2020, surprises et sous-prix dans le monde de la Tech

 

Pandémie, confinement, télétravail, conférences tech à distance, l’année 2020 aura été surprenante et aura apporté une autre surprise plutôt agréable : des prix en baisse. Qui l’eut crû ?

2020, surprises et sous-prix dans le monde de la Tech

L’année 2020 aura été une année marquante et déroutante à plus d’un titre et le monde de la tech n’aura pas été épargné. Après la valse d’évènements annulés et/ou reportés et après la période d’adaptation qui a suivi, notre domaine de prédilection a été frappé par un phénomène qui s’était fait assez discret ces 15 dernières années. En 2020, les prix ont baissé.

Rendez-vous compte ! Des prix en baisse pour certains produits flagships, dans un domaine où le public est habitué à voir les prix gonfler d’une année sur l’autre, c’est suffisamment rare pour être noté. En tant qu’amateurs de produits high-tech nous sommes pourtant habitués et aguerris à toutes sortes de justifications pour nous faire avaler la pilule des prix en hausse.

LE SYNDROME DE STECHOLM™

De la différence de cours entre les devises (jamais à l’avantage du client) à la répercussion des divers droits et taxes d’importation en passant par la prise en compte des coûts de transport et de logistique dans le prix de vente, tout l’arsenal a été déployé et utilisé pour faire passer la douloureuse. Avec succès. Nous étions habitués, voire résignés, à voir un prix initial de 199 dollars se convertir magiquement en 229 euros alors même que le change est à l’avantage de l’Euro.

Oui, mais la TVA ?

Que nous répondaient doctement les économistes en solde sur Twitter. Elle a bon dos, la TVA. En plein syndrome de Stecholm™, les constructeurs ne s’embarrassent même plus d’une explication au moment d’afficher les prix de leurs produits. Une fois le Rubicon franchi, aucun retour en arrière n’est plus possible alors nous avons fait de cette hausse permanente une règle cosmique et avons continué à acheter ces produits vendus toujours plus chers en espérant, sur certains marchés, que la venue providentielle d’un concurrent vienne secouer l’ordre établi en proposant ses produits à des prix plus compétitifs. Le retour d’AMD dans la course aux CPU en 2017 avec sa gamme Ryzen positionnée à des tarifs plus avantageux que ceux d’Intel a été un de ces exemples.

Si la concurrence a du bon, il est en revanche rarissime de voir un constructeur en position dominante décider de lui-même de réduire ses prix d’une génération sur l’autre.

NOUVELLE EXPRESSION 2020 : « FAIRE UNE NVIDIA »

C’est pourtant ce qu’a fait Nvidia cette année avec sa série de cartes graphiques RTX 3xxx. En octobre, le constructeur californien a en effet dévoilé sa nouvelle gamme. Ainsi la 3080 dame le pion au fleuron de la génération précédente qu’était la 2080 Ti en étant environ 25 % plus performante sur certains jeux pour un prix 500 euros moins cher (719 euros contre 1259 euros ). Les lecteurs les plus pointilleux me feront remarquer que l’équivalent de la 3080 est la 2080 et non la version Ti survitaminée, et ils auront raison. Mais même en la comparant à la 2080 classique, l’avantage côté prix reste visible (719 euros contre 849 euros) et l’écart de performance est encore plus grand. Et la TVA alors ?

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La nouvelle gamme GeForce RTX 3000 // Source : Nvidia

ON SE CONSOLE COMME ON PEUT

Du côté des consoliers, si Sony et Microsoft n’ont pas fait une Nvidia, ils ont travaillé pour que leurs nouvelles consoles, la PlayStation 5 et la Xbox Series X, se maintiennent aux prix respectifs de leurs aînées, 399 euros pour la PS5 (en version digitale, toutefois) et 499 euros pour la Series X, cette dernière proposant même une déclinaison Series S sous la barre des 300 euros (la baisse de prix s’accompagne d’une baisse de performances).

Ces prix stables alors même que ces nouvelles consoles introduisent, en plus du traditionnel gain de performances, des fonctionnalités jamais vues auparavant (je pense au Quick Resume de la Series X) via une architecture technique résolument moderne et la généralisation du stockage sur disque SSD, nous font nous rappeler avec nostalgie des 600 euros demandés pour l’achat d’une PlayStation 3 et son disque 5400 t/min de 60 Go à son lancement européen en 2007.

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De gauche à droite : Xbox Series S, Xbox Series X, PS5, PS4 Pro // Source : Frandroid – Arnaud GELINEAU

LE STANDARD 2020 : BONNES SPECS, BONS PRIX

Du côté des smartphones, le constat est peu ou prou le même, après la folie des flagships premium vendus à plus de 1000 euros ou des modèles classiques avec des composants au rabais, les constructeurs ont fait l’effort de vendre des modèles « standards » correctement dotés. OnePlus n’avait pas eu le mémo, c’est la seule raison qui puisse expliquer la sortie du OnePlus Pro à 900 euros en début d’année. Heureusement le constructeur chinois a repris ses esprits en proposant le OnePlus 8T au standard 2020, c’est-à-dire une bonne dotation à un prix raisonnable.

OnePlus 8T
OnePlus 8T // Source : Arnaud Gelineau pour Frandroid

Même constat chez Apple qui depuis deux générations nous avait habitué a proposer un modèle premium (iPhone XS, iPhone 11 Pro) et un modèle d’entrée de gamme moins noble (iPhone XR, iPhone 11) et qui avec l’iPhone 12 a pris une voie intéressante. En plus de généraliser la dalle Super Retina XDR (OLED) sur toute la gamme (oui je sais, il était temps), la firme de Cupertino a sorti de son chapeau un nouveau format. L’iPhone 12 mini qui se distingue des autres uniquement par sa taille. Et son prix.

Alors que ses performances sont équivalentes à l’iPhone 12. Ceci a eu pour effet d’enfin rendre la gamme standard attractive et la gamme pro moins statutaire. L’intérêt de cette dernière ne repose désormais plus que sur sa finition aux bords en acier et ses fonctions avancées pour la partie photo comme l’explique Mélinda dans son test vidéo.

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Apple iPhone 12 Mini, iPhone 12 et iPhone 12 Pro Max // Source : Arnaud Gelineau pour Frandroid

Même dynamique chez Google qui propose son Pixel 5 à 629 euros à comparer aux 769 euros demandés pour un Pixel 4 à sa sortie. Bon, l’honnêteté de mon rédac-chef me contraint de préciser que dans le cas de Google, le prix baisse, mais les performances aussi. Notons néanmoins que la baisse de prix reste tout de même supérieure à la baisse de performances, donc la démonstration reste valide.

UN PHÉNOMÈNE DURABLE ?

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La question désormais est de se demander si cette tendance durera dans le temps. L’année 2020 sera-t-elle considérée dans quelques années comme une pause bienvenue dans l’escalade permanente des prix ou un début d’infléchissement de stratégie commerciale ? Difficile de répondre. Ce sont les avancées technologiques qui dictent la montée des prix et ces dernières années nous avions atteint à un plateau technologique où les nouveaux produits ne proposaient que des améliorations à la marge, attendant une belle innovation technologique pour repartir à la hausse.

L’arrivée des écrans pliants en est une par exemple, qui a permis de faire monter *très* significativement les prix. Leur généralisation les tirera vers le bas, ainsi va l’industrie. Les prix pratiqués en 2020 sur des produits aux cycles de vie totalement différents semblent donc plus tenir d’un alignement des planètes heureux, certes, mais fortuit. Et ce n’est certainement pas AMD qui viendra nous contredire puisque la gamme de CPU Zen 3 dévoilée le mois dernier montre déjà des prix de vente supérieurs de 50 dollars par rapport à la génération précédente… Ah ! 2020 aura été une belle parenthèse…

Le marché saturé des smartphones doit se réinventer et le format pliable semble en être le renouveau, mais quels constructeurs pourront le faire vraiment décoller ? Réflexion.
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