5G en France : Huawei pas totalement écarté de la course (mais un peu quand même)

 

Le patron de l’Anssi, l’agence nationale de sécurité des services informatiques, a expliqué que les opérateurs travaillant déjà avec Huawei devront obtenir une autorisation d’exploitation limitée

Le siège de Huawei à Pékin

Le siège de Huawei à Pékin // Source : Frandroid

« Il n’y aura pas un bannissement total ». Ouf de soulagement sans doute chez Huawei après les propos de Guillaume Poupard, directeur général de l’Anssi. Pointé du doigt par les Etats-Unis qui l’accuse d’espionnage, devenu persona non grata dans de nombreux pays et écarté de la course à la 5G dans beaucoup, le géant chinois n’aura pas le droit à ce traitement en France. Du moins, pas totalement.

Pas de bannissement total, mais « des refus »

Chargé d’instruire le dossier de la 5G par le gouvernement, Guillaume Poupard est revenu, dans les colonnes des Echos, sur la situation de l’équipementier télécom qui travaille depuis longtemps avec les opérateurs français.

Les opérateurs qui n’utilisent pas Huawei, nous les incitons à ne pas y aller car c’est un peu le sens naturel des choses. Ceux qui l’utilisent déjà, nous délivrons des autorisations dont la durée varie entre trois et huit ans.

Il ajoute que la non-réception d’une semaine dans le courant de la semaine prochaine s’apparentera à un refus.

Pas d’arrêt donc des partenariats, mais l’obligation en vue de faire une demande d’exploitation qui sera limitée dans le temps. Il y a quelques mois, la France avait déjà laissé sous-entendre que les opérateurs pourraient continuer d’utiliser des équipements Huawei, mais pour des parties non sensibles du réseau.

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Le marché de la 5G se ferme donc à moitié pour Huawei, pourtant l’un des acteurs phares du secteur dans la fourniture d’infrastructures réseaux. Ses principaux rivaux, les européens Nokia et Ericsson, sont les grands bénéficiaires de la situation du chinois à travers le monde. Et la France a déjà fait savoir par le passé qu’ils seraient privilégiés, Orange en ayant même déjà fait l’annonce pour son réseau tout comme Free.

« Pas de Huawei bashing »

«Nous ne sommes pas dans du Huawei bashing, ni dans du racisme antichinois», se défend-il. «Nous sommes dans une gestion de risques. Tous les équipementiers télécoms ne se valent pas. Je ne cite pas de nom, mais il est clair que l’on n’est pas dans les mêmes risques quand on parle d’équipements chinois ou américains. » Qualifiant le déploiement de la 5G en France de « compromis », il a rappelé que cela devait se faire dans des « conditions économiques acceptables pour les opérateurs télécoms et aussi souveraines qui nous permettent de ne pas être dépendants de tel ou tel équipement ou pays ».

Invoquant la prudence et la surveillance pour éviter l’hégémonie d’un seul équipementier, le patron de l’Agence de sécurité des systèmes d’information reconnaît que cela va restreindre la présence de Huawei en France. Mais il ajoute aussi que « beaucoup d’antennes installées sont compatibles avec la 5G », ce qui permettra aux opérateurs de moins investir. Les discussions doivent désormais débuter avec ces derniers sur le choix de leurs équipementiers, estimant que c’était avant tout une question « de souveraineté » et non de « procès d’intention ». Mais il y a un coût à absorber pour des opérateurs tels Bouygues Telecom et SFR qui devront changer leur fusil d’épaule.

Les Etats-Unis sont partis en guerre avec Huawei depuis plus d’un an. Au cœur des échanges houleux, la course à la 5G. Et ils réclament de leurs alliés une exclusion totale du déploiement du futur réseau de communication mobile qu’ils accusent d’utiliser ses infrastructures pour espionner pour le compte de Pékin. Huawei. Certains pays ont répondu favorablement à la demande comme l’Australie ou le Japon. D’autres comme l’Italie, la Chine ou le Brésil ont refusé de suivre. La France, l’Allemagne ou la Grande-Bretagne ont décidé de se montrer plus réservés et d’imposer quelques restrictions.

Alors que le Gouvernement souhaite maintenir le cap de la 5G avec es fréquences attribuées cet automne, vous seriez en majorité prêts à patienter, le temps d’en savoir plus sur son impact environnemental.
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