Introduction

Huawei a connu une excellente année 2018 avec le P20 Pro et le Mate 20 Pro. En 2019, il se doit désormais d’affronter le populaire Galaxy S10 de front. Ce Huawei P30 Pro est-il à la hauteur de ce duel ? Notre test complet vous l’indiquera.

Fiche technique

Modèle Huawei P30 Pro
Version de l'OS Android 9.0
Interface constructeur Emotion UI
Taille d'écran 6.47 pouces
Définition 2340 x 1080 pixels
Densité de pixels 398 ppp
Technologie AMOLED
SoC Kirin 980
Processeur (CPU) ARMv8
Puce Graphique (GPU) Mali-G76
Mémoire vive (RAM) 8 Go
Mémoire interne (flash) 128 Go, 256 Go
MicroSD Oui
Appareil photo (dorsal) Capteur 1 : 40 MP
Capteur 2 : 20 MP
Capteur 3 : 8 MP
Appareil photo (frontal) 32 MP
Enregistrement vidéo 4K
Wi-Fi Wi-Fi 5 (ac)
Bluetooth 5.0 + A2DP + LE
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7), 700 MHz (B28)
NFC Oui
Capteur d'empreintes Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Géolocalisation Oui
Batterie 4200 mAh
Dimensions 73.4 x 158 x 8.41mm
Poids 192 grammes
Couleurs Noir, Bleu, Vert, Orange
Prix 744€
Fiche produit

Ce test a été réalisé à partir d’un smartphone prêté par la marque.

Notre test en vidéo

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Design

Le Huawei P30 Pro a un petit côté familier, et un petit côté novateur. À la première prise en main, on retrouve la sensation d’un Huawei Mate 20 Pro, puisque ses bords et son écran arrondi les rejoignant sont très familiers. En façade pourtant, c’est plutôt du côté du P20 Pro que l’on se tourne puisqu’il ne dispose pas d’une grande encoche intégrant les capteurs nécessaires à la reconnaissance faciale 3D. Au contraire : son capteur photo avant est logé dans une petite encoche en forme de goutte, loin d’être dérangeante à l’usage et très peu marquée. En bas, nous avons quand même un menton plutôt marqué, même si celui-ci ne l’est pas assez pour être dérangeant : il est là encore au même niveau que le Mate 20 Pro.

 

C’est à l’arrière que l’on reconnaît le plus la gamme à laquelle il appartient. Pas de configuration carré, mais le retour des capteurs orientés à le vertical sur le coin supérieur gauche de l’appareil. Et pas n’importe quelle configuration, puisque nous en avons là trois. On notera que ces derniers ressortent tout de même beaucoup du corps du téléphone, qui est donc instable posé sur une surface plane. À ceux-ci s’ajoutent en parallèle un flash LED et le capteur TOF de l’appareil, prenant leur place à leur côté naturellement. Notre modèle de test est au coloris noir, et n’affiche donc pas les coloris dégradés devenus identificateurs de marque pour Huawei, mais simplement un effet miroir sobre et classique. À cela s’ajoutent toujours les mentions Leica orientées une nouvelle fois en mode portrait, qui donne au téléphone l’allure d’un appareil photo.

L’arrondi de ces tranches est exactement le même que le Mate 20 Pro : comprenez très confortable. Le côté droit intègre le bouton de verrouillage, avec un trait rouge sur notre coloris, ainsi que ceux de volume placés là où on va naturellement reposer son pouce. Le côté gauche est lui vide de toute fonctionnalité. Ce sont finalement les tranches supérieures et inférieures qui ont le plus changé et sont les plus originales, puisqu’elles sont intégralement plates cette année. Hélas, elles ne permettent pas pour autant de faire tenir le smartphone droit, comme on l’avait imaginé : c’est un simple signe différenciateur esthétique. En haut, on retrouve le micro de réduction de bruit et un capteur infrarouge. En bas, la trappe nano SIM + carte NS, le port USB type C et une unique grille haut-parleur.

Les finitions du smartphone sont sublimes, c’est absolument indéniable. Et pourtant… quelque chose ne va pas. À 192,80 grammes, il est à peine plus lourd qu’un Mate 20 Pro, mais le P30 Pro fait beaucoup plus massif en main et moins agréable. D’ordre général, il impressionne moins que son frère sorti 6 mois plus tôt, et est moins agréable à utiliser. Il paraît moins raffiné. Ça n’est pas pour dire qu’il n’est pas à la hauteur de son statut premium, mais la formule est un peu moins efficace. Le Huawei P30 Pro est certifié IP68, lui garantissant une résistance à l’immersion sous l’eau sur 1 mètre de profondeur pendant 30 minutes.

Je lui rajouterais personnellement un grand défaut : l’absence de LED de notification. Ainsi, et pour la première fois, me voilà obligé d’user du mode Always On pour être sûr de ne louper aucune notification dans mon cadre d’utilisation.

Écran

Cet aspect un brin plus massif peut peut-être s’expliquer par l’inclusion d’un écran un peu plus grand. Le Huawei P30 Pro profite d’une dalle AMOLED de 6,47 pouces supportant une définition maximale en Full HD+. Il s’agit d’un écran au ratio 19,5:9.

À l’œil, impossible de nier que son rendu est magnifique. Les couleurs sont vives, précises, et la luminosité est plus que satisfaisante. La simple taille de la dalle permet une expérience de visionnage très confortable, et son encoche minime ne vient jamais gâcher l’expérience. C’est excellent.

Notre sonde nous indique qu’en réglage par défaut, la température de couleurs est aux environs de 7000K, ce qui est très bon. Qui plus est, la dalle profite d’une luminosité maximale de 585 cd/m² sur nos tests, là encore excellents. Elle tire un peu vers le bleu, mais c’est avant tout affaire de préférence.

Comme d’habitude avec EMUI, il vous est en effet possible de retoucher les réglages de la dalle si vous préférez des couleurs plus naturelles. Vous pouvez choisir entre un mode couleurs normales ou un mode couleurs vives, et retoucher la température de couleur librement. Ainsi, il est parfaitement possible de trouver les 6500K représentant la couleur la plus naturelle sans le moindre problème. La dalle est vraiment l’une des meilleures disponibles actuellement.

Logiciel

Le Huawei P30 Pro profite d’Android 9 Pie d’entrée de jeu avec l’interface EMUI en version 9.1. Il a également à sa disposition le dernier patch de sécurité actuellement disponible, celui de mars 2019.

De l’aveu même du constructeur, les principales nouveautés logicielles accordées par l’interface au Huawei P30 Pro sont à voir du côté de l’appareil photo. Pour le reste, on remarquera simplement un nouveau pack d’icônes par défaut qui n’est pas des plus saillants qui plus est ; le reste est identique.

EMUI offre toujours énormément de personnalisations, et la possibilité d’avoir ou non un tiroir d’applications. La navigation par gestes est également incluse, en prime d’une reconnaissance faciale 2D satisfaisante à l’usage. Même un thème sombre pour toute l’interface est disponible depuis le P20 Pro.

Il y a tout de même un hic : son design vieillissant. Pointé du doigt depuis bien des appareils, il fait véritablement tache face aux efforts de son concurrent direct Samsung en la matière. On a toujours reproché à Huawei de ne pas faire assez d’efforts sur ce terrain sur ses appareils, et le Huawei P30 Pro est la dernière offense en la matière. La comparaison avec Samsung lui est fatale tant son aspect général et son usage semblent datés. C’est parfaitement fonctionnel : il ne manquerait plus que ce soit beau, ou a minima aux standards de 2019.

Lecteur d’empreintes sous écran

Le Huawei P30 Pro est sécurisé par le biais d’un lecteur d’empreintes sous écran. Au même titre que le Huawei Mate 20 Pro, il utilise ici un lecteur optique. Si l’on nous a promis un lecteur amélioré, une nette différence entre ces deux appareils n’a pas été remarquée à l’usage. Ce qui ne veut pas pour autant dire qu’il est mauvais, bien au contraire : il est toujours aussi satisfaisant à utiliser.

Je suis tout de même moins convaincu par son placement sur l’écran en lui-même. Sur le Mate 20 Pro, il était situé plus au centre, là où le pouce se repose naturellement. Ici, il est placé un peu plus sur le bas de l’appareil, là où la touche d’ouverture du tiroir d’applications est placée habituellement. Ce n’est pas un problème en soi, ni un coup de main à prendre, mais le positionnement du Mate 20 Pro reste plus confortable.

Écran courbé

Comme sur le Huawei Mate 20 Pro, l’écran du P30 Pro est courbé sur les côtés. Cependant, à la différence du Mate 20 Pro, il m’est arrivé plus d’une fois d’avoir des appuis accidentels sur le dernier modèle de la marque.

L’usage est particulièrement frustrant lorsqu’on lance l’appareil photo, puisque ma main se pose naturellement sur le volet de sélection de mode. Ainsi, il m’est arrivé plus d’une fois de prendre un cliché en mode nuit sans le vouloir, du fait de ces appuis accidentels. C’est un problème facilement réglable par mise à jour, et qui le sera très certainement à l’avenir, mais mieux vaut prévenir que guérir.

Performances

Le Huawei P30 Pro s’équipe du Kirin 980, dernière puce créée en interne par HiSilicon. Elle est ici couplée à 8 Go de RAM LPDDR4X.

Au quotidien, le smartphone est extrêmement fluide et passe sur tous les usages sans le moindre problème. Rien d’étonnant pour un smartphone premium bien sûr.

 Huawei P30 Pro (perf ON)Samsung Galaxy S10 (FHD+)Xiaomi Mi 9Mate 20 Pro (perf ON)
SoCKirin 980Exynos 9820S855Kirin 980
AnTuTu 7.x315 754316 966370 355300 614
PCMark 2.09 1737 7818 8389 337
3DMark Slingshot Extreme4 2434 3575 4994 220
3DMark Slingshot Extreme Graphics4 3745 2606 3554 252
3DMark Slingshot Extreme Physics3 8412 7523 7374 113
GFXBench Aztec Vulkan high (onscreen / offscreen)16 / 13 FPS20 / 16 FPS23 / 16 FPS14 / 11 FPS
GFXBench Car Chase (onscreen / offscreen)29 / 33 FPS37 / 39 FPS36 / 42 FPS27 / 32 FPS
GFXBench Manhattan 3.0 (onscreen / offscreen)59 / 89 FPS58 / 86 FPS60 /101 FPS59 / 78 FPS
Lecture / écriture séquentielle903 / 232 Mo/s815 / 194 Mo/s796 / 189 Mo/s866 / 195 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire43,4k / 66k IOPS35,5k / 6,3k IOPS37,1k / 37,1k IOPS39,6k / 40k IOPS

Sur Fortnite, à la période de ce test, le Huawei P30 Pro n’est hélas pas encore tout à fait reconnu. De ce fait, nous ne pouvons aller au-delà de la qualité épique à 30 FPS en rendu 100%. L’expérience est parfaitement fluide et très agréable dans ces conditions, mais nous aurions aimé aller plus loin : la puce en est capable, il faut simplement que les serveurs d’Epic Games reconnaissent le téléphone.

PUBG Mobile nous offre le HDR, fréquence Ultra, anti-aliasing activé et ajustement auto désactivés bien sûr. Là encore, l’expérience est plus que satisfaisante pour quiconque veut enchaîner les frags tranquillement.

Surtout, on notera que le Huawei P30 Pro maîtrise parfaitement sa chauffe, même avec le mode performance activé tout le long de l’exercice. Ténue et bien répartie sur le corps du téléphone, elle n’est jamais dérangeante à l’usage et se dissipe très vite.

Appareil photo

La nouvelle technologie SuperSpectrum

Le triple capteur photo du Huawei P30 Pro dispose d’un premier capteur principal de 40 mégapixels avec un objectif ouvrant en f/1,6, un second capteur ultra grand-angle 120° de 20 mégapixels à objectif ouvrant en f/2,4 et enfin une caméra rectangulaire téléobjectif de 8 mégapixels à objectif ouvrant en f/3,4 permettant un zoom x5. À ces trois capteurs s’ajoutent un capteur TOF ou « Time of Flight » permettant de mesurer précisément la profondeur.

Le capteur principal de 40 mégapixels est dit « SuperSpectrum », soulignant une nouvelle technologie développée par Huawei. Plutôt que de se reposer sur le traditionnel filtre RVB (rouge/vert/bleu), le constructeur chinois a décidé de remplacer le vert… par du jaune. L’avantage ? Capter plus de lumière. Le désavantage ? Devoir se baser sur l’intelligence artificielle, les deux autres capteurs et le traitement afin de récupérer la couleur primaire manquante.

Triple capteur photo arrière

Le capteur créé par Huawei ici fait toujours autant de merveilles que le Mate 20 Pro avant lui. On ne niera pas qu’en plein jour, le niveau de détail et la rapidité avec laquelle la photo est prise rend l’outil particulièrement plaisant à utiliser. Sortir son téléphone pour une photo rapide ne rencontre aucun temps de pause, aucune frustration : tout est bon. On en vient même à se croire artiste tant l’outil s’efface.

En intérieur, les performances sont là encore excellentes. On notera une petite tendance au lissage lorsque la lumière vient à tomber, mais la retranscription des couleurs et le piqué général de l’appareil photo restent excellents. Les plages dynamiques sont particulièrement bien gérées, même sur des environnements difficiles.

De nuit, les performances sont là encore étonnantes. La netteté en prend naturellement pour son grade, et le capteur TOF du téléphone n’aide pas vraiment à bien définir le sujet principal de la prise de vue sans le pointer sur l’écran, mais les couleurs sont respectées et les clichés sont tous utilisables. Même dans des conditions de lumières très difficiles (scène d’un spectacle par exemple), le P30 Pro s’en tire plutôt bien.

Le capteur ultra grand-angle découvert sur le Huawei Mate 20 Pro est toujours aussi gratifiant à utiliser. Simple à activer, il ne subit pas de grande déformation, faisant que l’on peut tirer toute sorte de perspectives étonnantes grâce à celui-ci. Il permet également d’utiliser un mode macro très fin. Attention cependant : ce capteur s’en tire assez mal en basse luminosité, mieux vaut le conserver pour des environnements lumineux.

Et enfin, il y a le fameux zoom x5 optique pouvant devenir un zoom x10 hybride sans perte, et allant même jusqu’à x50 numériquement. Est-ce que la technologie est impressionnante ? Sans le moindre doute, comme vous pouvez le constater de vous-même :

La précision de l’image est beaucoup moins impactée qu’on ne pourrait le croire, même dans des conditions difficiles. Si le bruit est bien plus présent sans le moindre doute, l’image finale reste assez nette et précise comme vous pouvez le voir :

Au final, on notera tout de même que le zoom x5 reste le plus performant de tous. Surtout, à l’utilisation, je n’ai jamais trouvé de contexte dans lequel le zoom x10 m’était vraiment utile. Bien au contraire : j’ai fini par toujours osciller entre x2 et x3, n’atteignant le x5 qu’en de rares occasions, et jamais le x10.

Exemple de l’utilité du zoom x10

Le x10 est qui plus est compliqué à maîtriser, la distance du sujet rendant le cadre difficile à soigner. L’impression me restant passée cette semaine avec le P30 Pro est que Huawei s’est tellement focalisé sur l’idée d’impressionner avec ce zoom x10 qu’il en a un peu oublié qu’il n’est finalement pas si utile sur smartphone. Le zoom x5 reste cependant une valeur sûre.

Capteur photo avant

À l’avant, c’est un capteur de 32 mégapixels à objectif ouvrant en f/2,0 qui soutient les selfies. Celui-ci n’a pas vraiment de particularité, contrairement aux triples capteurs photo arrières.

Sa gestion des fortes plages dynamiques est très bonne en plein soleil, faisant que l’on retrouve une image avec une excellente netteté et d’excellentes couleurs. En intérieur, le constat est le même, mais l’absence de luminosité forcera un lissage tout de même assez prononcé. De nuit, le bruit et le lissage se mélangent pour former une image exploitable, mais pas vraiment de qualité. Dans un environnement particulièrement sombre, comptez sur le flash sans quoi vous n’en tirerez rien.

Mode portrait

Le capteur TOF au dos du smartphone est avant tout utilisé par le nouveau mode portrait du Huawei P30 Pro. Il promet une véritable gestion de la profondeur dans le traitement de son effet bokeh. Et le constat est bien là : les portraits pris par le téléphone sont absolument sublimes.

Malgré les petits manquements de l’algorithme — on peut observer des lunettes un petit peu floutées ou quelques fines mèches de cheveux non comprises — le résultat est vraiment saisissant et bien au-delà de ce qu’on a pu observer sur Android à l’heure actuelle. L’effet est époustouflant. On regrettera seulement que celui-ci ne fonctionne qu’avec des sujets humains et non des objets, tant on aimerait pouvoir l’utiliser dans plusieurs conditions. C’est le plus gros point fort de ce nouvel appareil photo, sans hésitation, et il est qui plus est aussi utilisable en conjonction avec un zoom x3.

Vidéo

Le Huawei P30 Pro est capable de filmer en 4K à 30 FPS ou en 1080p à 60/30 FPS. Il dispose également d’un mode ralenti lui permet d’atteindre les 960 fps, soit un ralenti x32.

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In fine, les performances du capteur en vidéo sont les mêmes qu’en photo. On retiendra surtout que la stabilisation OIS lui permet d’éviter les trop grands à-coups lors d’un enregistrement, particulièrement en 4K. Il profite également toujours des divers effets vidéo disponibles grâce à l’intelligence artificielle que l’on avait déjà vu sur le Mate 20 Pro, et notamment le noir et blanc avec sujets humains en couleurs.

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À l’avant, son capteur est capable de filmer en 1080p à 30 FPS. Là encore, ses performances sont plutôt très bonnes bien qu’il ne dispose d’aucune stabilisation.

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Observations

J’en avais parlé lors de mon test du Huawei P20 Pro, mais le traitement photo du constructeur est vraiment très marqué. Si je l’incombais à l’intelligence artificielle sur le P20 Pro, le fait est que j’ai utilisé l’appareil sans jamais activer la fonctionnalité sur ce test. Et pourtant : le Huawei P30 Pro force vraiment les couleurs et la netteté par défaut.

Ce faisant, chaque photographie prise par le capteur principal a tendance à avoir des ciels trop bleus, des plantes trop vertes, et une netteté trop exacerbée par rapport à la réalité. Le fait est que chaque photo prise semble avoir été passée par un filtre Instagram ; un très beau filtre, certes, mais un filtre tout de même. Cette tendance avait été quelque peu calmée sur le Huawei Mate 20 Pro, mais revient de plus belle sur ce modèle.

Ce n’est pas un problème en soi sur la majorité des usages, mais l’appareil photo choisit une nouvelle fois pour vous ce qui est beau. L’exemple le plus probant est au crépuscule, puisque le Huawei P30 Pro vient corriger automatiquement la balance des blancs, faisant que l’on a l’impression d’avoir pris une photo en plein jour alors que l’intérêt était de capturer l’environnement bleuté induit par l’arrivée de la nuit.

Évidemment, c’est un problème inhérent au mode automatique, et rien ne vous empêche de passer en mode Pro pour capturer des photos de la manière que vous souhaitez. Ça reste cependant une tendance forte à souligner sur cet appareil.

Son

Sans surprise, le Huawei P30 Pro n’intègre pas de prise jack ; il faudra se tourner vers le Huawei P30 classique pour cela. Plus étonnant, il fait également l’impasse sur le fait de fournir un adaptateur USB type C mâle vers jack femelle : les écouteurs fournis sont eux directement en USB type C.

L’expérience sonore par défaut du Huawei P30 Pro n’est pas son plus grand point fort, et pour cause : n’avoir qu’un seul haut-parleur mono, pas forcément bien placé qui plus est lorsque l’on regarde du contenu en mode portrait, n’est jamais très bon. Le son en lui-même est clair et ne manque pas de présence, bien que les basses soient naturellement un brin manquantes, mais le soutien d’un haut-parleur d’écoute pour offrir la stéréo ne serait pas du luxe. Le Huawei Mate 20 Pro le faisait très bien après tout, il est donc étonnant que la marque ait choisi de faire un retour en arrière ici.

Au moins, le Huawei P30 Pro supporte le Bluetooth 5.0 et les derniers codecs audio, AptX HD et LDAC inclus. À l’utilisation avec un casque Bluetooth, je n’ai pas noté de perte de qualité et la connexion a toujours été parfaitement stable.

Réseau et communications

Le Huawei P30 Pro est bien compatible avec toutes les bandes réseau importantes sur le sol européen, à savoir les fréquences 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7) et 700 MHz (B28). Cette dernière est particulièrement importante pour l’opérateur Free Mobile.

La qualité des appels sur le téléphone est excellente. La gestion de la réduction de bruit ambiant fait que votre voix reste très claire pour l’interlocuteur, et n’est pas dérangée par les éventuels klaxons et autres bruits parasites vous entourant.

Le GPS est lui aussi d’excellente facture. Toujours Dual Band et compatible AGPS/Glonass/BeiDou et Galileo, son fix est rapide et extrêmement précis. La boussole est elle-même très bien réglée par défaut, faisant que je n’ai rien eu à recalibrer pour réussir à me sortir du dédale que peut être Paris à l’occasion.

Autonomie

Le Huawei P30 Pro s’équipe, comme c’était le cas du Mate 20 Pro, d’une grande batterie de 4 200 mAh. Même sur le segment premium, cela reste une capacité massive qui promet toujours une excellente autonomie.

Sur notre test Viser à protocole personnalisé, le smartphone a fait l’excellent score de 10 heures et 55 minutes. Ce score le place sur le haut du panier des smartphones premium dernièrement testés, Samsung Galaxy S10 compris.

Test d'autonomie Viser
  • P30 Pro : 654
  • Galaxy S10+ : 620
  • View 20 : 706
  • Galaxy S10 : 592

À l’usage, cela se vérifie. Le Huawei P30 Pro offre la même excellente autonomie que le Mate 20 Pro, à savoir deux journées d’usage sans forcer même en utilisant pleinement son téléphone pour de la photo ou regarder des vidéos sur le net. Le résultat est vraiment excellent, et fait que l’on peut sortir sans jamais trop se préoccuper de sa batterie.

Ajoutez à cela les mêmes fonctionnalités. Le Huawei P30 Pro profite de la recharge rapide SuperCharge 2.0 à 40W qui lui permet de récupérer 71% de batterie en 30 minutes de charge, pour une charge complète en une heure environ. Il est également une nouvelle fois compatible avec la recharge sans fil jusqu’à 15W grâce au standard Qi, permettant d’utiliser n’importe quel stand prévu à cet effet.

De plus, vous pouvez une nouvelle fois profiter de la recharge sans fil inversée, permettant de charger un autre appareil sans fil grâce au Huawei P30 Pro. Je ne cacherai pas que cette possibilité n’a jamais trouvé sa place dans mon usage, mais il est toujours bon de l’avoir pour le futur des accessoires mobiles.

Galerie photo

Prix et date de sortie

Le Huawei P30 Pro est dès maintenant disponible en précommande, et sortira en France le 5 avril prochain en 3 coloris : noir, blanc nacré (un dégradé blanc rosé) et « breathing crystal », un dégradé de bleu clair. Il sera disponible à partir de 999 euros TTC avec 128 Go de stockage, mais également à 1099 euros TTC pour 256 Go de stockage.

À ce prix, il subit la concurrence du Huawei Mate 20 Pro aujourd’hui disponible entre 600 et 700 euros. À ce titre, le Huawei P30 classique devient plus intéressant.

Test Huawei P30 Pro Le verdict

design
8
Parfaite fusion entre le P20 Pro et le Mate 20 Pro, le P30 Pro profite d'une finition exemplaire... mais d'un design peut-être un brin trop encombrant comparé à ses frères. Confortable, mais pas à mettre entre toutes les mains.
écran
9
Lumineux, vibrant, et très bien calibré : l'écran AMOLED du Huawei P30 Pro régale par sa taille et sa qualité. L'encoche n'entache qu'à peine l'expérience.
logiciel
7
Nous avons prévenu plus d'une fois Huawei : EMUI 9 vieillit mal, et face au One UI de Samsung, paraît bien trop fade désormais. Les fonctionnalités et mises à jour sont là, mais c'est une interface en manque de renouveau.
performances
9
Le Kirin 980 est toujours aussi véloce en ce début d'année, même s'il n'atteint pas les mêmes performances que le Snapdragon 855. Sa chauffe est particulièrement bien maîtrisée.
caméra
9
Le P30 Pro rajoute à la formule éprouvée sur 2018 un zoom x10 de qualité mais anecdotique, mais un zoom x5 intéressant, ainsi qu'un capteur TOF rendant le mode portrait sublime. Il est loin de décevoir, mais n'apporte pas un gigantesque pas en avant sur le marché aujourd'hui habitué aux multiples capteurs.
autonomie
10
À l'égal du Mate 20 pro, il est irréprochable. À sa grande autonomie naturelle s'ajoutent toutes les technologies de recharge rapide et sans fil dont vous pourriez avoir besoin. Du grand art.
Note finale du test 9/10
Le Huawei P30 Pro mérite vraiment sa note. Le successeur du champion de la photo ajoute un nouvel outil à son arsenal, le zoom x10, et le fait efficacement. Surtout, on retiendra son mode portrait qui offre le meilleur bokeh jamais vu sur mobile en date.

Son sublime écran, ses performances et son autonomie bien au-delà de la moyenne en font un smartphone premium qui ne déçoit pas le moins du monde. Sa plus grande faiblesse est au final EMUI, que Huawei devrait repenser intégralement à présent tant il est synonyme de vieilles versions d'Android.

Et pourtant, il est un point à considérer : le Huawei P30 Pro ne représente pas une évolution majeure pour autant. Vendu très cher, son plus grand concurrent est finalement le Huawei Mate 20 Pro aujourd'hui disponible entre 600 et 700 euros, qui en comparaison ne perd pas de charme. 300 euros de différence sont-ils vraiment justifiés ? Les bourses les plus serrées feraient mieux de le considérer ; les autres auront quoiqu'il arrive un excellent smartphone, loin de décevoir.
  • Points positifs
    • Écran AMOLED sublime
    • Capteur photo polyvalent et efficace
    • Mode portrait bluffant
    • Autonomie supérieure
  • Points négatifs
    • EMUI a trop vieilli
    • Lourd et large
    • Cher pour peu d'évolution
    • (pas de prise jack)