5 mois avec le Xiaomi Mi 11 : il fait le choix d’exceller, mais pas partout

 

Le Xiaomi Mi 11 a été mon smartphone principal durant cinq mois. Cinq petits mois durant lesquels je me suis amusé avec et dont voici le bilan et mon retour d’expérience, tant en matière de design et d’écran que de photo et d’autonomie.

Xiaomi Mi 11

Le Xiaomi Mi 11 // Source : Frandroid

Au moment de sa sortie, le Xiaomi Mi 11 avait globalement récolté nos louanges pour son rapport qualité/prix. Au cours de notre test, il s’est avéré excellent à plus d’un titre : un écran sublime, un design premium, des performances de haute volée, une puissance audio costaude et une charge ultra rapide.

Sans pour autant décevoir, ses appareils photo demeuraient légèrement en retrait, tout comme son autonomie et son interface logicielle. Mais après cinq mois d’utilisation, ce bilan est-il encore valable ? Le Mi 11 est-il parvenu à satisfaire mes besoins, ou a-t-il entraîné des frustrations inattendues ? Réponse dans ce retour d’expérience.

Fiche technique du Xiaomi Mi 11

Modèle Xiaomi Mi 11
Version de l'OS Android 11
Interface constructeur MIUI
Taille d'écran 6.81 pouces
Définition 3200 x 1440 pixels
Densité de pixels 515 ppp
Technologie AMOLED
SoC Snapdragon 888
Mémoire vive (RAM) 8 Go, 12 Go
Mémoire interne (flash) 128 Go, 256 Go
Appareil photo (dorsal) Capteur 1 : 108 Mpx
Capteur 2 : 13 Mpx
Capteur 3 : 5 Mpx
Appareil photo (frontal)
Wi-Fi Wi-Fi 6 (ax)
Bluetooth 5.1
5G Oui
NFC Oui
Capteur d'empreintes Sous l'écran
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Batterie 4600 mAh
Dimensions 74,6 x 164,3 x 8,06 mm
Poids 196 grammes
Couleurs Noir, Blanc, Bleu
Prix 699 €
Fiche produit Voir le test

Ce test sur le long terme a été réalisé à partir d’un smartphone prêté par Xiaomi.

Un format encombrant, un écran magique

Au moment de découvrir le Xiaomi Mi 11, son gabarit m’avait quelque peu laissé perplexe : un écran de 6,81 pouces n’est clairement pas adapté à toutes les mains, tout particulièrement les miennes. Au fil des semaines, je me suis habitué à ce format, non sans émettre quelques réserves.

Par sa taille, le Mi 11 a eu bien du mal à se faufiler dans certaines poches de mes jeans. Aussi, il n’a pas été toujours facile de l’utiliser à une main, même si l’agencement de l’interface logicielle m’a parfois aidé à appréhender cette problématique. Le Xiaomi Mi 11 reste malgré tout un beau bébé en main.

Je m’en suis surtout rendu compte au moment d’essayer d’autres téléphones plus petits et plus légers. Ses presque 196 grammes se sont aussi fait sentir lorsque je consommais du contenu la nuit tombée, dans mon lit, allongé tel un pacha. Au bout de 30 ou 40 minutes de visionnage, le téléphone m’a pesé en main.

Xiaomi n’a pas hésité à communiquer sur la protection Gorilla Glass Victus installée sur son écran. Le premier modèle qui m’a été envoyé a cependant accueilli de belles rayures au bout de quelques jours. Pour le second modèle, j’ai préféré conserver le film protecteur et éviter d’abîmer l’écran.

En revanche, c’est bien le dos en verre qui n’a pas tenu la route, littéralement. Le téléphone est malencontreusement tombé de ma poche de manteau lors d’un trajet en vélo, et s’est fracassé sur le sol. Résultats : deux beaux impacts sur les coins arrière droits supérieur et inférieur. L’écran a été épargné, mais le mal était fait.

Sur une note plus positive, j’ai tout particulièrement apprécié le revêtement arrière du téléphone : un verre mat tout lisse et très agréable au toucher. En bref : pour véritablement aimer le format du Xiaomi Mi 11, il faut aimer les grands smartphones.

L’écran, une régalade

Si l’écran de 6,81 pouces peut paraître trop grand au moment de manipuler le téléphone, il s’avère en revanche excellent pour regarder des vidéos. Je le disais déjà lors de mon test : c’est un régal. Cinq mois plus tard, je réitère mes propos : c’est un pur régal, que vous soyez dans les transports en commun, en avion, dans un TGV ou à votre domicile.

Sa définition WQHD+ combinée à la technologie AMOLED et des bords incurvés pour améliorer l’immersion constituent une magnifique formule qu’apprécieront les aficionados de contenus sur mobile comme moi. Je n’ai, à titre personnel, aucun reproche à faire à la dalle. Son taux de rafraîchissement adaptatif de 120 Hz et l’excellente luminosité viennent sublimer le tout.

Mais une interrogation subsiste : perçoit-on vraiment la différence entre un écran Full HD+ et WQHD+ sur une diagonale relativement similaire ? ? De mon propre aveu, non. Aujourd’hui, le Vivo X60 Pro que j’utilise me comble parfaitement avec du Full HD+, par exemple.

MIUI, entre frustration et satisfaction

L’interface de Xiaomi, j’ai nommé MIUI, me tiraille : d’un côté, elle m’a apporté une entière satisfaction, et d’un autre, une certaine frustration. Débutons par les bons points. L’expérience logicielle du constructeur est globalement bonne et agréable à utiliser avec une ribambelle de personnalisations.

Aussi, saluons le très joli mode always-on coloré — sur d’autres interfaces, il peut se limiter à du noir et blanc –, et surtout, le fameux centre de contrôles inspiré d’iOS qui s’est montré ultra pratique. Les tuiles qui correspondent aux paramètres rapides sont lisibles et suffisamment grosses pour les comprendre au premier regard. C’est vraiment plaisant.

Juste en dessous, l’emplacement dédié à votre domotique remplit parfaitement son rôle. Il n’a jamais été aussi facile pour moi d’accéder à mes ampoules connectées, par exemple. Bref, MIUI est globalement bien pensé, mais n’en reste pas moins dénué de petits bugs relativement frustrants à la longue.

Le plus énervant concerne le fond d’écran de votre interface d’accueil. Sans raison apparente, le système change votre fond et reconfigure celui qui s’affiche au premier démarrage du téléphone. Une fois, ça reste acceptable. Mais lorsque cette anomalie survient plusieurs fois par semaine, c’est usant.

J’ai également remarqué de légers ralentissements au niveau de l’interface, que je ne mets pas au crédit des performances, mais bien de l’optimisation de l’OS. Ces lags sont faibles, mais restent perceptibles à l’œil nu. Pour un smartphone vendu plus de 700 euros, c’est quelque peu regrettable.

Pour des raisons encore obscures, le téléphone semble aussi souffrir de bugs de notifications. Je m’explique : il m’est arrivé à plusieurs reprises de débloquer le Xiaomi Mi 11, puis de recevoir, d’un coup, toutes les notifications de la dernière heure qui auraient normalement dû s’envoyer au compte-gouttes.

L’activation de l’antivirus au moment de télécharger une application n’a également pas sa place. Certes, je n’ai pas téléchargé beaucoup d’apps une fois le téléphone configuré, mais cela arrivait tout de même de temps en temps. Heureusement, il est possible de désactiver cette fonction inutile. Enfin, le suivi des mises à jour de sécurité doit être plus rigoureux : la dernière date… du 1er janvier 2021. C’est trop long.

Des haut-parleurs bluffants

Lors de notre test publié en février 2021, les haut-parleurs du Xiaomi Mi 11 nous avaient déjà impressionnés. À l’usage pendant plusieurs mois, ils ne déçoivent clairement pas. Leur puissance et leur justesse sonore m’ont amené à utiliser le téléphone en guise d’enceinte d’appoint à plusieurs reprises.

Que ce soit lorsque je cuisinais ou rangeais ma chambre, le téléphone remplit largement sa tâche. Sur ce point, chapeau bas.

De belles photos, mais un zoom optique qui manque

Si le Xiaomi Mi 11 ne se démarquait pas spécialement par ses performances photographiques, son capteur et ses algorithmes offrent un résultat satisfaisant sur le long terme. Je maintiens le fait que son traitement reste neutre et fidèle à la réalité, a contrario de certains modèles — coucou le Vivo X60 Pro — où la saturation apporte un côté pop souvent plus flatteur pour l’œil.

Encore une fois, à chacun ses préférences. Mais globalement, le capteur principal m’a entièrement satisfaisait durant mes voyages. Je n’aurais peut-être pas dit non pour des couleurs un poil plus marquées par moment, mais c’est du détail.

Finalement, c’est bien l’absence d’un zoom optique qui manque cruellement. Si le capteur macro du téléphone excelle, je ne l’ai que très peu utilisé — si ce n’est jamais — durant cette période de cinq mois. Retirer ce capteur macro pour le remplacer au moins par un zoom optique x2 aurait été bien plus judicieux.

À plus de 700 euros, c’est regrettable et un point faible par rapport à la concurrence.

L’ultra grand-angle s’est quant à lui montré à la hauteur dans la plupart des situations. Certes, dans la galerie ci-dessous, le nouveau siège du média Le Monde paraît déformé, même si le design du bâtiment joue un petit rôle, mais dans l’ensemble, le plus grand champ de vision permet de capturer une large scène avec réussite.

On remarque tout de même une belle désaturation des couleurs (coucher de soleil moins orangé par rapport au capteur principal), ainsi qu’une petite perte de détails sur les bords. Mais au final, le résultat reste largement exploitable. Je suis personnellement satisfait des clichés obtenus.

Belle performance également du mode portrait. Si l’on veut pinailler, on pourrait soulever quelques imprécisions sur de petits détails. Mais il faut pour cela zoomer et cibler des zones précises. Finalement, j’ai toujours été comblé au moment de découvrir le travail des algorithmes grâce au joli effet bokeh appliqué.

Nous ne sommes peut-être pas au niveau d’un Google Pixel 5 qui est un maître en la matière, mais le Xiaomi Mi 11 a son mot à dire.

Mine de rien, les selfies font partie intégrante de notre bibliothèque photo. Ils permettent de conserver des souvenirs et les montrer a posteriori à vos amis et votre famille. La caméra avant a donc une certaine importance en termes de rendu.

Celle du Mi 11, de 20 mégapixels, offre un résultat plutôt propre. Même si d’une manière générale, un meilleur piqué n’aurait clairement pas été de refus. Sur la dernière photo, le coin supérieur droit (orienté vers une fenêtre) semble également un poil surexposé.

Petite mention spéciale à la gestion de la dynamique sur la photo du coucher de soleil : le premier plan est certes un poil plongé dans l’ombre, mais nos visages ressortent bien malgré la faible luminosité du moment. Cliché réussi selon moi !

Des performances au top, l’autonomie un peu moins

Propulsé par le Snapdragon 888, soit le meilleur processeur de Qualcomm au moment de la sortie du téléphone et à l’heure d’écrire ces lignes, le Xiaomi Mi 11 ne déçoit clairement pas en performances. C’est simple : par rapport à mes usages relativement classiques — je ne joue pas aux jeux vidéo –,  je n’ai aucun reproche à lui faire.

Pour les aficionados de Fortnite ou autres titres gourmands, le S888 ne devrait pas vous faire défaut. Nous l’avons vu à plusieurs reprises : ce SoC tient très bien la marée sur ce type d’usage.

Xiaomi Mi 11

Le Xiaomi Mi 11 // Source : Frandroid

En revanche, constat mi-figue mi-raisin concernant l’autonomie. D’un côté, l’obligation de devoir recharger son téléphone à chaque fin de journée m’a un peu frustré. L’endurance du Mi 11 n’atteint clairement pas les sommets.

Mais d’un autre, la recharge rapide de 55W permet de retrouver une belle quantité d’énergie à la vitesse de la lumière : comptez moins de 30 minutes pour atteindre les 80 %. Au quotidien, c’est très pratique.

Un bon téléphone… avec des disparités

Dans l’ensemble, le Xiaomi Mi 11 est un bon téléphone, voire un très bon smartphone. Mais s’il peut exceller dans certains domaines, il pêche aussi sur d’autres points. Le gros gabarit, le poids, les anomalies logicielles, l’autonomie un poil faiblarde et l’absence de zoom optique sont autant d’éléments qui ont chafouiné mon expérience.

Néanmoins, l’excellent écran, les performances de haute volée et les haut-parleurs puissants font de lui un compagnon parfait pour la consommation de contenus et une utilisation relativement classique au quotidien. La partie photo est bonne, mais reste peut-être en deçà de certains concurrents. Par exemple, le Vivo X60 Pro, que j’utilise depuis quelques semaines, me paraît bien plus convaincant sur ce point.

Officialisé en Europe le 8 février 2021, le Xiaomi Mi 11 fait office de nouveau porte-étendard de la marque chinoise. Avec une fiche technique de haute volée, ce téléphone haut de gamme sort les muscles et veut…
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