Test du DJI Mavic Air 2 : le meilleur drone grand public

Le pire ennemi des DJI Mavic 2

 

Introduction

DJI a présenté cette semaine le Mavic Air 2, son nouveau produit phare, un drone de photo et vidéo aérienne polyvalent, convenant autant aux télépilotes débutants qu'aux plus expérimentés. Nous avons pu le tester en avant-première malgré le confinement.

Crédit : Romain Heuillard pour Frandroid

Vendu à partir de 850 euros, le DJI Mavic Air 2 remplace le Mavic Air original et complète la nouvelle gamme Mavic, à mi-chemin entre le Mavic Mini (à partir de 400 euros) et les Mavic 2 Zoom et Mavic 2 Pro (à partir de 1250 euros). Comme nous l’avons écrit dans notre article de présentation, le Mavic Air 2 est davantage un Mavic 2 allégé et simplifié qu’une mise à jour du Mavic Air 1.

Un Mavic 2 allégé

Ce nouveau quadricoptère pliable reprend les lignes et la conception des Mavic 2 : on le déplie de la même manière et les capteurs communs sont au même endroit. S’il est significativement plus petit et léger que les Mavic 2, il est aussi sensiblement plus grand et lourd que son prédécesseur, comme le montre le tableau ci-contre. Il reste toutefois bien en dessous du seuil de 800 grammes à partir duquel la législation européenne exige déclaration et formation. Nous vous conseillons néanmoins de suivre la formation en ligne, qui donne les bases pour voler en sécurité.

Pour compenser, la capacité de sa batterie amovible passe de 27 à 40 Wh (+50 %), et l’autonomie augmente encore davantage, de 21 à 34 min (+60 %). En pratique, on peut voler un peu plus de 25 min en conservant une marge de sécurité. La recharge dure quant à elle 90 min. Si l’autonomie augmente davantage que la capacité de la batterie malgré l’augmentation du poids, c’est notamment grâce à des hélices optimisées, avec lesquelles il fait un bourdonnement plus sourd et moins désagréable que son prédécesseur.

Le nouveau Mavic Air bénéficie aussi de la conception plus robuste des Mavic 2 : ses hélices, sa coque et sa nacelle en plastique ont ainsi résisté à une chute d’une dizaine de mètres suite à un accrochage avec un arbre.

Radiocommande agrandie, application simplifiée

Le Mavic Air 2 s’accompagne en revanche d’une toute nouvelle radiocommande et pour la plupart des utilisateurs d’une nouvelle application. La nouvelle « RC » est plus grande et plus lourde car elle renferme désormais deux batteries de 2600 mAh, ce qui lui permet d’alimenter le smartphone et d’éviter de renoncer à un vol car ce dernier serait à plat. Cette télécommande passe aussi et surtout du Wi-Fi à la technologie maison OcuSync 2.0 pour la liaison avec le drone. En raison du confinement nous n’avons pas pu tester la liaison à longue portée (6 km revendiqués), mais nous pouvons témoigner que nous n’avons pas constaté le moindre gel d’image ou le moindre artefact lors d’un essai aux quatre coins d’une propriété privée boisée de plusieurs hectares, y compris lorsque la maison séparait le drone de la télécommande.

On utilise toujours un smartphone en complément de la radiocommande pour le retour vidéo et accéder à la plupart des fonctions. On ne le fixe plus sous la télécommande entre deux poignées pliables, mais au-dessus dans une pince escamotable intégrant les antennes. La prise en main est plus naturelle et plus confortable, à défaut d’être aussi équilibrée qu’autrefois, surtout avec un smartphone comme un Samsung Galaxy S20 Ultra. Des câbles USB-C vers USB-C, micro-USB et Lightning sont fournis.

En plus des deux sticks (amovibles, pour faciliter le transport), la radiocommande intègre la molette d’inclinaison de la nacelle, un seul déclencheur photo/vidéo, un bouton de commutation photo/vidéo, un bouton personnalisable, un bouton RTH (*return to home*, retour automatique au point de départ) et un commutateur de mode de vol.

Toutes les autres fonctions sont accessibles via le smartphone. Le Mavic Air 2 passe d’ailleurs de l’application DJI GO 4 des Mavic 2 et du Mavic Air 1 à la nouvelle application DJI Fly inaugurée par le Mavic Mini. Celle-ci est plus simple, plus lisible, et à ce titre plus adaptée aux débutants. Malheureusement, elle n’est pas encore parfaitement adaptée aux nouveautés du Mavic Air 2 : certains textes débordent ou sont tronqués (« Mode nor… »), on trouve encore des traces de chinois ou d’anglais, et certaines fonctions sont difficiles à trouver (rien n’incite à faire défiler les modes de prise de vue pour découvrir la fonction panoramiques). DJI devrait s’inspirer des applications FreeFlight de Parrot, plus élégantes et plus soignées.

Soulignons au passage que les applications de DJI n’affichent toujours pas la carte officielle des restrictions pour drones de loisir en France. Il faut toujours vérifier les zones autorisées et les plafonds de vol définis par la DGAC sur le site Géoportail, malheureusement pas optimisé pour mobile, ou sur des applications tierces telles que Drone Spot.

Un pilotage facile

Pour autant, le DJI Mavic Air 2 est facile à piloter. Il décolle d’une pression longue sur un bouton à l’écran puis vole en stationnaire avec une précision de l’ordre de 10 cm à basse altitude, assisté de capteurs de positionnement visuels et de temps de vol (ToF), et de l’ordre de 50 cm à mesure qu’on monte à 60 m d’altitude, avec le positionnement par satellite (GPS et Glonass, mais pas Galileo). Avec la configuration « Mode 2 » par défaut, on actionne alors le stick de gauche pour monter ou descendre et pivoter vers la gauche ou la droite, le stick de droite pour avancer ou reculer et se décaler vers la gauche ou la droite.

Avec le mode de vol « normal » par défaut, la vitesse maximale du Mavic Air 2 est de 12 m/s soit 43,2 km/h en marche avant et de 4 m/s soit 14,4 km/h en montée. Les capteurs d’obstacles vers l’avant, l’arrière et le bas sont pleinement opérationnels. C’est un atout majeur par rapport au Mavic Mini qui en est dépourvu, surtout pour les débutants. Le nouveau Mavic Air est toujours dépourvu de capteurs d’obstacles latéraux et supérieurs, il faut donc rester vigilant, surtout lors des vols automatiques, ou bien utiliser les protections d’hélices, incluses dans la version Fly More ou vendues séparément. Les débutants peuvent prendre leurs marques avec le mode « Tripod », qui limite la vitesse à 5 m/s soit 18 km/h en marche avant. Ce mode sert surtout à lisser les mouvements lorsqu’on filme, incluant désormais les changements d’inclinaison de la nacelle. Le mode « sport » enfin porte la vitesse en marche avant à 19 m/s, soit 68,4 km/h. Attention aux distances de freinage, d’autant que les capteurs d’obstacles sont inopérants.

DJI Mavic Air 2 en vol

Le DJI Mavic Air 2 en vol // Source : Romain Heuillard pour Frandroid

Des photos et vidéos dignes d’un bon smartphone

Avant de parler des multiples modes de vol automatiques, parlons des capacités photo et vidéo de cette « caméra volante ». Le DJI Mavic Air 2 embarque le même capteur que certains smartphones haut de gamme comme le OnePlus 8 ou l’Oppo Find X2, le Sony IMX586. Ce capteur de 1/2 pouce (en réalité de 8 mm de diagonale) et de 48 MP recourt à la technique du pixel binning et à la photographie computationnelle pour produire des photos de 12 mégapixels de meilleure qualité qu’avec un capteur de 12 MP. L’appareil assemble en l’occurrence des groupes de 4 photocellules (disposition Quad Bayer) et parfois plusieurs clichés pour réduire le bruit et augmenter la plage dynamique (HDR).

L’objectif a une longueur focale équivalente à 24 mm, avec une mise au point fixe de 1 m jusqu’à l’infini, ce qui convient parfaitement à un drone de cette taille. L’ouverture fixe de f/2,8 méritera en revanche aux yeux de certains vidéastes exigeants l’emploi de filtres à densité neutre (ND), fournis avec la version Fly More, afin d’augmenter le temps d’obturation pour obtenir un rendu cinématographique en rétablissant du flou de mouvement.

En pratique, en photo comme en vidéo, il y en a pour tous les goûts. Le tout nouveau mode SmartPhoto recourt au *deep learning* pour reconnaitre les scènes et enclencher si nécessaire les fonctions HDR (extension de la plage dynamique) ou « HyperLight » (basse lumière). Il produit des fichiers JPEG de 12 mégapixels prêts à l’emploi dignes de bons smartphones, avec une bonne plage dynamique, un renforcement de la netteté et de la saturation bien dosée. Dans les situations dans lesquelles le mode « SmartPhoto » produit un rendu artificiel, tel qu’en contrejour, on peut basculer sur le mode normal, plus naturel. Encore plus neutre, le mode 48 MP apporte une bonne dose de détails supplémentaires au prix d’une réduction sensible de la plage dynamique. On peut aussi enregistrer en RAW DNG pour obtenir la meilleure amplitude en post-traitement.

Ci-dessous, vous pouvez comparer la même scène avec, de gauche à droite, la prise de vue normale, le cliché de 48 mégapixels et l’image avec le mode SmartPhoto activé.

Même chose sur ces photos de toits ci-dessous, dans le même ordre : mode normal, mode 48 MP et SmartPhoto.

L’appareil photo propose également des fonctions rafale (3, 5 ou 7 images), bracketing (3 ou 5 images décalées de 0,7 EV), intervallomètre (2 à 60 s), et surtout des panoramas HDR, pour lesquels le drone capture automatiquement 3 à 25 images pour assembler une photo panoramique verticale ou horizontale, une photo grand angle ou une sphère complète. Le panorama vertical et le grand angle en particulier contournent efficacement l’orientation horizontale et la focale de l’appareil.

Le Mavic Air 2 inaugure un mode HDR également en vidéo, jusqu’en Ultra HD 4K à 30 i/s. Celui-ci préserve efficacement les hautes lumières, mais amplifie parfois excessivement le bruit dans les ombres qu’il débouche. Il peut filmer sans HDR en 4K jusqu’à 60 i/s et en Full HD jusqu’à 240 i/s, soit des cadences deux fois supérieures à celles des Mavic 2. Les vidéastes disposent d’un mode d’exposition manuel, d’un profil colorimétrique neutre D-Cinelike et d’un enregistrement en H.264 ou en HEVC jusqu’à 120 Mb/s.

Le drone le plus intelligent de DJI

Ces belles capacités vidéo ne seraient rien sans de beaux mouvements de caméra. Réaliser des mouvements vidéogéniques exige un certain savoir-faire, mais les drones de DJI proposent toute une panoplie d’assistances et de manœuvres prédéfinies. Dernier né du fabricant chinois, le Mavic Air 2 est le plus complet et le plus perfectionné sur ce plan.

On retrouve pour commencer tous les « QuickShots », aux noms assez explicites (Dronie, Fusée, Astéroïde, Cercle, Spirale et Boomerang), qui réalisent des manœuvres prédéfinies à partir du sujet sélectionné et génèrent des clips de quelques secondes prêts à être partagés sur les réseaux sociaux. On choisit selon les cas la longueur et le sens de rotation du vol. En l’absence de capteurs d’obstacles latéraux, il conviendra en tout cas d’être particulièrement vigilant avec les trois derniers modes.

Dans le même ordre d’idée, le Mavic Air 2 propose également quatre modes « Hyperlapse » (libre, ligne droite, cercle, waypoints), qui produisent des vidéos accélérées (aussi appelées timelapse) en mouvement. Selon les cas on désigne le sujet à cadrer et on choisit l’intervalle, la vitesse, la durée, la trajectoire et le sens de rotation, puis l’appareil réalise automatiquement la manœuvre et l’assemblage des clichés. Le résultat peut être époustouflant, mais on aurait préféré paramétrer les mouvements différemment. Par exemple il faut calculer en fonction du rayon la vitesse et la durée de vol qui permettent de réaliser un tour complet. À défaut on se contentera souvent de valeurs choisies au hasard.

Last but not least, le Mavic Air 2 propose plusieurs modes de suivi automatiques, rassemblés sous l’appellation FocusTrack. Le mode ActiveTrack suit automatiquement le sujet désigné. Il réalise dans sa nouvelle version 3.0 des mouvements plus fluides lorsqu’il doit contourner ou lorsque le sujet passe derrière un obstacle. Le mode POI 3.0 tourne mieux autour d’un sujet immobile ou en mouvement, sans qu’il faille initialement voler à l’aplomb dudit sujet. Enfin, le mode Spotlight 2.0 permet de désigner un sujet sur lequel verrouiller la caméra et autour duquel voler librement. Ce dernier permet de réaliser facilement des plans extrêmement difficiles à exécuter en pilotage manuel et dignes de productions professionnelles.

En raison du confinement, nous n’avons pas encore pu réaliser nos propres exemples. En attendant une mise à jour de cet article, nous vous invitons à consulter la page de présentation du Mavic Air 2 sur le site internet de DJI pour vous faire une idée du potentiel créatif de tous ces modes.

Prix et disponibilité

En raison de l’épidémie de Covid-19, le DJI Mavic Air 2 a été lancé dans un premier temps en Chine. Dans le reste du monde, l’ouverture officielle des précommandes est prévue pour « la seconde quinzaine de mai ».

DJI Mavic Air 2 au décollage

Source : Romain Heuillard pour Frandroid

Comme d’habitude, il sera vendu avec une radiocommande et une seule batterie, pour 850 euros, ou bien en version Fly More, avec la radiocommande, 3 batteries, une station de recharge, 3 filtres ND, des protections d’hélices et un sac, pour 1050 euros.

Le Mavic Air 2 se positionne donc à mi-chemin entre le Mavic Mini, vendu 400 à 500 euros, et les Mavic 2, vendus 1250 à 2000 euros.

Note finale du test
9 /10
Le Mavic Air 2 concentre tout le savoir faire de DJI, pionnier et leader du drone civil, dans un appareil compact, polyvalent et évolutif, pouvant accompagner un télépilote de son tout premier vol jusqu’à, pourquoi pas, des productions professionnelles.

Contrairement au Mavic Mini, il embarque effectivement des capteurs d’obstacles et propose toute une panoplie de modes de vols automatisés ou assistés pour expérimenter sereinement la photo et la vidéo aérienne et réaliser facilement des images hors du commun. Ses prestations en photo et vidéo n’ont pas grand-chose à envier à celles du DJI Mavic 2 Pro (elles les surpassent même sur certains critères), sauf dans certains cas spécifiques pour lesquels la qualité brute d’un capteur 2 fois plus grand fait la différence.

Nos seules réserves portent sur l’absence de capteurs d’obstacles latéraux et sur la qualité de l’application DJI Fly, qui mérite d’être peaufinée et surtout qui devrait intégrer la carte officielle des zones de vol autorisées en France.
Points positifs
  • Modes de vol automatiques
  • Qualité d’image
  • Autonomie
  • Compacité
Points négatifs
  • Absence de capteurs d’obstacles latéraux
  • Qualité de l’application DJI Fly à améliorer

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