Entre Volkswagen et Rivian, le contrat de mariage ressemble de plus en plus à une pension alimentaire

 
On savait que le ticket d’entrée pour l’expertise logicielle de Rivian était salé, mais la note vient de s’alourdir. Selon de nouvelles révélations, Volkswagen s’apprête à injecter 2,3 milliards d’euros supplémentaires en 2026. Un investissement massif qui montre l’urgence absolue pour le groupe allemand de corriger ses lacunes logicielles.
Audi Concept C // Source : Audi

Quand Volkswagen a annoncé son alliance avec Rivian en 2024, on sentait déjà que le géant de Wolfsburg était au pied du mur. Après les déboires en série de sa filiale logicielle Cariad, il fallait trouver une solution, et vite. Rivian, avec son architecture électrique moderne et son interface fluide, était le candidat idéal. Mais aujourd’hui, on découvre les petits caractères du contrat de mariage.

Selon des informations rapportées par Der Spiegel, la facture pour l’année 2026 s’annonce particulièrement salée. On parle d’un investissement de 2,3 milliards d’euros sur la seule année prochaine. C’est presque la moitié de l’enveloppe totale de 5 milliards de dollars initialement promise par le groupe allemand jusqu’en 2026.

Et plus récemment, selon des informations de TechCrunch tout juste publiées, Volkswagen vient de débloquer 1 milliard de dollars supplémentaires (environ 920 millions d’euros) pour Rivian. Pourquoi ce virement soudain ? Parce que la future VW ID.EVERY1, le premier modèle né de cette union, vient de valider ses tests hivernaux avec l’architecture logicielle de l’Américain.

VW ID.EVERY1

Ce succès technique a déclenché un paiement d’étape massif : 750 millions de dollars en investissement direct au capital et 250 millions liés aux prototypes. Au total, si Rivian continue de remplir ses objectifs, l’accord global pourrait grimper jusqu’à 5,8 milliards de dollars.

Un centre de développement sous perfusion allemande

Ce que l’on apprend dans le magazine allemand : Volkswagen doit financer 75 % des coûts de fonctionnement du centre de développement commun. En clair, Volkswagen paye les factures et les salaires, pendant que Rivian apporte son savoir-faire. C’est un rapport de force assez inédit pour un groupe de la taille de VW, habitué à dicter ses conditions à ses sous-traitants.

Les calculs effectués par Der Spiegel se basent sur les publications financières de RVT à la Bourse de New York. L’an dernier, la structure affichait un chiffre d’affaires de 730 millions d’euros, dont la moitié provenait directement des caisses de Volkswagen. Pour 2026, avec l’accélération des projets, cette contribution va exploser. Claire McDonough, la directrice financière de Rivian, prévoit d’ailleurs une hausse de 60 % des revenus liés aux services, portée quasi exclusivement par le partenaire allemand.

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Ajoutez à cela les 2,73 milliards d’euros déjà engagés sous forme de prêts garantis et de rachats d’actions, et vous obtenez un gouffre financier. Mais Volkswagen a-t-il vraiment le choix ? Leurs propres logiciels internes ont transformé le lancement de l’ID.3 et de l’ID.4 en un chemin de croix technique.

Sans l’architecture de Rivian, la prochaine génération de véhicules électriques de VW risquait tout simplement d’être obsolète avant même de sortir d’usine.

En déléguant la partie « cerveau » de ses voitures à Rivian, le groupe espère enfin proposer une expérience utilisateur digne de Tesla ou des constructeurs chinois comme BYD ou Xiaomi. Mais cette dépendance a un prix, et Rivian, qui brûle du cash à une vitesse record malgré de très bons produits (les R1T et R1S, sans oublier la R2), a trouvé en VW le partenaire financier idéal.

Pour Rivian, c’est une bouée de sauvetage inespérée. L’entreprise peut continuer à développer ses propres modèles tout en voyant une grande partie de ses frais de R&D pris en charge par un tiers. Pour Volkswagen, c’est un aveu de faiblesse qui coûte cher, mais c’est peut-être le prix à payer.

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