
Alors certes, on a déjà beaucoup parlé du BMW iX3 et du nouveau paradigme qu’il représente dans la gamme de voitures électriques de la marque.
Sa base technique inédite lui permet de progresser sur bien des domaines. Autonomie en hausse, recharge ultra rapide, nouveau cockpit, mais aussi des aides à la conduite de nouvelle génération.
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Dans son arsenal, on trouve ainsi le Highway Assistant, le terme marketing désignant une conduite semi-autonome permettant au conducteur de lâcher les mains du volant sur autoroute.
Comment la technologie fonctionne ? Quel bénéfice sur longs trajets ? Simple gadget ou réelle utilité ? Quelles limites au système ? Pour découvrir tout cela, j’ai pu essayer cette technologie au volant (enfin… derrière le volant) d’un BMW iX3 40 entre Paris et Montluçon.
Un système semi-autonome avant tout
Avant tout, expliquons rapidement comment fonctionne ce Highway Assistant. Comme son nom l’indique, il est uniquement actif sur autoroute (pas de nationale ni de périphérique, par exemple) jusqu’à 130 km/h.
Une fois activé, le système vous permettra de lâcher les mains du volant, tant que vous restez attentifs. La voiture accélérera, freinera et changera de voie sans avoir à toucher à quoi que ce soit. Voilà, dans les très grandes lignes, comment cela se passe pour le client.

D’un point de vue technique, si on veut utiliser un terme aussi administratif que laid, ce Highway Assistant est techniquement assimilé à une conduite semi-autonome de niveau 2.
Pour aller plus loin
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Très concrètement, la voiture pourra accélérer, freiner et prendre en charge la direction, mais le conducteur restera toujours responsable du véhicule, notamment en cas d’accident.

Comment faire en sorte que la voiture comprenne que le conducteur reste attentif s’il ne garde pas les mains sur le volant ? Tout simplement via une caméra située sous le rétroviseur central, qui scrute jour et nuit ce qu’il se passe sur le siège avant gauche.
C’est également via cette caméra que le changement de voie automatique est possible : une fois l’action proposée par la voiture, le conducteur n’aura qu’à regarder le rétroviseur extérieur du côté désiré pour valider l’opération.
Un système bluffant sur longs trajets
Voilà pour la théorie. Qu’en est-il de la pratique ? Cela commence bien par une activation tout ce qu’il y a de plus simple : partant du principe que le mode est activé dans le menu dédié et que vous êtes sur autoroute, il suffit d’une pression sur le bouton au centre de la platine de gauche du volant.
Deux barres de LED vertes s’illuminent de part et d’autre du moyeu, un petit message s’affiche sur le Panoramic Vision (cette projection d’information sous le pare-brise), et c’est parti. Dans mon cas, je l’active à peine quelques minutes après avoir récupéré l’iX3 chez BMW, dès que j’arrive sur l’A12.

Nos lecteurs franciliens comprendront où je veux en venir, mais le chaos de la circulation sur cette autoroute (suivi de l’A13), cumulé à la découverte du système, m’a rendu assez nerveux – de quoi me rappeler ma première découverte du système sur une BMW i5 Touring en Allemagne, une expérience plus stressante qu’autre chose.
Difficile de réussir à garder les mains hors du volant lorsqu’un poids-lourd commence à dévier sa trajectoire et qu’un scooter remonte la file à toute berzingue ; pour autant, l’iX3 reste imperturbable.

Ce qui est fou, c’est la vitesse à laquelle on fait confiance au système. Je suis descendu à Montluçon avec un ami, et dès notre arrivée sur l’A6, j’ai complètement oublié les contraintes. Je discutais avec lui, tout en regardant la route et en gérant les changements de voie – en regardant le rétroviseur lorsque la BMW le proposait, ou en actionnant le clignotant le reste du temps.
Creusons d’ailleurs ces changements de voie. Ce qui est extrêmement plaisant, c’est la rapidité d’exécution et la faible marge dans laquelle l’iX3 peut se glisser. Beaucoup de systèmes pêchent par excès de prudence, refusant l’action dès qu’une voiture se trouve un peu trop proche à leurs yeux ; dans le cas de l’Highway Assistant, un trou de souris suffira, sans pour autant se sentir en danger.

J’aurais en revanche apprécié une manœuvre plus douce (sans brusquer les passagers, le BMW a tendance à changer assez vite de voie), sans compter une meilleure proactivité du changement de voie par le regard : la voiture attendait en général le dernier moment avant de me le proposer, m’obligeant à souvent passer par le clignotant pour dépasser un camion.
Les virages sont pris avec aisance et sans freiner plus que de besoin. De quoi me faire repenser aux ingénieurs Zeekr qui, lors de l’essai de la 7GT, nous avaient certifié la main sur le cœur que les ralentissements excessifs de la voiture à la moindre courbe étaient dus à la nouvelle notation des crash-tests EuroNCAP. Ce comportement irritant au possible, à les entendre, était obligatoire pour décrocher les 5 étoiles. Dommage pour eux : le BMW iX3 a décroché les 5 étoiles avec le même protocole.
Puni !
Notons que le système a parfaitement fonctionné aussi bien de jour que de nuit : la caméra qui me scrute passe en infrarouge lorsque la luminosité baisse.
De quoi m’ouvrir aux remontrances lorsque je ne regardais pas la route. Lorsque le regard se perd un peu trop longtemps, une invitation à regarder la route apparaît. Si jamais ces distractions s’accumulent ou s’allongent, alors la punition arrive : désactivation du Highway Assistant pour les 30 prochaines minutes, à moins de passer en Park (lors d’un arrêt express sur une aire, par exemple).

Un rappel à l’ordre parfois un peu frustrant, puisque la voiture nous sanctionnera d’avoir trop longtemps regardé l’écran central… alors que BMW a pris le parti de regrouper toutes les commandes sur cette dalle en supprimant la quasi-intégralité des boutons physiques. À croire que le serpent aime se manger la queue.
Alors certes, c’est rageant, mais j’ai trouvé la punition plus juste qu’à bord d’une Tesla. Déjà parce que les avertissements sont nombreux avant la désactivation, et que le régulateur de vitesse et le maintien de voie restent activés – chose refusée au conducteur fautif d’une Tesla. Seul le changement assisté de voie, pour une raison qui m’échappe, sera supprimé.
Un allié des longues distances
Autant les aides à la conduite « de base » (comprendre régulateur adaptatif et maintien actif en voie) sont inclus de série sur tous les iX3, autant BMW facture cet Highway Assistant en extra.
À la commande, il faudra compter 1 100 euros… pour quatre ans seulement ; d’après BMW, cette durée est justifiée par les coûts associés à la cartographie HD des routes nécessaire pour faire fonctionner le système, sans oublier les données qui transitent entre la voiture et les serveurs.

L’immense majorité des iX3 (comme souvent chez les voitures électriques) partant en leasing, cette durée ne devrait pas être plus embêtante que cela ; reste à savoir si cela vaut le coup.
Si vous prenez l’autoroute, même sur une portion du quotidien, j’aurais tendance à vous dire de ne pas hésiter. Même au quotidien, sur votre trajet domicile-travail, pouvoir lâcher les mains en toute confiance amène une décontraction supplémentaire difficilement atteignable autrement.

Et ne parlons même pas des longs trajets ; sachez en parallèle que, si vous ne tracez la route que très occasionnellement, il est possible de louer le Highway Assistant depuis l’écran central de la voiture, aussi bien au mois (35 euros) qu’à l’année (350 euros).
Bref, une technologie bluffante de maturité et foncièrement utile. Reste qu’une question me flottait dans l’esprit durant l’essai : avec la multiplication des outils IA dans notre quotidien, j’ai parfois la sensation d’avoir un rôle de superviseur plutôt qu’acteur dans un nombre croissant de tâches. Dans mon iX3 filant tout seul sur l’autoroute, j’avais l’impression de superviser une chose supplémentaire, qui s’avère être l’une des occupations que j’aime le plus au monde : conduire.

Un petit plaisir de moins pour une immense décontraction supplémentaire ; à vrai dire, le choix semble évident, et il le sera pour l’écrasante majorité de la population. Tant pis pour les autres.
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