Introduction

359 euros, c’est le prix choc annoncé par Pocophone en France pour son premier smartphone avec le meilleur processeur du marché. Que cache ce prix aguicheur et quelles sont les concessions qu’à du faire Xiaomi ? Voyons cela avec notre test complet du Pocophone F1.

Le marché français du smartphone a indéniablement été marqué en 2018 par l’arrivée du fabricant chinois Xiaomi. Quelques mois après, le fabricant récidive en créant la marque Pocophone comme une réponse aux Honor Play et OnePlus 6. La promesse du Pocophone rappelle beaucoup celle du premier OnePlus : un smartphone qui intègre certains éléments d’un appareil haut de gamme, mais vendu pour une fraction du prix. À l’heure où les smartphones se vendent à plus de 1000 euros, le Pocophone F1 est ainsi lancé à 359 euros, avec une ristourne de 30 euros par la marque.

Notre test en vidéo

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Fiche Technique

Modèle Pocophone F1
Version de l'OS Android 8.1
Interface MIUI
Taille d'écran 6,18 pouces
Définition 2246 x 1080 pixels
Densité de pixels 403 ppp
SoC Snapdragon 845 à 2,8GHz
Processeur (CPU) ARMv8
Puce Graphique (GPU) Adreno 630
Mémoire vive (RAM) 6 Go
Mémoire interne (flash) 64 Go, 128 Go, 256 Go
MicroSD Oui
Appareil photo (dorsal) Capteur 1:12 Mégapixels, Capteur 2: 5 Mégapixels
Appareil photo (frontal) 20 Mégapixels
Enregistrement vidéo 4K
Wi-Fi Oui
Bluetooth 5.0 + ADP + aptX + LE
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7)
SIM 2x nano SIM
NFC Non
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Géolocalisation Oui
Batterie 4000 mAh
Dimensions 156 x 75,5 x 9 mm
Poids 186,5 grammes
Couleurs Bleu, Noir
Prix 359€
Fiche produit

Ce test est réalisé avec un smartphone prêté par Xiaomi.

Un dos en plastique qui se défend

Difficile de trouver beaucoup de choses à dire sur le design des smartphones en 2018 tant ils se ressemblent tous : un écran bord à bord avec encoche à l’avant, un cadre en métal avec un port USB-C en bas, un lecteur d’empreintes au dos, généralement sous deux appareils photo placés au centre comme chez OnePlus, ou sur le bord en haut à gauche comme chez Apple. Pourtant, le Pocophone F1 se distingue de la masse par certaines caractéristiques bien à lui, bonnes ou mauvaises.

Première chose que l’on constate à l’avant du téléphone, l’écran n’est pas si borderless que cela. Il y a une bordure noire assez nette qui fait tout le tour de l’écran, et le menton du téléphone, ainsi que l’encoche en haut pour l’appareil photo frontal, sont plutôt proéminent. Plus étrange, l’écran ne semble pas centré horizontalement, la marge à droite est un peu plus large que celle à gauche de l’écran. Des défauts que l’on ne constate pas, ou moins, sur des smartphones plus cher, il s’agit sans doute là d’une des premières concessions de la marque.

Le dos est l’autre point qui va diviser les foules. Officiellement, Pocophone a choisi un dos en polycarbonate, en plastique donc, car les clients de smartphones en verre ont de toute façon le réflexe de les protéger avec des coques de protection en plastique. La marque ne précise bien sûr pas qu’un dos plastique est assurément moins cher à intégrer qu’un dos en verre ou en métal. À l’usage, je n’ai pas été dérangé le moins du monde par ce choix, je trouve le plastique choisi plutôt doux et agréable au toucher. En revanche le logo argenté de la marque est texturé, on le sent en passant le doigt. Je lui donne quelque mois avant de commencer à s’érafler puis disparaître. Le lecteur d’empreintes situé au dos, sous l’appareil photo, tombe bien sous l’index.

Les boutons sur la tranches sont de bonne qualité, suffisamment durs pour donner un bon retour sous le doigt à l’appui. Le smartphone a un dos légèrement arrondi, ce qui permet à l’appareil photo de dépasser à peine de la face arrière, un vrai bon point pour le design de l’appareil. Avec de l’USB-C et un port jack 3,5 mm, la connectique du Pocophone F1 est complète. C’est assez rare pour le noter, le Pocophone F1 intègre une LED de notifications au-dessus du port USB-C.

L’écran n’est pas une lumière

Le Pocophone F1 intègre un écran IPS de 6,21 pouces au format 18,7:9 avec une définition de 2248 x 1080 pixels. À l’œil nu, difficile de vraiment le prendre en défaut, les écrans vraiment mauvais se font très rares sur smartphone en 2018 de toute façon. On peut quand même noter un tendance à tirer vers le bleu, ce qui se voit particulièrement sur les pages supposées blanches (dans le navigateur par exemple), et une luminosité maximale un peu limitée à l’extérieur en plein soleil.

Ces défauts se confirment une fois l’écran passé sous notre sonde colorimétrique. D’après nos résultats, l’écran affiche une luminosité maximale de 440 cd/m², ce qui se situe dans la bonne moyenne pour un écran IPS en 2018, mais qui reste trop faible pour un revêtement aussi sensible aux reflets. Le contraste en revanche est plutôt bon avec un résultat de 1512:1. Le niveau des couleurs et leur température à 7500 K en moyenne démontrent bien une tendance de l’écran à afficher trop de bleu par défaut, mais cela reste une constante sur le marché et non un point propre à ce smartphone. Heureusement, MIUI permet de régler l’écran et le mode « chaud » corrige les niveaux de couleurs, au prix d’un contraste et d’une luminosité maximale plus faible. Le spectre sRGB est bien couvert par l’écran et même légèrement dépassé.

Ce n’est donc pas le meilleur écran passé par la rédaction de FrAndroid, mais il se situe dans la bonne moyenne et convient surtout à la plupart des usages. Les utilisateurs avertis qui veulent un écran parfaitement calibré pourront toujours réparer les impaires du fabricant en passant par les réglages de MIUI.

MIUI à la sauce Pixel

Comme sur la plupart des smartphones fabriqués par Xiaomi, Android est accompagné par l’interface MIUI de la marque. Dans le cas du Pocophone F1, il s’agit d’une version spéciale nommée « MIUI for Poco » qui se distingue par l’utilisation d’un thème et d’un launcher aux couleurs de Poco, mais aussi d’optimisations qu’aurait apporté la marque à MIUI. Plus concrètement, l’appareil tourne sous Android 8.1 Oreo avec MIUI 9.6.11 et la mise à jour de sécurité de juin 2018. La marque promet de mettre à jour l’appareil vers Android 9.0 Pie avant la fin de l’année 2018, et de fournir des mises à jour de sécurité chaque trimestre. Attention le smartphone prend en charge Widevine L3, et non L1, ce qui limite la qualité des vidéos sur les services comme Netflix, Molotov ou MyCanal.

Le Poco Launcher rapproche MIUI d’une utilisation classique d’Android, comme sur les Pixel de Google, avec notamment le fameux tiroir d’applications. Ce dernier peut d’ailleurs ici être trié par catégorie, ou par couleur, une option intéressante si on se souvient mieux de l’icone d’une application que de son nom. Dommage toutefois de ne pas pouvoir définir une catégorie manuellement pour les applications : Gmail est placé parmi les icônes grises, alors que j’aurais préféré le voir avec les applications rouges. MIUI est l’une de ces interfaces qui ajoutent énormément d’options et de fonctions à Android. Je ne suis pas forcément contre ce parti pris, mais il demande du savoir faire pour proposer une bonne expérience utilisateur.

Ce n’est pas le cas ici, l’ensemble manque beaucoup de cohérence et chaque fonctionnalité de MIUI semble avoir été développée indépendamment des autres. Pourquoi le « service d’activation de carte SIM Xiaomi » s’affiche-t-il en permanence par défaut ? Pourquoi « vider le cache » apparaît comme suggestion de raccourci dans Poco Launcher alors qu’il s’agit d’une fonction du panneau multitâche de MIUI et non d’une vraie application ? Ce ne sont que deux exemples et de petits détails, mais des détails qui illustrent le manque de soin apporté par Xiaomi à l’ensemble de son interface.

L’autre problème avec le rajout d’autant de fonctions, c’est qu’il faut en gérer les paramètres. Résultat, il devient très difficile de se repérer dans les paramètres de MIUI et de trouver la bonne option. Le moteur de recherche intégré est la plupart du temps incapable de trouver le paramètre recherché et MIUI a tendance à multiplier les sous-menus dans les sous-menus. Malgré tout ces problèmes, il faut bien noter que MIUI est un logiciel très complet, riche en fonctions et en options de personnalisation. Surtout, Xiaomi continue de proposer une interface très fluide et très optimisée, MIUI ne déçoit jamais sur ce point.

Un mot sur la gestion de l’encoche, car elle est problématique dans le cas du Pocophone F1. Elle est tellement largement physiquement, qu’Android n’a tout simplement plus de place pour afficher des notifications. On retrouve à droite de l’encoche les icônes de batterie, réseau et Wi-Fi, et à gauche l’heure, mais aucune notification d’application. Notons que l’on retrouve des options pour « fondre » la barre de notification avec l’encoche, en lui donnant un fond noir, qui fonctionne plutôt bien. MIUI propose également un mode « gestes en plein écran » pour troquer les boutons de navigations pour des gestes assez intuitif.

Le lecteur d’empreintes sauve la mise de la reconnaissance faciale

En théorie, Xiaomi propose deux options de déverrouillage biométrique sur le Pocophone F1, le déverrouillage par empreinte digitale ou la reconnaissance faciale avec la caméra frontale et la caméra infrarouge. Pourtant, impossible de trouver de prime abord l’option pour activer le déverrouillage par reconnaissance faciale du téléphone. Après une session de recherche, l’option est en faite désactivée dans certaines régions, ce qui semble être le cas en France. En réglant le téléphone sur la région Inde, l’option apparaît effectivement dans les réglages du verrouillage.

Rien à redire en revanche sur le lecteur d’empreintes digitales qui fonctionne très bien et se montre très rapide pour déverrouiller l’appareil.

Son stéréo, mais plutôt mono en fait

Lors de la présentation du téléphone, Pocophone a annoncé un son stéréo à l’avant de son téléphone. Dans les faits, on retrouve effectivement un haut-parleur à côté du port USB-C, sous le téléphone, et un autre haut-parleur au-dessus de l’écran. Ce dernier est en fait le haut-parleur qui sert classiquement dans les appels téléphoniques.

En regardant une vidéo de test de son stéréo, on a effectivement une différence qui est faite par le téléphone entre les deux sorties audio, selon qu’il doit jouer du son sur la gauche ou la droite. En revanche, les deux sorties sont clairement déséquilibrées, et on a plutôt affaire à une astuce de dépannage qu’à un vrai son stéréo. Le véritable haut-parleur reste celui placé sous le smartphone.

Ne vous laissez pas non plus berner par les deux grilles, réparties de chaque côté du port USB-C, une seule des deux correspond au haut-parleur, l’autre n’est là que pour l’esthétique.

L’appareil photo est la concession à faire

L’appareil photo était l’un de mes points d’interrogation concernant le Pocophone F1 avant le test. En effet, sur le papier le téléphone ne semble clairement pas miser sur ses talents en photos, alors que c’est l’un des sujets sur lequel on attend un smartphone en 2018. On retrouve donc au dos un double appareil photo, avec un premier capteur de 12 mégapixels surmonté d’un objectif f/1,9 et un capteur secondaire de 5 mégapixels avec un objectif f/2,0. Le tout est retraité par les algorithmes de Xiaomi, ce dernier ne manquant pas de mettre en avant la fonction « IA » censée améliorer les photos en reconnaissant leurs sujets.

Première chose à constater, la présence par défaut d’un watermark « Pocophone » sur chaque photo prise avec l’appareil. Il faut se rendre dans les paramètres et désactiver le « filigrane double app.photo » pour retirer ce furoncle de vos prochains clichés. Ceci fait, on se retrouve avec un appareil photo capable de prendre de plutôt belles photos en plein jour. Sans être exceptionnelles, elles sont plus que correctes avec une belle plage dynamique et un beau piqué, un zoom sur l’arbre ne le transforme pas en bouillie de pixels. De même les détails sur les piétons sont plutôt bien conservés, même lorsqu’ils sont à une rue d’écart.

En intérieur, avec une lumière plus faible, les choses commencent à se gâter. L’appareil n’a jamais été capable de faire une mise au point correct, ce qui donne des photos floues et un repas qui ne pourra pas finir sur les réseaux sociaux.

Les photos de nuit montrent bien les limites de ce genre d’appareil photo, même si le Pocophone F1 s’en sort avec au moins la moyenne sur cette gamme de prix. La photo de rue est beaucoup trop jaune, à cause d’une balance des blancs faite sur une lumière lointaine, mais les détails au premier plan et le bruit numérique pas imposant en font un cliché qui reste exploitable, sur mobile en tout cas. Comprenez que ce sera suffisant pour un usage mobile, un partage entre amis ou sur les réseaux sociaux, mais pas exploitable pour en faire un souvenir à conserver.

Le mode portrait

Le Pocophone F1 peut utiliser son second capteur comme capteur de profondeur et ainsi réaliser des effets bokeh, une fonction qui s’est généralisée sur smartphone en quelques années. Toute la difficulté pour un smartphone avec cet exercice est de bien comprendre quel est le sujet photographié, le repérer dans l’espace et le détourer correctement en appliquant l’effet flou sur l’arrière-plan.

Sans donner un résultat catastrophique, on ne peut pas dire que ce soit un usage qui plait au Pocophone F1. Le plus problématique était surtout une tendance de l’application appareil photo à geler et ne plus répondre dans ce mode, comme si l’algorithme du mode portrait prenait d’un coup toutes les ressources du téléphone.

Sur la photo de Geoffroy, le rendu a un aspect artificiel, on a plutôt l’impression que la photo du sujet a été ajoutée en calque sur la scène. En zoomant un peu, on se rend compte que le détourage est raté, les cheveux et le bout des oreilles sont flous, alors même que l’on peut voir un léger halo lumineux autour du cou. De nuit, la photo de la fleur est plus réussie, mais manque de piqué. On note une nouvelle fois un problème de mise au point, même s’il est plus compréhensible sur une photo prise dans des conditions difficiles.

Les selfies

Xiaomi intègre un capteur de 20 mégapixels à l’avant avec un objectif f/2,0. J’ai été positivement surpris sur l’ensemble des clichés que j’ai pu prendre.

Les photos de jour sont parfaitement exploitables, avec beaucoup de détails, une belle plage dynamique et aucun problème de mise au point. Même de nuit le résultat est vraiment correct et la photo conserve des détails même sur l’arrière-plan. En intérieur, si on fait l’impasse sur le luminaire à l’arrière-plan, la photo est une nouvelle fois réussie.

On peut également prendre des selfies en mode portrait, le résultat est une nouvelle fois beaucoup plus concluant qu’avec l’appareil photo dorsal.

Pas le maître de la vitesse, mais pas loin

Le Pocophone est vendu comme le « Master of Speed » (« maître de la vitesse » littéralement) et toute la communication de la marque est axée sur les performances du téléphone. Et pour cause, le Pocophone F1 intègre la meilleure puce de Qualcomm en date, le Snapdragon 845, accompagnée de 6 à 8 Go de RAM LPDDR4X et de 64 à 128 Go de stockage UFS 2.1. La marque promet également d’avoir optimisé MIUI pour maximiser les performances du processeur.

Notre exemplaire de test est une version 64 Go / 6 Go.

 Pocophone F1Honor PlayXiaomi Mi 8OnePlus 6Samsung Galaxy A8 (2018)
SoCSnapdragon 845Kirin 970Snapdragon 845Snapdragon 845Exynos 7885
AnTuTu 7.x266 117 points208 573 points266 201 points267 316 points85 223 points
PCMark 2.07 705 points7 509 points8 245 points8 233 points5 276 points
3D Mark Slingshot Extreme3 305 points3 003 points4 162 points4 668 points731 points
3D Mark SSE (Graphics)3 927 points3 051 points5 164 points5 204 points619 points
3D Mark SSE (Physics)2 127 points2 845 points2 478 points3 430 points1 988 points
GFX Bench Car Chase (onscreen / offscreen)33 / 35 FPS21 / 23 FPS33 / 35 FPS32 / 35 FPS5,8 / 6 FPS
GFXBench Manhattan (onscreen / offscreen)59 / 72 FPS53 / 58 FPS59 / 82 FPS58 / 71 FPS15 / 16 FPS
Lecture / écriture séquentielle715 / 160 Mo/s890 / 185 Mo/s729 / 192 Mo/s718 / 154 Mo/s296 / 91 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire29,5k / 4,6k IOPS42,4k / 34,7k IOPS34,5k / 5,6k IOPS35,9k / 5,6k IOPS20,4k / 3,8k IOPS

Une fois nos tests effectués, on peut constater que le Pocophone F1 s’en sort moins bien que le Xiaomi Mi 8 et le OnePlus 6, alors qu’ils sont tous les trois équipés du Snapdragon 845. C’est particulièrement visible sur les résultats de 3DMark et GFXBench, ce qui souligne une partie graphique légèrement en retrait. Il faut toutefois garder à l’esprit les écarts de prix entre le Pocophone F1, le Xiaomi Mi 8 et le OnePlus 6.

Une session de jeu confirme l’excellente prestation du Pocophone F1 : PUBG Mobile tourne à 40 images par seconde de façon très stable avec toutes les options réglées au maximum possible (HDR, Ultra avec anti-aliasing et sans ajustement des graphismes automatique).  Arena of Valor tourne également à 60 images par seconde constant, avec les textures HD et les options graphiques au maximum. En attendant de pouvoir tester Fortnite, impossible de trouver un jeu que le Snapdragon 845 n’arrive pas à faire tourner correctement. Même après une longue session de jeu, en enchaînant les parties, l’appareil reste au pire tiède au toucher et ne faiblit pas en performance.

Sur le même segment de prix, le Pocophone F1 s’en sort bien mieux que le Honor Play, le Kirin 970 montre une nouvelle fois sa faiblesse en jeu. Le Galaxy A8 (2018) et son Exynos 7885 sont vraiment à la traîne. Pocophone et Honor ne jouent pas dans la même cour que Samsung en terme de rapport performance/prix, tout simplement.

Un monstre d’autonomie rapide à charger

Avec une batterie de 4 000 mAh et un Snapdragon 845 gravé en 10 nm, le Pocophone F1 a tout pour proposer une excellente autonomie, supérieure à celle de la plupart des smartphones équipés du même processeur, mais souvent d’une batterie plus petite. La batterie du Pocophone F1 ne m’a jamais laissé tomber lors de mon test. Même avec des sessions de jeux gourmands en ressources, des téléchargements d’applications et une utilisation assez intensive du web pour ma veille, le F1 était capable de tenir plus d’une journée. MIUI propose en plus de détecter les applications qui consomment beaucoup et de régler assez finement leur comportement en arrière-plan.

Notre protocole de test Viser 3.2, qui simule un usage varié du smartphone, confirme cette impression avec un score de 10 heures et 15 minutes. Cela place le Pocophone F1 dans le peloton de tête des smartphones que nous avons testés en 2018, et en fait l’un des champions du rapport performance/autonomie. Les champions d’autonomie sont en effet souvent équipés de processeurs moins performants, comme le Redmi Note 5.

Si malgré cela la batterie n’était pas suffisante pour terminer une journée très intensive, ou plutôt une seconde journée d’utilisation modérée, le Pocophone F1 est compatible avec la charge rapide QuickCharge 3.0. Il est fourni avec un chargeur de 18 W et un câble USB Type-A vers USB Type-C. Cela permet de gagner 36 % de batterie (passant de 7 % à 43 %) en 30 minutes de recharge, 73 % en une heure (passant de 7 % à 80 %) et de recharger totalement la batterie en un peu moins de 2 heures.

Réseau et communications

Comme souvent avec les smartphones chinois, le Pocophone F1 est compatible avec la 4G LTE sur la plupart des fréquences utilisées en France (B1 / B3 / B5/ B7 / B8 / B20) à l’exception de la bande B28 700 MHz. L’accroche réseau est plutôt bonne, les débits sont là, on est dans la norme de ce qu’on attend d’un bon smartphone en 2018. Le lecteur de double SIM est hybride micro SD. Cela signifie qu’il faudra faire un choix entre le second port SIM ou l’utilisation d’une carte micro SD.

Bon point, l’appareil est compatible avec les dernières normes de Wi-Fi : 802.11 b/g/n/ac avec Wi-Fi 2×2 MIMO et MU-MIMO. Le Bluetooth 5.0 est aussi présent, avec une gestion du AAC, aptX et aptX-HD. La vrai manque c’est surtout l’absence du NFC qui empêchera le téléphone de fonctionner avec le paiement sans contact, ou comme une carte de transport, dommage.

Concernant les appels téléphoniques, les micros du Pocophone F1 permettent d’être clairement compris par son interlocuteur, même dans une avenue assez bruyante, seul un petit bruit de fond peu dérangeant se faisait entendre derrière ma voix. En revanche, j’ai dû monter fortement le volume du haut-parleur pour entendre mon correspondant. Heureusement, sa voix restait plutôt claire et compréhensible.

Prix, date de sortie et alternatives

Le Pocophone F1 est disponible à partir de 359 euros pour la version 64 Go et 399 euros pour la version 128 Go. La marque propose pour le lancement une offre de remboursement de 30 euros, avec des conditions dont Pocophone pourrait se passer.

Sur cette gamme de prix, le véritable concurrent du Pocophone F1 est le Honor Play, lancé au même moment et qui propose lui aussi un bon rapport performance/prix. Tout est une affaire de gout concernant le design et l’interface, mais le Pocophone F1 intègre un meilleur processeur, un meilleur écran, une meilleure batterie et a tendance à mieux s’en sortir en photo.

Le Pocophone F1 sous tous les angles

Test Pocophone F1 Le verdict

design
8
Oui il est un peu épais, et oui il a un dos en plastique, mais le Pocophone F1 reste un smartphone bien conçu et proposant une connectique complète. Il est agréable à tenir en main et c'est finalement le point le plus important quand on parle du design d'un smartphone. Les boutons sont agréables à presser et le lecteur d'empreinte tombe naturellement sous le doigt.
écran
8
Un bel écran IPS bien défini avec une tendance assez classique à tirer vers le bleu, mais qui peut être corrigé dans les options de MIUI. Ce n'est pas de l'AMOLED, mais sur ce segment de prix, l'écran du Pocophone F1 coche toutes les cases. Allez, on aurait aimé un peu plus de luminosité pour y voir plus clair en plein soleil.
logiciel
7
Le Pocophone F1 intègre MIUI for Poco, un dérivé de MIUI qui est elle-même une interface d'Android. Ce mille-feuille rend l’expérience utilisateur assez confuse, surtout lorsque l'on cherche à paramétrer le téléphone. Le support partiel des DRM est également un compromis du smartphone. C'est dommage car sinon l'interface du Pocophone F1 est à la fois fluide et très riches en fonctions.
performances
10
C'est l'un des smartphones les plus performants du marché, mais c'est surtout le meilleur rapport performance/prix du marché, et de loin. Il ne manque de rien : une puce haut de gamme bien refroidis, un stockage UFS suffisamment rapide et une belle quantité de mémoire vive. Tous les voyants sont aux verts sur les dernières normes de connexion sans-fil, Wi-Fi ou Bluetooth.
caméra
7
Comme souvent, l'appareil photo s'en sort très bien avec de bonnes conditions d'éclairage, mais montre ses faiblesses dans les scènes plus difficiles. Ici le résultat est suffisamment bon pour être satisfaisant sur cette gamme de prix. Il s'agit clairement de l'un des compromis du smartphone. On obtient des résultats beaucoup plus convaincant avec la caméra à l'avant, vos selfies seront réussis.
autonomie
9
La batterie de 4 000 mAh fait des merveilles avec le Snapdragon 845 et MIUI. Le Pocophone F1 est l'un des smartphones les plus endurants du marché, tout en étant l'un des plus performants, sans même prendre en compte son prix. La charge rapide, avec un chargeur compatible fourni dans la boite, qui permet en quelques minutes de regagner des heures d'autonomies, finit d'achever le tableau.
Note finale du test 9/10
Un smartphone parmi les plus performants et autonomes du marché à un prix très agressif. Voici en quelques mots ce qui fait la force de ce Pocophone F1 fabriqué par Xiaomi. Tout au long de mon test, j'ai noté des inconvénients souvent dus aux choix de la marque. L'écran pourrait être plus lumineux, l'appareil ne prend en charge toutes les DRM ni le NFC et l'interface de MIUI est tellement chargée de fonctions qu'elle en devient parfois confuse. Ces petits désagréments me semblent être complètement balayés par les qualités de l'appareil. En plus de ses performances et de son autonomie, son design est réussi, même si le dos en plastique ne convaincra pas tout le monde, et son interface MIUI reste fluide et bien optimisée.

Bien sûr, la meilleure arme du Pocophone F1 est son prix de lancement. C'est simple, dans son segment de prix on ne trouvera pas plus performant, et pour trouver aussi autonome il faudra justement faire un sacrifice sur les performances. Bien qu'il puisse paraître décevant, son appareil photo reste dans la moyenne avec un résultat qui nous semble suffisant pour ce segment de prix. C'est sur ce point que le Pocophone F1 perdra tous les comparatifs avec des smartphones vendus plus cher, comme le OnePlus 6. En revanche la caméra frontale est une réussite.

Si votre budget est limité, que le design vous convient, et si vous êtes prêt à faire des sacrifices sur la qualité de l'appareil photo, ce qu'il faudra faire de toute façon sur ce segment de prix, alors on ne voit pas vraiment de raisons de prendre un autre appareil que le Pocophone F1.
  • Points positifs
    • Le Snadragon 845 performant et bien refroidi
    • L'autonomie au top et la charge rapide
    • Le prix !
    • MIUI à la fois riche en fonctions et fluide
    • Les selfies
  • Points négatifs
    • Pas de 4G 700 MHz
    • Pas de NFC
    • Support partiel des DRM
    • MIUI mériterait d'être revu et réorganisé
    • L'appareil photo dorsal moyen sans plus