Test du Alienware AW5520QF : OLED, 4K, 120 Hz, et c’est déjà excellent

Téléviseur ou moniteur ?

Malgré ses airs de TV, le Dell Alienware AW5520QF est bien un écran d'ordinateur OLED de 55 pouces. Oubliez donc les applications Smart TV et un quelconque accès à Internet, c'est un écran entièrement dédié au gaming avec sa fréquence de rafraîchissement de 120 Hz, sa compatibilité AMD FreeSync et ses éclairages RGB.

 

Introduction

Qui a dit que les moniteurs PC ne pouvaient pas être aussi haut de gamme que des téléviseurs ? Pendant longtemps, l'Alienware AW5520QF a été le seul à pouvoir proposer la 4K à 120 Hz sur une dalle OLED avant même les TV classiques. Nous avons pu le tester : voici notre avis sur cet écran à mi-chemin entre moniteur PC et télé.

Les moniteurs de PC sont rarement disponibles en très grand format. Et pourtant, c’est ce que propose Alienware avec son AW5520QF, un grand écran de 55 pouces. Mais ne vous y trompez pas, ce n’est pas un téléviseur !

Fiche technique

Modèle Dell Alienware AW5520QF
Technologie d'affichage OLED
Définition Maximale 3840 x 2160 pixels
Taille de l'écran 55 pouces
Compatible HDR Non
Ports HDMI 3
Compatible Surround Non
Nombre de haut-parleurs 2
Puissance des haut-parleur 14 watts
Sortie audio Optique
Dimensions 1225.9 x 770.6 x 263.9mm
Fiche produit

L’Alienware AW5520QF nous a été prêté par la marque pour test.

Design

Qui dit OLED dit dalle fine. Et c’est bien le cas ici : en sortie de son immense boîte, il vaudra mieux être deux pour soulever ce gigantesque écran puisque la partie la plus facile à agripper est tout simplement sa dalle ultra fine. Elle impressionne du même temps, cela va sans dire !

Cependant, elle n’est naturellement pas seule. Aux environs de la moitié de l’écran apparaît la base du moniteur, blanche et assez épaisse, qui lui permet non seulement d’accueillir tous ses processeurs, mais aussi ses connectiques, évidemment. Sans compter une bande lumineuse, gamer oblige.

Alienware a tout de même pensé à tous types de configurations. Inclus dans la boîte sont deux éléments : le pied classique, à visser, et l’adaptateur VESA qui vous permettra de monter l’écran sur votre configuration favorite. Sont également inclus un câble HDMI, un câble DisplayPort et un câble USB 3.0, pour couvrir d’entrée de jeu tous les usages.

Le design en lui-même est relativement sobre, tout en étant résolument gamer. La partie la plus épaisse du téléviseur, toute blanche, s’éloigne un peu des angles francs que la plupart des configs « gamer » aiment afficher. Cette même remarque change du tout au tout dès lors qu’on allume l’écran, révélant une grande bande LED sur le haut qui vient naturellement changer le design. Notez que vous pouvez configurer celle-ci dans la couleur que vous voulez, mais qu’elle ne pourra pas s’adapter au contenu que vous diffusez à l’image d’Ambilight pour Philips : il s’agit uniquement d’un trait esthétique, qui n’est pas déplaisant par ailleurs et provoque un léger glow si l’écran est proche d’un mur.

Plus que tout, on retiendra à quel point le cable management est bien pensé. Qu’il s’agisse du pied de base ou de l’adaptateur VESA, tout est fait pour que vos câbles n’aillent pas n’importe où. Le côté droit du téléviseur accueille la prise alimentation, et le côté gauche les diverses prises. Or, des deux côtés, une rigole est prévue pour amener les câbles vers le centre et le pied, ce qui permet de gérer ses câbles simplement et facilement sans effort. Par la suite, vous pouvez tout simplement rajouter un panneau aimanté par dessus pour cacher l’ensemble et rendre le tout esthétiquement plus homogène. C’est un vrai point positif de cet écran, d’autant que cette plaque peut être facilement enlevée et remise même lorsque le téléviseur prend sa place sur votre bureau ou dans votre salon.

C’est sur les côtés de l’écran que l’esthétique gamer revient donner de ses nouvelles, puisque les angles plus tranchés s’y ressentent. L’excroissance provoquée ainsi permet toutefois de retrouver, sur le côté gauche, quelques ports dont l’accès est naturellement facilité.

Connectiques

À l’arrière de l’écran, on retrouve à gauche la simple prise alimentation fournie. À droite, vous pourrez profiter de deux entrées HDMI 2.0, une DisplayPort 1.4, une sortie SPDIF, une entrée USB « montant » (permettant d’utiliser le téléviseur en hub) et deux ports USB A 3.0 descendant.

Sur le côté droit de l’appareil, on retrouve une dernière entrée HDMI 2.0, une sortie jack casque, et deux ports USB 3.0 dont un pouvant servir à la recharge d’un appareil. On aurait apprécié une entrée HDMI supplémentaire, mais la connectique reste très complète, particulièrement en considérant qu’il s’agit d’un moniteur avant d’être un téléviseur : les ports USB réfléchis pour être utiles à un PC sont plus que bienvenus.

Quel OS ?

Cela va peut-être vous étonner, mais malgré la diagonale gigantesque de l’écran, l’Alienware AW5520QF n’est pas vraiment un téléviseur. Il est vendu comme un moniteur d’ordinateur.

Et cela se voit sur une chose particulière : il n’intègre aucun OS. Vous pensiez que c’était un écran BFGD ? Pas le moins du monde. Android TV au moins ? Nope. Pas même un petit Chromecast intégré. L’Alienware AW5520QF n’a pour configuration que les outils basiques des moniteurs, à savoir la gestion des couleurs, l’activation ou non de FreeSync, et autres joyeusetés comme le réglage de la LED arrière.

Avec une télécommande

Malgré tout, le téléviseur dispose bien d’une télécommande. Celle-ci reste sommaire et vous permettra surtout de régler le son et de changer de canal d’entrée (même si cela se fait automatiquement si un signal est reçu). Vous pouvez y retrouver les divers réglages mentionnés plus haut, mais pas certaines touches configurables uniquement sur le moniteur directement.

La télécommande est alimentée par pile et est simplement aimantée sur la deuxième partie. Pour l’ouvrir, il suffit donc de lever la partie blanche en tenant la partie noire, afin de séparer l’ensemble.

Quelques raccourcis sur l’écran

Vous avez également la possibilité de contrôler les réglages de votre écran à l’aide de touches disposées en bas de celui-ci. Quatre touches sont programmables à loisir pour retrouver rapidement vos réglages préférés, du mode d’image à l’activation de FreeSync.

L’idée est vraiment de retrouver les mêmes réflexes que sur un moniteur d’ordinateur classique, en glissant le doigt sous l’écran à droite pour les retrouver. Dans les faits, par la taille même de l’écran et la télécommande, il est tout simplement plus pratique et naturel de faire appel à elle. Reste que sur le pouce, ou après avoir perdu la télécommande dans un coin, leur existence est pratique.

Image

Calibration de la dalle

Nous avons mesuré la dalle en configuration d’usine grâce au logiciel CalMAN et notre sonde, sans rien retoucher. En sortie de boîte, il faut avouer que les réglages sont… absolument excellents.

Le constructeur promet une couverture à 98 % de l’espace DCI-P3 et nous retrouvons sensiblement le même résultat avec 96 % de l’espace couvert sous notre sonde pour 143 % de l’espace sRGB. Surtout, le delta E moyen est absolument impressionnant : 1,92, pour des couleurs vraiment respectées et précises. Presque rien ne dépasse dans nos mesures, prouvant que la calibration d’usine de la dalle est excellente. OLED oblige, les contrastes (130 000:1) sont eux aussi excellents puisque les pixels peuvent s’éteindre pour retranscrire le noir complet.

Il y a tout de même quelques points faibles. La température des couleurs moyenne dans le mode standard est relevée à 6118 K, ce qui reste excellent, mais très légèrement trop chaud pour le 6500 K idéal que l’on souhaite. Et surtout, la luminosité de la dalle lui fait défaut : notre sonde sur mire blanche relève 88 cd/m² au maximum. On est loin du 150 cd/m² que l’on recommanderait pour un téléviseur ou un moniteur, qui est naturellement amené à rester en intérieur.

Pour changer la température des couleurs, très bonne par défaut, vous pouvez toujours passer par les divers modes de la dalle nommés selon le type de jeu comme « FPS » ou « MOBA ». Dans les faits, FPS est beaucoup trop chaud, MOBA beaucoup trop froid, et les mêmes choses peuvent être dites pour chacun des modes présents. Le calibrage de base étant excellent, restez simplement sur celui-ci.

120 Hz FreeSync (G-Sync) en 4K… mais pas vraiment en HDR

Faible luminosité, oui. Mais qu’en est-il du HDR ? Il faut savoir que l’Alienware AW5520QF ne le supporte pas officiellement. Cependant, un mode « Smart HDR » est activable dans les paramètres, et la dalle peut théoriquement atteindre jusqu’à 400 cd/m² de luminosité dans ce cadre. Le mode automatique n’étant pas vraiment à la hauteur des espérances, poussant un assombrissement de la dalle plus qu’un véritable HDR sous Windows 10, on conseillera plutôt de le laisser tranquille.

Par contre, et c’était là l’une des plus grandes spécificités de cette dalle avant que LG ne s’en mêle, l’Alienware AW5520QF est bien l’un des rares écrans OLED à profiter de la 4 K à 120 FPS. La technologie de rafraîchissement variable intégrée est FreeSync d’AMD, mais est bien compatible avec Nvidia G-Sync. Une limite cependant : il faudra utiliser le câble DisplayPort 1.4 fourni et avoir une carte graphique supportant le DisplayPort 1.2a (ou supérieur) pour en profiter. C’est le cas notamment des GeForce 10XX et plus, ce qui n’est pas étonnant vu le type de consommateur ciblé par l’écran.

En HDMI, le taux de rafraîchissement à 120 Hz ne pourra être utilisé qu’en 1080p. Cependant, l’idée de l’écran est plutôt d’être le moniteur ultime de votre setup gamer, qui accueille votre PC ultra puissant et vos consoles sur une seule et même base. La Nintendo Switch ne lui pose évidemment aucun souci, tout comme la PS4 Pro et la Xbox One X. Pour ces deux dernières, le HDR est indiqué comme compatible en 4K à 60 Hz. Étonnamment cependant, la Xbox One X ne prend pas en charge le taux de rafraîchissement variable de l’écran, qui restera donc en 60 Hz. Il ne s’agit pas d’une fonctionnalité vraiment utilisée sur les jeux de la machine, mais il est tout de même décevant de voir qu’il n’est pas détecté.

le moniteur est « limité » au HDMI 2.0 pour le moment

Pour les futures PS5 et Xbox Series X par contre, il risque d’y avoir une limite. La 4K à 120 Hz par HDMI, ou même le taux de rafraîchissement variable (comme G-Sync ou FreeSync) n’est possible qu’avec la norme HDMI 2.1. Or, le moniteur est « limité » au 2.0 pour le moment, faisant que les futures consoles n’en profiteront sur cet écran que si elles disposent d’un DisplayPort elles-mêmes. Notez cependant que pour le moment, même les dernières cartes graphiques haut de gamme n’incluent pas le HDMI 2.1, on ne peut donc pas le compter comme un défaut de l’écran à proprement parler : il s’agit juste ici d’une note sur l’état du marché. Et pour être honnête, les prochaines consoles seront probablement limitées au 1080 p pour offrir du 120 Hz ou plus, pas de problème donc.

Le traitement antireflet de la dalle est également bien efficace pour tempérer l’impact des lumières d’une pièce sur la lisibilité de la dalle.

Temps de réponse

Alienware promet un temps de réponse gris à gris de 0,5 ms, là encore un prérequis important pour un moniteur gamer de compétition. L’input lag est en prime naturellement aidé par les technologies FreeSync et G-Sync.

Qu’il s’agisse de jouer à un FPS bien rapide et nerveux comme Doom 2016 ou sortir mes plus gros combos « just frame » sur Dragon Ball FighterZ ou SoulCalibur VI, j’ai été bien incapable de trouver la moindre latence pouvant être potentiellement gênante. L’écran répond comme un charme, à l’image d’un moniteur d’ordinateur plus que d’un téléviseur donc, ce qui est là encore un point fort dans sa manière d’aborder le marché.

Son

Outre ses divers ports de sortie audio, l’Alienware AW5520QF intègre bien deux haut-parleurs de 14 W avec une réponse de fréquence de 180 Hz à 20 kHz et 8 ohms d’impédance. Ces derniers sont plutôt bons pour des haut-parleurs intégrés, mais ne rempliront pas votre salon de musique ou du son épique d’un film d’action bien réalisé. Là encore, le côté moniteur PC se fait plus sentir que le côté PC : on les décrira comme très serviables.

Fait important : il s’agit bien fondamentalement d’un moniteur PC, aussi, le HDMI ARC n’est pas supporté.

Prix et date de sortie

L’Alienware AW5520QF est d’ores et déjà disponible en France. Résolument haut de gamme, il est vendu au prix conseillé de 3 695,95 euros.

Note finale du test
9 /10
L'Alienware AW5520QF se présente comme le moniteur PC gamer ultime permettant d'accueillir une flopée de consoles du même temps. Le moins que l'on puisse dire est que cette mission est presque intégralement remplie.

Une bonne variété de ports, une calibration d'usine excellente, la 4K à 120Hz sur un écran OLED... Presque tout y est. On regrette l'absence d'une certification HDR officielle et une luminosité un peu basse, mais le pur plaisir jouissif d'utiliser l'écran est indéniable.

De plus, Alienware réussit à fournir un design réussi qui arrive à allier la sobriété et le classicisme d'un téléviseur traditionnel avec la note gamer habituelle de la marque, posée çà et là avec justesse sans trop en faire. Et côté pratique, ses rigoles et son panneau aimanté sont un vrai plus pour faciliter l'installation et le cable management. Un presque sans faute donc, qui justifie bien le prix élevé de l'appareil.

Le prix est un peu élevé, mais la concurrence proposant une qualité similaire va encore au-delà...
Points positifs
  • Calibration d'usine excellente
  • Design réussi
  • Un OLED 4K 120Hz, s'il vous plaît
  • Bonnes connectiques
  • Excellente gestion des câbles
Points négatifs
  • Pas d'OS intégré, rien du tout
  • Luminosité faible
  • Pas de certification HDR

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