Honor a présenté ce mardi son dernier-né, le Honor View 30 Pro. Si le smartphone se veut particulièrement ambitieux, notamment sur la photo, force est de constater qu’il est handicapé par l’absence des services Google. On a pu le prendre en main.

Le Honor View 30 Pro

C’est à l’occasion d’un événement à Pékin et en chinois que George Zhao, le président de Honor, a dévoilé ce mardi les deux nouveaux smartphones hauts de gamme de la marque, les Honor View 30 et View 30 Pro. Présents à l’événement, nous avons pu les prendre en main.

Un smartphone très ambitieux pour la photo

Ce qui marque quand on découvre le Honor View 30 Pro, c’est sa similitude avec les derniers modèles hauts de gamme de Huawei. Certes, on ne retrouve pas d’écran OLED incurvé, mais simplement du LCD. Certes, on n’a pas d’encoche, mais un écran percé désormais habituel sur les modèles les plus hauts de gamme de Honor. Certes, ce qui vaut pour le Honor View 30 Pro vaut essentiellement aussi pour le Honor View 30. Mais ce qui a fait le succès des Huawei P30 Pro et Mate 30 Pro, à savoir la qualité photo, on le retrouve sur le Honor View 30 Pro.

L’appareil photo du Honor View 30 Pro

En effet, pour la première fois, Honor réutilise une technologie de capteur déjà éprouvée par Huawei avec ses deux smartphones, à savoir le capteur RYB (rouge, jaune, bleu) plutôt que le traditionnel RGB (rouge, vert, bleu). C’est ce capteur qui a permis au Huawei P30 Pro de se démarquer en milieu d’année avec des clichés très détaillés et particulièrement lumineux. C’est ce même capteur qui a aussi été utilisé sur le Mate 30 Pro pour proposer une fonction vidéo tirant profit de l’appareil ultra grand-angle — et non pas du grand-angle classique.

L’application photo du Honor View 30 Pro

On retrouve ce capteur sur les deux View 30. La seule différence entre les deux modèles, du moins pour cet appareil-là, étant du domaine de l’optique, puisque le View 30 dispose d’une ouverture à f/1,8 quand le View 30 Pro a une ouverture plus grande de f/1,6.

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L’ambition de Honor se mesure aussi sur l’arrivée, pour la première fois, de la charge sans fil sur l’un de ses smartphones. Si celle-ci est limitée au Honor View 30 Pro, elle permet d’ajouter une fonctionnalité qui manquait encore à la gamme chinoise pour prétendre véritablement au haut de gamme.

L’OLED toujours aux abonnés absents

Quant au reste du design, on ne dira pas que c’est un sans faute, mais pas loin. On peut regretter l’obstination avec laquelle Honor s’accroche à la technologie LCD, moins contrastée et lumineuse que l’OLED, pour ses écrans. On appréciera néanmoins que la marque ait conservé l’emplacement sur la tranche droite du lecteur d’empreintes digitales, toujours aussi pratique et accessible. Quant au large module photo au dos — qui n’abrite pourtant que trois capteurs — on se demande encore pourquoi ne pas l’avoir fait plus fin, ou plus large tant qu’on y est. Reste que dans l’absolu, le Honor View 30 Pro a beaucoup de potentiel.

On a pu découvrir dans des ateliers — où les conditions de prise de vue sont forcément contrôlées — la qualité photo en basse lumière et celle des vidéos stabilisées et force est de constater que le smartphone s’en tire avec les honneurs. Sans atteindre la qualité du Huawei P30 Pro ou du Pixel 4, il s’en approche fortement.

Un smartphone particulièrement regrettable

On l’a dit plus tôt, la conférence de présentation du Honor View 30 était faite en chinois dans le texte. Si cela ne nous a pas gênés compte tenu d’oreillettes et d’une traduction bien pratique pour suivre l’annonce sur place, cela démontre néanmoins un léger changement de stratégie pour Honor.

En effet, contrairement aux Honor 20 et 20 Pro qui étaient dévoilés pour la toute première fois en Grande-Bretagne, les Honor View 30 et 30 Pro visent avant tout le marché chinois, du moins pour l’instant. Il faut dire qu’entre temps est intervenue la décision de Washington de couper les ponts entre les entreprises américaines et le groupe Huawei, dont sa marque Honor.

Principale conséquence de cette décision pour ces nouveaux smartphones : ils ne sont pas équipés des services mobiles Google. Comme les Huawei Mate 30 et Mate 30 Pro avant eux, les Honor View 30 et View 30 Pro sont donc coupés du Google Play Store, de YouTube, de Google Maps et surtout d’un grand nombre d’applications Android nécessitant les services de Google pour fonctionner. Honor tente bien de rassurer en évoquant ses propres Huawei Mobile Services (HMS), mais il faut bien admettre que la principale crainte reste le faible nombre d’applications américaines présentes dans sa propre boutique d’applications — et donc compatibles avec les HMS.

Lorsqu’on découvre pour la première fois le Honor View 30 Pro, on retrouve donc une interface bien connue, puisqu’il s’agit a priori d’Android 10 — c’est même indiqué dans la section « à propos du téléphone » — avec l’interface Magic UI 3.0 de Honor (semblable à EMUI 10). Lorsqu’on fouille néanmoins, nulle trace du Play Store, de Google ou de YouTube.

Le Honor View 30 Pro

C’est cette raison qui fait du Honor View 30 Pro un smartphone particulièrement regrettable, en cela qu’en l’état il sera de toutes évidences difficile à conseiller compte tenu des sacrifices qu’ont été obligés de faire Honor et Google. C’est pour cette même raison que Honor France n’a pas su nous répondre quant à une disponibilité du smartphone en France à l’avenir. Si Huawei était sûr d’un futur lancement du Mate 30 Pro en France — d’ailleurs on l’attend toujours — que ce soit avec ou sans Play Store, les équipes de Honor semblent un peu plus sur la réserve pour l’instant quant à une sortie du Honor View 30 Pro dans l’Hexagone.

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NB : Geoffroy était présent à Pékin pour l’événement de Honor dans le cadre d’un voyage de presse organisé par la marque.

Nos photos du Honor View 30 Pro