Voitures électriques : Volkswagen prend une décision qui ne va pas plaire à l’Europe

 

Dévoilé sous la forme d'un concept en 2019, le Cupra Tavascan, premier SUV électrique du constructeur espagnol apparenté à Seat, verra bel et bien le jour et devrait arriver en Europe en 2024. Mais contrairement aux autres modèles de Volkswagen vendus en Europe, il sera produit en Chine.

Cela fait quelques mois que l’on connaît le Cupra Tavascan. Et pour cause, celui-ci fut officiellement dévoilé en septembre 2019, à l’occasion du salon de Francfort. Pas sous la forme d’un modèle de série mais bien d’un concept-car, annonçant toutefois bel et bien une voiture qui sera commercialisée par la suite. Et voilà que l’on commence justement enfin à en savoir un peu plus à son sujet, et notamment sur son lieu de production.

Une fabrication chinoise

Encore en cours de développement, le second modèle électrique de la marque (intégrée au groupe Volkswagen), après la Cupra Born lancée en 2021, devrait faire ses premiers pas en Europe dans le courant de l’année 2024 selon les informations dévoilées par Automotive News. Mais contrairement aux autres véhicules de la firme espagnole, celui-ci ne sera pas produit en Europe.

En effet, le site annonce que le SUV électrique, rival du Tesla Model Y, sera assemblé non pas en Espagne ou en Allemagne, mais en Chine. La production se fera alors dans l’usine d’Anhui, située dans l’est du pays, non loin de Wuhan et appartenant à la marque dans le cadre de sa joint-venture créée avec JAC.

Une stratégie qui rejoint alors celle de Tesla, qui produit une partie de Model 3 et Model Y dans son usine de Shanghai et qui les exporte ensuite en Europe. Et pour cause, le site de production de Berlin n’assemble pour l’heure que certaines versions du Model Y, ce qui ne suffit pas à répondre à la demande. D’autant plus que la cadence de production du site chinois est telle que la firme possède trop de stock. Vendre ses voitures sur le Vieux Continent devrait donc l’aider à écouler ce dernier.

Par ailleurs, BMW suit un chemin similaire, alors que la firme va délocaliser la fabrication de certains de ses modèles dans l’Empire du Milieu. Cela devrait être le cas des Mini électriques, comme l’explique The Times, tandis que le BMW X5 devrait également être concerné.

La fin du bonus ?

Le groupe Renault aussi suit cette tendance, alors qu’il a délocalisé la production de sa Spring en Chine. Un rapport de Jato Dynamics soulignait d’ailleurs que 20 % des voitures électriques vendues en Europe au mois d’août étaient fabriquées en Chine. Et pourtant, seulement 18 % de celles-ci sont vendues par un constructeur chinois.

De quoi inquiéter les spécialistes, alors que plus de 800 000 autos chinoises pourraient être exportées en Europe d’ici à 2025. Au risque alors de détruire des emplois et de mettre à mal la compétitivité de notre industrie.

Plusieurs préconisations ont été faites par les spécialistes, et notamment l’ONG Transport & Environnement. Parmi elles, la fin du bonus pour les voitures n’ayant pas été assemblées en Europe. Une mesure qui intéresse fortement le gouvernement, qui réfléchit à la mettre en application. Ainsi, le Cupra Tavascan pourrait être privé d’aide gouvernementale, de même que les Dacia Spring, Tesla Model 3 et autres MG4.

Pour rappel, le SUV électrique repose sur la plateforme MEB, qu’il partage avec la Cupra Born mais également les Skoda Enyaq iV et autres Volkswagen ID.5. Il devrait alors hériter de la même fiche technique de ces derniers, avec une batterie de 77 kWh et une puissance pouvant atteindre les 300 chevaux.


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