
Le Wall Street Journal a publié ce mardi 20 octobre une enquête exclusive. Elle s’appuie sur des responsables américains et des personnes proches du dossier.
Selon eux, Elon Musk a ordonné de ralentir Starshield, la version militaire de Starlink dont dépend l’armée ukrainienne. Sa décision a semé la panique à Kiev et la confusion dans l’administration Trump.
Pour rappel, dans la nuit du 13 au 14 octobre, SpaceX a plafonné la vitesse de déplacement des terminaux. Au-delà d’environ 160 km/h, la connexion saute, a expliqué Serhii Beskrestnov, conseiller du président ukrainien. Certains drones d’attaque et intercepteurs sont ainsi devenus « quasiment inutiles », écrit le WSJ. Et les forces ukrainiennes n’avaient pas été averties.
Depuis des semaines, Kiev multiplie les frappes de drones en Russie, notamment contre des raffineries de diesel. Elon Musk et Donald Trump ont tous deux dit leur colère contre ces attaques. Le président américain les accuse de faire grimper les prix de l’énergie.
Elon Musk, la Maison Blanche ou les deux ?
D’après le WSJ, Elon Musk a bien parlé de l’Ukraine avec Donald Trump. Pourtant, le président nie avoir ordonné les restrictions. Le milliardaire, lui, avait renvoyé la balle dès le 14 octobre. Selon lui, ces limites sont « décidées par l’armée américaine et, au final, par le président ».
Le lendemain, Reuters affirmait que l’ordre venait de l’intérieur de la Maison Blanche. L’agence citait deux responsables américains et un responsable occidental, qui n’ont pas dit qui l’avait donné.
Le 16 octobre, The Telegraph a avancé une troisième version, fondée sur quatre sources. Elon Musk aurait soufflé l’idée à Trump, qui aurait accepté. Les deux hommes ont scellé leur réconciliation et s’affichaient encore ensemble à la Maison Blanche en septembre. Le même jour, Trump a pourtant dit qu’il ne pensait pas que Musk ou lui soient responsables.
Marco Rubio, secrétaire d’État, juge « catégoriquement fausse » l’idée d’un ordre parti de la Maison Blanche. Il assure aussi que le service est revenu à son niveau d’avant, ce que Kiev conteste. En attendant, l’Europe veut accélérer son projet de géant spatial souverain face à SpaceX.
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