Introduction

Seul smartphone si équitable et si réparable du marché, le Fairphone 3 est hors catégorie. Nous l’avons malgré tout jugé comme un smartphone conventionnel pour déterminer à quel point il faut être engagé pour le choisir.

Fairphone 3

Le dos transparent du Fairphone 3

Cinq ans après le premier Fairphone et trois ans après le Fairphone 2, l’entreprise Fairphone a lancé au mois de septembre 2019 le Fairphone 3. Une mise à jour bienvenue pour les adeptes de commerce équitable qui attendaient patiemment le renouvellement du produit de cette entreprise militant pour une industrie du téléphone plus juste.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, rappelons brièvement la proposition inédite de Fairphone. Comme Bas van Abel, son fondateur, nous l’a expliqué lors du lancement de la troisième génération du « téléphone juste », Fairphone veut commercialiser des téléphones de plus en plus éco-responsables et prouver que l’initiative séduit certains consommateurs, afin de motiver le reste de l’industrie à suivre l’exemple.

Concrètement, l’entreprise met en place progressivement des chaînes d’approvisionnement et de production plus transparentes et plus responsables. Elle porte une attention particulière aux conditions sociales, environnementales et sanitaires dans lesquelles sont extraits 10 des 40 minéraux contenus dans un smartphone, les dix sur lesquels elle pense avoir la plus grande influence. Elle recourt par exemple à de l’or certifié Fairtrade ou à des matériaux recyclés. Toutefois, son fondateur dit avoir « la certitude » qu’il y a encore du travail infantile dans sa chaîne d’approvisionnement. Mais il se vante d’être un des rares fabricants à le reconnaître. Par ailleurs, l’entreprise a confié l’assemblage du Fairphone 3 à un nouveau partenaire, Arima, avec lequel il a mis en place un programme d’amélioration des conditions de travail et des rémunérations.

Fiche technique du Fairphone 3

Modèle Fairphone 3
Version de l'OS Android 9.0
Interface constructeur Android Stock
Taille d'écran 5.7 pouces
Définition 2160 x 1080 pixels
Densité de pixels 427 ppp
Technologie LCD
SoC Snapdragon 632
Puce Graphique (GPU) Qualcomm Adreno 506
Mémoire vive (RAM) 4 Go
Mémoire interne (flash) 64 Go
Appareil photo (dorsal) Capteur 1 : 12 Mpx
Appareil photo (frontal) 8 Mpx
Enregistrement vidéo 4K
Wi-Fi Wi-Fi 5 (ac)
Bluetooth 5.0
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7)
NFC Oui
Capteur d'empreintes Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Batterie 3000 mAh
Dimensions 71.8 x 158 x 9.89mm
Poids 187.4 grammes
Couleurs Noir
Prix 449€
Fiche produit

Ce test a été réalisé avec un Fairphone 3 qui nous a été prêté par la marque.

Un smartphone pensé pour durer

La mission de Fairphone se concrétise aussi par la conception de ses smartphones. Les gens utilisent leurs téléphones moins de trois ans, selon Fairphone, ce qui ferait de la téléphonie mobile l’industrie contribuant le plus à la pollution numérique. Fairphone conçoit donc ses téléphones de manière à favoriser leur longévité. La fabrication représente environ la moitié de l’empreinte carbone d’un téléphone, selon la marque, mais plus on le garde longtemps, plus on réduit son impact environnemental.

Aussi, tout comme son prédécesseur, le Fairphone 3 est facilement démontable, facilement réparable, et on pourra potentiellement actualiser certains de ses modules. Les possesseurs de Fairphone 2 avaient pu mettre à niveau les appareils photo. Le Fairphone 3 se distingue des smartphones conventionnels dès le déballage. L’appareil est effectivement livré sans chargeur ni câble, ce qui incite l’utilisateur à se procurer ou à réutiliser un chargeur USB-C, et à le mutualiser avec d’autres appareils. Ailleurs qu’en France, où c’est obligatoire (pour réduire l’exposition aux ondes), il est également livré sans écouteurs. Il est en revanche livré avec un « bumper » (un pourtour antichoc), qui réduit les risques de casse, et surtout avec… un tournevis !

L’utilisateur peut démonter et remonter son téléphone en quelques minutes. Le capot en plastique translucide se déclipse et donne accès, sans outil, à la batterie amovible de 3060 mAh et 11,781 Wh. On peut ainsi remplacer la batterie, l’un des premiers motif de renouvellement d’un smartphone, quand elle fatigue, mais on peut aussi acheter une ou plusieurs batteries supplémentaires, pour la somme modique de 30 euros, pour prolonger l’autonomie du téléphone (sur laquelle nous revenons plus loin). Comme au bon vieux temps ! Les deux logements nano-SIM et le logement microSD dédiés (par opposition à un emplacement combiné) sont accessibles après avoir retiré la batterie.

Si l’écran du Fairphone 2, un autre des principaux motifs de renouvellement de smartphone, se démontait lui aussi sans outil, à l’aide de deux loquets coulissants, celui du Fairphone 3 est clipsé et vissé au châssis par 13 vis Phillips #00. On ne peut plus épater la galerie en démontant l’écran d’un tour de main, mais au fond on ne remplace pas son écran tous les mois. En contrepartie, l’appareil est plus rigide et plus esthétique. Il reste alors le châssis, en plastique, duquel on peut encore dévisser quatre modules, reliés à la carte mère par des connecteurs souples, plus par des connecteurs à broches Pogo. Avec un bon tournevis, il ne faut que quelques minutes pour séparer les sept pièces, ce qui vaut au Fairphone 3 un score de réparabilité de 10/10, pour la deuxième fois dans l’histoire d’iFixit, après le… Fairphone 2.

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Notons que malgré sa conception modulaire, le Fairphone 3 est certifié IP54, ce qui signifie qu’il résiste aux éclaboussures, mais pas à l’immersion.

En plus de la batterie, Fairphone vend toutes les pièces détachées sur son site internet : l’écran pour 90 euros, l’appareil photo pour 50 euros, le module supérieur (incluant appareil photo frontal, capteurs ambiants, écouteur et jack 3,5 mm) pour 30 euros, le module inférieur (incluant le vibreur et le port USB-C) pour 20 euros, et enfin le module haut-parleur (désormais indépendant du module inférieur) pour 20 euros. Le châssis et la carte mère ne sont toujours pas réparables.

Vue éclatée du Fairphone 3

Vue éclatée du Fairphone 3 et ses modules

Un design fonctionnel

Le Fairphone 3 arbore un look industriel, fonctionnel, fait de rectangles aux coins arrondis, de plastique mat, translucide au dos, qui correspond bien à la philosophie du projet. Même si le design du Fairphone 3 est beaucoup moins clivant que celui du Fairphone 2, sa conception modulaire impose toujours quelques concessions sur le plan ergonomique et esthétique. Pour commencer, l’appareil est assez épais (9,89 mm), mais il est surtout très long (158 mm). C’est que Fairphone a tenu à proposer un écran dans l’air du temps, assez grand (5,7 pouces) et haut (ratio 18:9), mais qu’il n’a pas tellement pu réduire les bordures. On n’avait plus vu de telles bordures depuis quelques années, ou bien seulement sur des téléphones tout premier prix, tel que le Xiaomi Redmi 7A vendu 4 fois moins cher. À titre de comparaison, des téléphones modernes conventionnels de toutes les gammes de prix, du Nokia 2.2 au Samsung Galaxy S10e, logent un écran de même diagonale dans des boîtiers moins longs de 12 à 16 mm, ce qui n’est pas négligeable.

Fairephone 3 - tranche

Fairephone 3 – tranche

Malheureusement, Fairphone n’a pas profité des larges bordures pour intégrer des haut-parleurs stéréo, comme sur les Google Pixel 3 par exemple. La bordure supérieure intègre l’écouteur assez grossièrement, et le haut-parleur se trouve sur la tranche, en bas à gauche du téléphone. On l’obstrue facilement lorsque le téléphone repose dans la paume de la main ou avec le pouce lorsqu’on le tient à l’horizontale pour regarder une photo ou une vidéo.

Et c’est peut-être un détail pour vous, mais pour certains ça compte beaucoup : signalons que le vibreur délivre un retour haptique grossier, assez désagréable, alors que certains smartphones Android s’approchent désormais du fameux « Haptic Feedback » des iPhone.

Enfin, le capteur d’empreinte digitale fonctionne vite et bien, mais il est positionné trop haut au dos du téléphone. La coque translucide montre bien qu’il est repoussé par l’agencement des modules inférieurs et de la batterie. Par conséquent, même avec de grandes mains, l’index ne l’atteint pas si le téléphone est posé sur l’auriculaire ou au creux de la main. Il faut donc adapter sa prise le temps du déverrouillage. Ce n’est pas insurmontable, mais on a connu plus confortable. Le Fairphone 3 propose autrement les méthodes habituelles de déverrouillage par schéma ou par code, mais pas par reconnaissance faciale.

Un écran médiocre

Compte-tenu de ses larges bordures, ce grand écran de 5,65 pouces nuit quelque peu à la prise en main du Fairphone 3 et malheureusement il ne compense pas par sa qualité d’affichage. Fairphone commande des écrans dans des volumes relativement insignifiants, comparé à ses concurrents, et son fournisseur réserve probablement ses meilleurs échantillons à des clients plus rémunérateurs.

Nos mesures donnent une luminosité maximale de 520 cd/m² et un taux de contraste de 1600:1, deux résultats assez bons, mais une température des couleurs de 8500 K et un delta E moyen de 8,2, des résultats très éloignés du standard de 6500 K et d’un idéal inférieur ou égal à 3. Hormis la fonction d’éclairage nocturne, le logiciel ne permet malheureusement aucun ajustement. Comprenez par là que l’usage du téléphone en plein soleil ne sera pas un problème, mais que la justesse de ses couleurs n’est pas son point fort.

Fairphone 3 de face

Les bordures du Fairphone 3 rappellent un temps révolu

En pratique, si le manque de fidélité des couleurs ne saute pas aux yeux sans point de comparaison, l’écran parait trop froid à l’œil nu. Nous n’avons rien à signaler en revanche concernant la définition de 2160 x 1080 pixels (ratio 18:9) et la résolution de 427 ppp de cet écran LCD IPS, recouvert d’une dalle de verre renforcé Corning Gorilla Glass 5.

Photo & vidéo : un capteur sous-exploité

De même, l’appareil photo du Fairphone 3 parait intéressant sur le papier. La fiche technique parle effectivement d’un appareil photo dorsal avec un capteur de 1/2,55 pouce de 12 millions de pixels, un autofocus Dual Pixel à détection de phase et un objectif f/1,8. Soit des caractéristiques techniques alléchantes. Mieux, cet appareil photo repose sur un capteur Sony IMX363, comme… les Google Pixel 3, qui sont parmi les smartphones les plus doués en photo du marché !

Malheureusement, si les tests objectifs de VCX, un concurrent de DxOMark, lui donnent un score de 64/100, à 1 point des Pixel 3, nos tests subjectifs sont moins élogieux. Les photos ne manquent pas de piqué, la netteté est peut-être même excessivement accentuée, le bruit électronique est relativement contenu et le mode portrait fonctionne aussi bien ou aussi mal que d’habitude, mais il y a des problèmes avec la gestion de l’exposition, du contraste et de la plage dynamique. Les clichés sont souvent trop sombres, trop contrastés, certaines zones sont anormalement bouchées.

L’application appareil photo, inspirée de celle des iPhone, est fonctionnelle, mais l’image du viseur est encore plus sombre que l’image finale, et le menu de paramétrage, complet, n’est que partiellement traduit. En somme, le matériel a du potentiel, mais il est sous-exploité par le logiciel mis en œuvre par Fairphone. Contacté, Fairphone dit travailler sur une série de mises à jour et invite les utilisateurs à gérer manuellement la fonction HDR entre temps. Il rappelle par ailleurs que les Google Pixel 3 utilisent une intelligence artificielle dopée au « big data » de Google, ce qu’ils ne peuvent (et ne veulent ?) pas faire.

Autrement le Fairphone 3 filme en Ultra HD à 30 images/seconde, sans stabilisation électronique, et en Full HD jusqu’à 120 i/s, avec ou sans stabilisation électronique. Ne comptez pas sur lui en vidéo, du moins pas tant que Fairphone n’aura pas corrigé ses lacunes, car la plage dynamique est très faible (heureusement les variations d’exposition sont douces) et l’autofocus « pompe » toutes les 5 secondes, même si la mise au point était déjà bonne.

Enfin, l’appareil photo frontal repose sur un minuscule capteur de 1/4 pouce de 8 mégapixels avec un objectif f/2. Il présente l’intérêt d’être assez grand angle, mais les clichés manquent de piqué. On fait mieux, même en entrée de gamme !

Les performances d’un milieu de gamme

Le Fairphone 3 embarque un Snapdragon 632. Ce n’est pas la plus puissante de la vaste gamme de puces Snapdragon de la série 6, mais contrairement à ce que la numérotation pourrait laisser penser, ce n’est pas une vieille puce, c’est au contraire l’une des dernières série 6 lancée. Bas van Abel, fondateur de Fairphone, nous a expliqué avoir choisi cette puce pour son bon rapport performance/prix.

Cette puce comporte un CPU à 4 cœurs Kryo 250 Gold (dérivés du Cortex-A73) à 1,8 GHz + 4 cœurs Kryo 250 Silver (dérivés du Cortex-A53) à 1,8 GHz, un GPU Adreno 506, un modem Snapdragon X9 (LTE catégorie 7, jusqu’à 300 Mb/s en téléchargement), et des contrôleurs Wi-Fi 5 (jusqu’à 364 Mb/s), Bluetooth 5 et NFC. Le Fairphone 3 est d’ailleurs compatible Google Pay, mais soulignons que l’antenne NFC se trouve en bas du téléphone, ce qui est inhabituel, et pour cause : ce n’est pas très pratique pour payer.

Dans les benchmarks CPU et GPU, le Fairphone 3 obtient exactement les mêmes scores que le Motorola Moto G7, un smartphone embarquant la même puce et la même définition d’écran, que nous nous sommes fait prêter pour l’occasion. Des jeux tels que PUBG Mobile ou Real Racing 3 fonctionnent normalement.

  Fairphone 3 Motorola Moto G7 Honor 20 Lite Redmi Note 7
SoC Snapdragon 632 Snapdragon 632 Kirin 710 Snapdragon 660
AnTuTu 7 105 996 108 155 130 310 144 013
3D Mark Slingshot 513 508 863 1 355
PCMark 5718 6026 5 821 6 310
GFX Bench Car Chase (onscreen / offscreen) 3,6 / 3,9 fps 3,6 / 3,9 fps nc nc
GFX Bench Manhattan (onscreen / offscreen) 9,9 / 10 fps 9,9 / 10 fps nc nc
Lecture/écriture séquentielle 133,7 / 129,05 Mo/s 302 / 237 Mo/s nc nc
Lecture / écriture aléatoire 16,6k / 4,1k IOPS 17k / 3,8k IOPS nc nc

Le Fairphone 3 est pourtant moins agréable à utiliser que le Moto G7. Si le défilement des écrans d’accueil ou l’ouverture du tiroir d’applications sont parfaitement fluides, le défilement de pages web ou de listes (contacts, emails…) est assez désagréable, en raison notamment d’un retard tactile assez perceptible, et sans doute aussi d’un poling rate insuffisant : la gestion de l’écran tactile est perfectible.

De plus, il faut parfois attendre une demi-seconde le chargement de certains éléments d’interface, tels que le clavier virtuel à l’activation d’un champ texte, les icônes au retour sur l’écran d’accueil ou les fonctions du téléphone après le lancement d’un appel (dont le haut-parleur, qui au passage est trop fort même au réglage de volume le plus faible). C’est probablement dû aux performances modestes des 64 Go de mémoire eMMC intégrée, révélées par AndroBench. Cependant, une fois que tous les composants nécessaires à l’exécution d’une tâche sont chargés dans les 4 Go de mémoire vive LPDDR3, le téléphone est parfaitement fluide et réactif.

Un logiciel basé sur AOSP

En somme, une partie des lacunes du Fairphone 3 est d’ordre logiciel. L’appareil repose sur une version totalement « stock » d’Android 9. En effet, excepté l’application appareil photo, le Fairphone 3 n’a pas la moindre spécificité logicielle. Il semble que la petite équipe de développeurs de Fairphone s’est contentée de combiner AOSP, les pilotes Snapdragon et les services Google nécessaires à la certification Google.

Pour preuve, les sons de notification, dont le son par défaut « Pixie Dust », sont ceux d’AOSP et datent d’Android 2.x, ils ont près de 10 ans ! On trouve aussi le widget « Astuces de l’écran d’accueil » hérité de la même époque. La seule personnalisation repérée sont les quatre fonds d’écran, moins inspirés que ceux du Fairphone 2. Notons à ce propos que l’application Fonds d’écran animés est installée alors qu’elle n’en propose aucun.

Il faut donc espérer que Fairphone corrigera et optimisera rapidement le firmware du Fairphone 3, comme il l’avait fait avec le Fairphone 2. Je n’ai pas testé le Fairphone 2 à sa sortie fin 2015, mais ceux que j’ai empruntés en 2016 puis en 2017 pour tester Fairphone Open, LineageOS 14.1 ou la mise à niveau des modules photo avaient corrigé les lacunes relevées au lancement et s’étaient bonifiés avec le temps.

Le fabricant promet d’ailleurs 5 années de mises à jour d’Android et de mises à jour de sécurité. Lancé le 10 septembre avec les mises à jour de sécurité du 1er août 2019, le Fairphone 3 n’a pas encore reçu les correctifs du 1er septembre et du 1er octobre. Fairphone était pourtant l’un des bons élèves avec le Fairphone 2. Espérons que c’est le signe que les quelques développeurs de l’entreprise travaillent sur les problèmes précités. Concernant Android 10, nous avons questionné Bas van Abel, qui nous a répondu qu’il ne pouvait pas encore dire quand il serait proposé.

Quoi qu’il en soit, si le Fairphone 3 est livré avec le bootloader verrouillé pour des raisons de sécurité, Fairphone autorise le déverrouillage, qu’on effectue très facilement en quelques clics dans le menu d’options pour les développeurs et en deux commandes adb et fastboot. On peut donc espérer un portage officiel et optimisé du firmware open source LineageOS.

Une autonomie dans la moyenne

Concernant l’autonomie, le Snapdragon 632 est réputé économe en énergie, donc Fairphone annonce sans trop se mouiller que son dernier smartphone tient facilement une grosse journée. En pratique, soumis à notre protocole Smartviser, qui simule une utilisation mixte, le Fairphone 3 a tenu 11 h 15 min, un assez bon score, surtout si on tient compte de la capacité modeste de 3060 mAh et 11,781 Wh de sa batterie (amovible rappelons-le).

Le téléphone est compatible Quick Charge 3.0 et USB Power Delivery (USB-PD). Avec notre chargeur Anker PowerPort PD 1 délivrant jusqu’à 30 W, il faut 50 min pour passer de 0 à 50%, et 1 h 45 min pour passer de 0 à 100%.

Prix et disponibilité

Le Fairphone 3 est disponible depuis le 10 septembre 2019 au prix de 450 euros tout rond. En France, il est vendu exclusivement chez Orange et Sosh, seul opérateur français à avoir distribué le Fairphone 2, jusqu’au 31 octobre 2019. Mais il est débloqué, les clients d’autres opérateurs peuvent donc l’acheter dès à présent. Il est d’ailleurs exposé dans certaines boutiques de l’opérateur.

Les Français pourront également l’acheter directement sur le site de Fairphone à partir du 1er novembre 2019. L’entreprise remboursera 20 euros aux acheteurs qui renverront, à ses frais, un téléphone en état de marche à recycler.

Rappelons enfin que le Fairphone 3 est vendu sans chargeur ni câble USB. Si vous n’avez pas déjà de chargeur USB-C, Fairphone vend sur son site un adaptateur USB-A Qualcomm Quick Charge 3.0 pour 20 euros et un câble USB-A vers USB-C durable pour 20 euros.

Test Fairphone 3 Le verdict

design
5
Le design du Fairphone 3 est moins clivant que celui du Fairphone 2, la qualité de l’assemblage est assez bonne, mais la combinaison d’un écran 18:9 et d’une conception modulaire impose de sérieuses concessions ergonomiques.
écran
5
La résolution, la luminosité et le contraste de l’écran sont bons, mais la colorimétrie est franchement mauvaise. L’écran souffre en outre d’un retard tactile assez prononcé.
performances
7
Le Snapdragon 632 fonctionne normalement et fournit une puissance suffisante pour la plupart des utilisations, sauf pour certains jeux. Dommage que la mémoire interne cause quelques ralentissements.
logiciel
5
Le Fairphone 3 repose sur une version totalement stock d’Android 9. Ce ne serait pas pour nous déplaire si seulement les rares incursions de Fairphone (appareil photo, fonds d’écran, sonneries) n’étaient pas bâclées. Espérons que des mises à jour corrigerons rapidement les problèmes.
caméra
6
Le Fairphone 3 embarque le même capteur que les Google Pixel 3, mais il est largement sous-exploité. Les photos sont nettes, mais l’exposition et le contraste sont souvent ratés. L’autofocus pompe en vidéo. Des mises à jour correctives sont prévues.
autonomie
9
La puce Snapdragon 632 est économe en énergie et permet au téléphone de tenir une journée entière. On peut acheter une batterie supplémentaire en cas de besoin, comme au bon vieux temps !
Note finale du test 6/10
Si on le juge comme un smartphone conventionnel, indépendamment de toute considération éthique et financière, en l’état le Fairphone 3 n’est pas un très bon smartphone. Il est moins bon que d’autres smartphones aux fiches techniques similaires, tels que le Motorola Moto G7 ou le Xiaomi Redmi 7.

Mais le Fairphone 3 est un smartphone hors catégorie répondant à d’autres aspirations, environnementales et sociales, sur lesquelles, tout en étant encore loin d’être parfait, il est bien meilleur que tous les autres.

S’il suit le chemin du Fairphone 2, on peut espérer qu’il va rapidement se bonifier, avec des mises à jour corrigeant ses problèmes d’ordre logiciel. Il ne restera alors que de petits problèmes d’ergonomie, qu’on lui pardonnera car ils résultent de sa conception réparable, et son écran médiocre. Il sera toujours deux ou trois fois plus cher que des smartphones comparables, mais on pourra alors le conseiller sans réserves aux consommateurs engagés.
Points positifs
  • Équitable
  • Durable
  • Autonome
Points négatifs
  • Appareil photo sous-exploité
  • Firmware pas optimisé
  • Écran