« Accès facile aux Google Apps » : Huawei taclé par certains concurrents

 

Certains constructeurs comme Xiaomi commencent à indiquer sur leurs packaging une mention sur l'accès facilité aux Google Apps. Un ajout qui semble directement lié à l'embargo contre Huawei.

Huawei P40 Pro écran bas

Les Xiaomi Mi 10 et Mi 10 Pro commencent à être expédiés chez les premiers acheteurs et, passé l’excitation de la réception de leur nouveau smartphone, certains ont remarqué une drôle de mention sur le packaging. En effet, la boite des téléphones porte la mention « with easy access to the Google apps you use most », ce que l’on pourrait traduire par « avec un accès facile aux applications Google que vous utilisez le plus ».

Effet de communication ou mention imposée par Google ? Android Authority a enquêté sur le sujet.

Une mention conseillée par Google

Dans un premier message sur Weibo, le constructeur chinois a d’abord indiqué que cette mention faisait partie d’un accord avec Google, nécessitant la présence de cette indication sur les nouveaux téléphones. C’est en réalité un peu plus compliqué que cela.

Cette mention ne serait en fait pas obligatoire, mais seulement « suggérée » par le créateur d’Android lorsque le téléphone embarque davantage d’applications Google que nécessaire. Pour rappel, les constructeurs qui souhaitent intégrer les Google Mobile Services (GMS) sur leurs produits, et donc le Google Play Store, doivent également intégrer certaines applications, comme YouTube, Maps ou encore Gmail.

Google suggère donc également d’indiquer par la mention « with easy access to the Google apps… » la présence d’applications Google supplémentaires. C’est le cas sur les Mi 10 qui embarquent à leur bord Google One et Google Podcasts, des applications qui ne sont pas imposées dans l’accord initial des GMS.

Un croche-patte à Huawei ?

Au-delà de ces accords commerciaux qui restent à la discrétion des deux acteurs, il parait important de soulever que la suggestion de cette inscription n’est et que Google l’a déjà intégré à ses lignes directrices d’utilisation des GMS depuis longtemps. Xiaomi France nous a ainsi précisé que « la mention présente sur les boîtes de la nouvelle série Mi 10 de Xiaomi est conforme aux recommandations de longue date de Google et vise à informer les utilisateurs sur les logiciels et services inclus dans les produits ».

On peut donc y voir deux lectures différentes. La première est que les constructeurs, chinois notamment, tentent de se démarquer de Huawei et de ne pas être assimilés à des téléphones dont l’usage serait rendu plus difficile qu’à l’accoutumée par l’incompatibilité de certaines applications.

Pour rappel, un embargo des États-Unis initié en mai 2019 empêche les entreprises du pays de faire affaire avec Huawei, soupçonné d’espionnage par son activité télécom. Outre les impacts que cela aura sur le déploiement de la 5G par le géant chinois, cela empêche également Google de nouer un accord avec Huawei autour de son système applicatif, par ailleurs nécessaire au bon fonctionnement de logiciels tiers.

Les nouveaux amis de Google

Mais il existe une seconde lecture dans laquelle l’hégémonie de Google est mise à mal par Huawei justement, qui crée rapidement son propre écosystème et se retrouve donc, bien malgré lui, en position de numéro 3, derrière Google — et son Android traditionnel — et Apple. Parallèlement, les constructeurs se rapprochent tous de Google, à l’instar de Samsung qui a laissé une place au géant de Mountain View lors de la présentation de ses Galaxy S20, ou donc de certaines marques qui intègrent plus de Google Apps que nécessaire.

Dans tous les cas, c’est le signe qu’une guerre froide commence et que l’ennemi à abattre est Huawei. Quelque part, c’est flatteur.

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