Denza sur le devant de la scène européenne. Et sans rien exagérer qui plus est, puisqu’elle révélait en première mondiale le 9 juillet, son modèle inédit le plus radical, la GT électrique à quatre place Z, qui peut se décliner à la fois en version coupé et en cabriolet Spider ainsi qu’en une encore plus sportive, la Racing.

On a vu ces nouvelles bêtes de la performance au Festival of Speed de Goodwood, affichant une puissance surréaliste d’entrée de jeu et capable de se recharger presque aussi vite qu’un plein de carburant. On en connait même le prix ! On se pose juste la question de ce que ça donnera vraiment à conduire ? Attachez vos ceintures, on monte ensemble à bord de la supercar Denza Z.

Un design de GT à l’anglaise
Quand le design chinois touche au plus près du design européen… Un style britannique façon Lotus ou McLaren, une inspiration italienne rappelant Lamborghini ou Ferrari, ou pourquoi pas encore la rigueur allemande de Porsche, la robe de la Denza Z fait parler d’elle et suscite toutes les interprétations.

Dessinée sous la direction de Wolfgang Egger, cette supercar électrique chinoise semble être un croisement parfait entre élégance et sportivité, pour chacune des carrosseries, du long de leurs 4,78 m pour la coupé et la cabriolet Spider ou 4,87 m pour la Racing.
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Le designer a délibérément appliqué les proportions classiques des supercars européennes, et on voit que le style sert surtout à la performance. Les codes des sportives thermiques traditionnelles sont conservés comme le très long capot plongeant, la cabine reculée et la poupe fuyante (style fastback). Les lignes sont tendues et saccadées, voire taillées à la serpe, mais gardent un certain galbe fluide, avec des ailes arrière nettement élargies et rebondies qui assoient la voiture au sol. On retrouve presque une supercar sculptée par le vent comme on dit.
La face avant reste agressive mais épurée, on voit son regard acéré, marqué par des optiques de jour à LED très fines et étirées sur les passages de roues. Le bouclier avant intègre des entrées d’air proéminentes factices et/ou fonctionnelles qui accentuent son aspect radical. Notons que ces prises d’air centrales dirigent le flux vers des sorties spécifiques intégrées au capot.

À l’arrière, la poupe dévoile des feux doubles sculptés comme des pierres précieuses serties sur un collier, qui surplombent un énorme diffuseur noir au bas du pare-chocs.

Pour les amoureux des cabriolets, la version décapotable Spider se compose d’une capote épaisse noire simple et d’un système électrique pour la rabattre et rouler cheveux au vent. Peu d’éléments ont été donnés mais on l’a vu en action et il n’est pas franchement rapide.
Un profil taillé pour la perf
Concernant la version Racing, son look sportif est nettement plus optimisé. Pour se plaquer au sol, elle se dote par exemple d’une prise d’air repensée plus massive associée à un système de refroidissement à conduits multiples.

Elle s’équipe (de série) aussi d’une lame aérodynamique avant et d’un aileron mobile à l’arrière (réglable selon la vitesse) en fibre de carbone, ainsi que de générateurs de vortex sous le châssis et d’ouïes spécifiques. Cette architecture améliore semble-t-il l’efficacité du refroidissement des moteurs électriques de 50 % et augmente les performances de refroidissement des disques de frein de 32 %.

La personnalisation quant à cette version racing est très poussée, car elle permet par exemple de remplacer les sièges arrière par un arceau de sécurité et des éléments d’habillage en fibre de carbone pour les pistards.
Sachez aussi que le nuancier de la Z est XXL ! Il existe 10 teintes de carrosserie extérieures au catalogue dont trois en options premium : Phantom Black Matte, Monaco Red et Monte Carlo Orange. Même choix à l’intérieur avec 10 ambiances disponibles, mixant une base entièrement noire, des surpiqûres contrastées et des finitions ultra-vives. De quoi se faire plaisir.

A l’intérieur, le sport sans le confort ?
La Denza Z montre qu’elle peut s’éloigner un peu des habitacles spartiates des supercars traditionnelles. Grâce à un empattement généreux de 2,78 m, le modèle électrique chinois surprend en proposant une configuration inédite à quatre places. Plutôt un bon point pour certains amateurs de voyage à l’air libre en famille.

Bon, les grands gabarits seront invités d’office à s’installer devant, car moi-même qui suis de petite corpulence ai eu du mal à me faufiler et à m’installer à l’arrière. Les quatre places ont au moins le mérite d’exister.

Pour donner une ambiance typée « course » et haut de gamme, l’habitacle s’habille d’un peu de fibre de carbone et de finitions métalliques, mais surtout d’un revêtement synthétique en Alcantara, qui imite la texture et le visuel du daim ou du velours. Cette matière fait son petit effet sur le tableau de bord, le volant et les sièges. Et on sait que contrairement au cuir lisse, l’Alcantara est antidérapant, ce qui permet un meilleur maintien dans les sièges en virage et offre un meilleur grip sur le volant.

Justement le volant est inspiré de la compétition sportive et intègre six boutons physiques pour activer instantanément les modes Track et Boost. Il s’agit de deux applications dédiées sur l’écran pour collecter et analyser les données de votre conduite sur circuit, et accentuer le couple à l’accélérateur de 30 % pendant 20 secondes.

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A l’avant, les passagers profitent de sièges un peu durs, mais qui donnent aux lombaires une vraie sensation de maintien. Ils sont électriques et réglables sur 8 positions, mais aussi chauffants, ventilés et massants. Le conducteur, lui, a droit à un maintien latéral adaptatif, qui s’ajuste automatiquement dans les virages à haute vitesse.
Côté pratique, les déclinaisons Coupé et Racing disposent d’un coffre de 250 litres pour les bagages du quotidien, modulable jusqu’à 550 litres une fois les sièges arrière rabattus.
Pas de ChatGPT, mais du son !
Le cockpit fait la part belle au numérique sans tenter la démonstration de force à l’intérieur. Le combiné d’instrumentation de 8,9 pouces et un écran central d’infodivertissement de 12,8 pouces (n’oublions pas le chargeur de smartphone à induction) ont tout à fait leur place face aux dalles géantes dans d’autres modèles électriques. Ici, oubliez ChatGPT, Denza mise plutôt sur l’écosystème Google pour sa Z, comme pour les autres modèles de la gamme. Google Assistant, Google Maps et le Google Play Store sont intégrés de série. Ces applications s’associent à un assistant vocal « maison », spécialement conçu pour piloter les fonctions du quotidien comme la climatisation, le volume sonore ou l’ouverture des fenêtres.

Et alors pour les amateurs de son et de musique, le constructeur fait de nouveau confiance à l’entreprise française Devialet, qui va assurer le son à bord. La version Spider a droit à 10 haut-parleurs quand la version Racing en est équipée de 12, avec un système doté d’un module sphérique central sur la planche de bord et de haut-parleurs intégrés discrètement dans les appuie-tête.

Et pour ressentir les sensations fortes, même en électrique, la Z propose la personnalisation virtuelle du son moteur, un bruit qui peut être diffusé à l’intérieur comme à l’extérieur. Un bouton placé sur la planche de bord active directement ce système à deux niveaux de volumes et différentes signatures sonores peuvent également être sélectionnées, si vous aimez le son traditionnel d’une supercar thermique ou si vous préférez les effets science-fiction.
Sur le festival de Goodwood, impossible de prendre le temps de regarder en détail les voitures, tellement il y avait de monde autour. C’était au pas de course !
La motorisation ahurissante !
Vous allez me dire, oui ok le son est là mais c’est une électrique. N’ayez aucun doute sur sa puissance car elle en a sous le capot. La Denza Z repose sur une plateforme sportive nommée e³ («e-cube»). Un concentré de technologies conçu exclusivement pour le circuit, c’est-à-dire à partir d’une configuration à trois moteurs (dont un à l’avant et deux à l’arrière) développant au minimum 1 604 ch (1 180 kW) et 1 240 Nm de couple.

D’un coup d’un seul, la Z Coupé pulvérise le 0 à 100 km/h en seulement 2,25 secondes, tandis qu’une version Special Edition, celle qui tentera de battre le record du tour sur la Nürburgring Nordschleife (l’Enfer vert) à l’automne prochain, pourrait repousser les limites avec un chrono sous les 1,7 seconde. Et ce grâce à 2 000 ch (à voir si elle sera commercialisée).

Des chiffres théoriques qui restent sur le papier car là encore, impossible de la faire rouler, elle n’a même pas rugi sur le stand, on ne peut donc rien vérifier. Et point important, sans un châssis à la hauteur de ces données de supercar, ces puissances extrêmes ne servent à rien. Et sur ce sujet, les constructeurs chinois, pour toutes catégories de voitures confondues, doivent encore faire leurs preuves.
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La recharge : allez, c’est prêt en 9 minutes !
Quelque soit la version que vous choisirez, la Denza Z embarquera une batterie LFP de 76 kWh, directement intégrée à la structure du châssis (Cell-to-Body). Ce qui parait relativement léger pour une voiture de cette envergure, qui va forcément consommer, surtout sur circuit entre les mains d’adeptes de la vitesse.

Si le constructeur ne précise pas la consommation exacte, l’autonomie combinée WLTP annoncée s’élève à 410 km pour la version coupé, 400 km pour le cabriolet Spider, ainsi que 380 km pour la Racing. C’est logique qu’elle fonde autant.

Mais c’est sur le terrain des stations de recharge que la supercar chinoise va peut-être assommer le marché. Car avec sa technologie Flash Charging, la Denza Z, qui a beau peser 2,3 tonnes, délivrera jusqu’à 1 500 kW sur un seul connecteur, lui permettant de passer de 10 à 70 % de batterie en seulement 5 minutes, et de grimper à 97 % en 9 minutes chrono. Même par une température extrême de -30°C, elle récupère l’essentiel de sa charge en 12 minutes. Du jamais vu presque chez la concurrence. Et qu’en est-il de la mise à disposition de ces bornes ultra-rapides en France ?
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Le prix est tout aussi fou !
Sur le festival Goodwood, nous sommes parvenus à obtenir les prix alors qu’ils n’étaient même pas mentionnés dans le communiqué de presse de lancement. Il est vrai que l’arrivée de cette supercar en Angleterre ouvrait les hostilités tarifaires. Le modèle était déjà en vente le 9 juillet à partir de 167 000 euros.
De quoi nous questionner sur le prix de la Denza Z en France. Du coup, les commandes sont également ouvertes chez nous, pour des premières livraisons attendues avant la fin de l’année. Et accrochez-vous bien, la version coupé démarre à 156 300 euros, suivie de la Spider à 173 300 euros et la plus radicale, la Racing, coûte 189 600 euros. Denza nous répond sur ce positionnement de prix français simplement : « à ce niveau de prix, aucune autre supercar électrique ne propose aujourd’hui un tel niveau de performances, de technologies et de prestations. » Il s’agit semble-t-il d’une alternative presque imbattable sur le marché, capable de devancer la quasi-totalité des supercars thermiques les plus extrêmes de la planète.

Les Porsche 911 n’ont qu’à bien se tenir. Mais au moins l’Allemand a un réseau de concessionnaires bien développé en France. Ce qui n’est pas le cas de Denza, ayant ouvert seulement 2 concessions à ce jour (Saint-Germain-en-Laye et Cannes). Deux de plus ouvriront d’ici la fin de l’année. En tout cas, il propose la vente 100% en ligne et s’engage à livrer un client n’importe où dans l’Hexagone sans le moindre surcoût. « De même pour l’entretien, nous allons mettre en place un service personnalisé », ajoute Denza.

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