Tesla se fait écraser par BYD en Europe : les chiffres de ventes sont implacables, à un (gros) détail près

 
Le rapport de force s’inverse de façon spectaculaire sur le Vieux Continent. En février, le géant chinois BYD a de nouveau écoulé plus de véhicules que Tesla. Et si la firme d’Elon Musk tente de s’accrocher à l’illusion d’une légère croissance, les chiffres révèlent un décrochage particulièrement brutal pour l’Américain. Mais attention à bien lire entre les lignes et à tenir compte des moteurs hybrides.
Des BYD devant un des bateaux cargos de la flotte // Source : BYD

La couronne de Tesla sur le marché automobile européen est en train de glisser pour de bon. Pour le deuxième mois consécutif, BYD a fait mordre la poussière à son rival texan. Avec 17 954 immatriculations enregistrées en février sur le marché élargi (Union européenne, pays de l’AELE et Royaume-Uni), le constructeur chinois devance les 17 664 unités de Tesla.

Mais au-delà de ce score mensuel qui se joue dans un mouchoir de poche, c’est la dynamique globale qui donne le vertige : BYD affiche une croissance insolente de 162 % sur un an, là où Tesla plafonne.

Sur les deux premiers mois de l’année, le petit fossé se transforme en véritable gouffre. BYD a déjà mis sur les routes plus de 36 000 véhicules (+162,7 %), laissant Tesla sur le carreau avec seulement 25 753 unités. La firme de Musk stagne péniblement (+0,9 %), confirmant la tendance alarmante que nous observions déjà l’année dernière, BYD dépassant largement Tesla sur les ventes totales de véhicules sur 2025. L’écart entre les deux géants dépasse désormais les 10 000 voitures, et rien ne semble pouvoir enrayer cette dynamique.

L’illusion de la croissance chez Tesla face au pragmatisme de BYD

Sur le papier, Tesla pourrait se targuer d’une hausse de 11,8 % de ses ventes en février. Dans les faits, ce chiffre est un gigantesque trompe-l’œil. Il y a un an, le constructeur avait mis ses usines de Berlin et de Shanghai à l’arrêt pour préparer les lignes de production du Model Y restylé, dit « Juniper ».

Se contenter de grappiller à peine 2 000 ventes supplémentaires par rapport à cette période historiquement désastreuse, qui avait amorcé un véritable bain de sang annuel en 2025 avec des chutes allant jusqu’à 67 % en Suède, relève davantage de l’enlisement que de la reconquête. L’arrivée du Model Y rafraîchi n’a manifestement pas suffi à rallumer la flamme.

En face, BYD déploie une stratégie de rouleau compresseur. La marque récolte les fruits d’une expansion agressive de son réseau de concessionnaires européens. Il faut toutefois apporter une précision essentielle à ce duel, que nous soulignions déjà l’an dernier : les statistiques européennes de BYD incluent ses très populaires modèles hybrides rechargeables (PHEV), tandis que Tesla ne vend strictement que de l’électrique pur (BEV).

Cependant, même en recentrant le match sur le 100 % électrique, la trajectoire de croissance du constructeur chinois éclipse celle de l’Américain. Il est possible que dans les prochains mois, BYD vende plus de voitures électriques que Tesla en Europe.

Le problème de Tesla en Europe est désormais structurel. Outre l’absence d’un modèle véritablement abordable pour contrer l’armada asiatique, la marque souffre d’un sérieux déficit d’image.

Les sorties politiques à répétition d’Elon Musk et sa gestion chaotique des réseaux sociaux abîment durablement la désirabilité de ses voitures auprès de la clientèle européenne. Le constat est d’autant plus amer que le marché européen de l’électrique se porte bien, frôlant les 19 % de parts de marché en ce début d’année grâce notamment à la crise à la pompe.


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