BMW iX5 : une alternative hydrogène aux voitures électriques, mais en a-t-on réellement besoin ?

 

BMW annonce la production d'une petite série de son SUV iX5 en version hydrogène, une technologie que l'entreprise juge prometteuse dans la transition vers la mobilité bas-carbone.

Si pratiquement tous les constructeurs automobiles ont entamé leur transition énergétique avec le développement de nouvelles voitures 100 % électriques, certains souhaitent aller encore un peu plus loin. En effet, plusieurs marques se concentrent sur des énergies alternatives, comme Porsche par exemple, qui s’intéresse de près aux carburants de synthèse pour faire perdurer les motorisations thermiques, ou encore Toyota et l’hydrogène. Le constructeur japonais commercialise d’ailleurs un modèle hydrogène en France avec la Mirai.

Mais Toyota n’est pas le seul à s’intéresser à cette énergie, puisque BMW compte bien également exploiter tout le potentiel de ce qui pourrait peut-être être l’alternative numéro un à l’électrique d’ici quelques années. La firme bavaroise vient d’annoncer le début de la production de systèmes de piles à combustible pour son SUV iX5 Hydrogen. Ce n’est pas une surprise car le constructeur nous avait dévoilé quelques détails en août 2022.

Le début d’une nouvelle aventure ?

L’association d’une pile à combustible et d’une batterie devrait enrichir la gamme du constructeur allemand d’ici les prochaines années, même si nous ne connaissons pas forcément encore les proportions. BMW souhaite apporter plus de diversité dans cette transition énergétique sans précédent, et l’hydrogène en fait partie, même si les voitures électriques resteront prédominante ces prochaines années.

« Nos nombreuses années de travail de recherche et de développement nous ont permis de tirer le meilleur parti de la technologie de l’hydrogène », précise Frank Weber, membre du conseil d’administration de BMW AG. « Nous avons réussi à plus que doubler la puissance continue de la pile à combustible de deuxième génération de la BMW iX5 Hydrogen, tandis que le poids et la taille ont tous deux diminué de manière drastique. »

Effectivement, l’hydrogène est souvent considéré comme une sorte « d’usine à gaz », avec beaucoup plus d’éléments nécessaires à sa fabrication par rapport à une voiture électrique. Reste à voir si la recherche et le développement autour de cette technologie permettra de rendre la voiture à hydrogène vraiment pertinente sur le plan écologique.

Le iX5 Hydrogen ne sera pas à vendre

Dans le cas du iX5 Hydrogen, BMW précise que le SUV développe une puissance de 374 ch grâce à l’association d’un moteur électrique doté de la technologie BMW eDrive de cinquième génération et à une batterie haute performance spécialement conçue pour ce véhicule. La voiture est dotée de deux réservoirs d’hydrogène et de la pile à combustible.

L’ensemble est intégré au châssis d’un X5 standard et BMW va produire une petite série de son iX5 Hydrogen d’ici la fin de l’année « à des fins de test et de démonstration », précise la marque dans son communiqué. En d’autres termes, il ne sera pas disponible à la commercialisation.

Comment cette technologie est-elle fabriquée ?

Rappelons également que, depuis 2013, BMW est associé avec le japonais Toyota, premier constructeur mondial et l’un des plus avancés sur la motorisation hydrogène. La firme allemande s’approvisionne notamment auprès de Toyota pour les différentes piles à combustible nécessaires à la fabrication de la BMW iX5 Hydrogen.

Les systèmes de piles à combustible sont fabriqués en deux étapes : elles sont d’abord assemblées pour former un empilement de piles à combustible, tandis que l’étape suivante consiste à adapter tous les autres composants pour produire un système de piles à combustible complet.

Après inspection, la pile est comprimée par une machine avec une force de cinq tonnes et placée dans un boîtier. Le boîtier de la pile est fabriqué dans la fonderie de métaux de l’usine BMW de Landshut, en Allemagne. Par la suite, de l’aluminium fondu est versé dans un moule fait de sable compacté mélangé à de la résine. La plaque de pression, qui fournit de l’hydrogène et de l’oxygène à la pile à combustible, est fabriquée à partir de pièces en plastique moulé et de pièces moulées en alliage léger. La plaque de pression forme un joint étanche au gaz et à l’eau autour du boîtier de la pile.

À la fin, tous les différents composants sont assemblés dans la zone d’assemblage pour produire le système complet. Au cours de cette étape d’assemblage du système, d’autres composants sont montés, tels que le compresseur, l’anode et la cathode, la pompe de refroidissement haute tension et le faisceau de câbles.

L’hydrogène a-t-il vraiment de l’avenir ?

Aujourd’hui, le développement des motorisations hydrogène est essentiellement dédié aux poids lourds, bateaux et avions. Sa production est énergivore et encore tributaire d’énergies fossiles, tandis que le manque de stations de distribution est aussi un frein à son développement. En France, par exemple, il existe actuellement 29 stations-service à hydrogène ouvertes au public.

D’une manière générale, comme énoncé plus haut, pour BMW, l’hydrogène ne restera qu’une alternative, du moins pour ces prochaines années. La firme bavaroise a indiqué en mars qu’elle visait deux millions de modèles 100 % électriques sur les routes fin 2025, promettant 13 nouveaux modèles électriques en trois ans.

Une nouvelle étude américaine pointe du doigt le risque de fuite des voitures à hydrogène. Avec pour conséquence, un impact majeur sur le réchauffement climatique, qui peut être pire que celui des énergies fossiles.
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