
Décriées pour leur format, rejetées par les joueuses et joueurs, leur utilisation est néanmoins plus complexe que l’on aurait pu le penser à l’origine. Il est l’heure de faire un tour du propriétaire : c’est quoi exactement, ces Game Key Cards ?
Une simple cartouche vide ?
Raccourcies en « GKC » dans les débats, les Game Key Cards sont l’un des formats de cartouches de la Nintendo Switch 2, aux côtés des cartouches standards et des cartouches « Nintendo Switch 2 Edition » qui ne sont autres que des jeux Switch 1.
Si les deux autres formats sont assez classiques, les GKC se veulent être un mélange entre une réelle cartouche et un jeu dématérialisé. En clair, elles ne contiennent que très peu de données : celles permettant à la console de lancer le téléchargement intégral du jeu, et celles autorisant la console à lancer ledit jeu. Lorsque vous achetez un jeu en Game Key Card, le contenu est donc placé dans la mémoire interne de la Switch 2, ou dans la microSD Express.
Pourquoi sont-elles si décriées ?
Vous avez peut-être déjà vu des annonces de jeux suivies d’une vague de messages de joueuses et joueurs expliquant qu’ils n’achèteront tout simplement pas à cause du format de cartouche utilisé. Mais pourquoi exactement ?

De par leur fonctionnement, les GKC posent plusieurs problèmes. Le premier et sans doute le plus important, c’est que les jeux n’appartiennent pas vraiment aux personnes qui les achètent. Puisqu’il n’y a rien sur la cartouche et qu’il est absolument nécessaire de disposer d’une connexion internet pour lancer le téléchargement des données, il existe un risque non nul que les serveurs de Nintendo finissent par fermer, rendant impossible l’utilisation de ces cartouches dans plusieurs dizaines d’années.
De ce fait, un deuxième problème existe : la sauvegarde du jeu vidéo. À travers le monde, un certain nombre d’associations et d’organismes sont chargés de préserver la culture, dont le jeu vidéo. C’est le cas en France, où la BnF (Bibliothèque nationale de France) impose à chaque éditeur de leur déposer une copie jouable d’un jeu à sa sortie, permettant de les conserver de façon sécurisée. Une Game Key Card qui ne contient aucune donnée n’a donc aucun intérêt pour la conservation, toujours à cause du risque de fermeture des serveurs.
Par ailleurs, le téléchargement et l’installation des données de jeu dans la console ou dans une microSD Express pose un problème d’espace de stockage. La Nintendo Switch 2 ayant plus de puissance que sa grande sœur, la taille des jeux a largement augmenté ; Final Fantasy 7 Remake Intergrade à lui seul, par exemple, occupe un peu moins de 100 Go d’espace de stockage, dans une console qui n’en dispose que de 256 Go. Avec le prix des microSD Express, ça peut vite revenir très onéreux.
Il subsiste néanmoins certains avantages
Pour autant, réduire les Game Key Cards à de simples cartouches inutiles serait un raccourci un peu trop facile. Si leur fonctionnement soulève de vraies questions, elles répondent également à certaines contraintes bien réelles, tant pour Nintendo que pour les éditeurs.
Le premier avantage, qui est plutôt une sorte de « moindre mal » au vu des prix maximums conseillés des jeux Nintendo Switch 2, c’est qu’un jeu au format GKC coûte en moyenne 10 € de moins qu’un jeu avec une cartouche standard. En clair, la « vraie cartouche » coûte cher et les éditeurs ont décidé de ne pas encaisser ce tarif : ce sont les joueuses et joueurs qui paient l’addition.

Mais ça n’est pas qu’une question de prix. Plusieurs éditeurs, Ubisoft en premier lieu, ont déclaré que les cartouches standards de la Nintendo Switch 2 n’ont tout simplement pas des performances adéquates pour certains jeux. C’est le cas par exemple de Star Wars Outlaws, très gourmand en vitesses de lecture et d’écriture à cause du « streaming de ressources » (le chargement en continu des ressources au lieu de charger l’intégralité en une seule fois). De ce fait, la seule solution viable pour proposer le jeu au format physique était de passer par une Game Key Card, pour forcer l’installation sur la mémoire interne de la console qui, elle, propose des vitesses bien plus élevées.
Il faut également noter que les jeux au format GKC ne vont pas à l’encontre du marché de l’occasion. Comme une cartouche standard, il est tout à fait possible de revendre une Carte Clé de jeu puisque la cartouche est absolument nécessaire pour lancer le jeu et que rien n’est lié à un compte Nintendo.
Une dernière question se pose souvent avec ce format : est-ce qu’il nécessite une connexion internet constante ? Rassurez-vous, ça n’est pas le cas. La connexion internet est forcément obligatoire lors du premier téléchargement du jeu, mais vous pouvez tout à fait jouer hors-ligne une fois l’installation terminée. Ce ne sont pas les serveurs qui authentifient votre jeu, mais bien la Game Key Card elle-même ; c’est d’ailleurs là son but premier, être une « clé ».
Un format de transition ?
Si l’on en croit certaines rumeurs, Nintendo aurait comme projet de proposer des cartouches Switch 2 de plusieurs tailles. Mais pour l’heure, rien n’a été annoncé ni leaké quant à des cartouches plus performantes du côté des vitesses de lecture et écriture.

Néanmoins, les cartouches standards ne sont disponibles, à l’heure actuelle et de façon assumée par Nintendo, qu’en 64 Go. L’éditeur d’un jeu de 15 Go, par exemple, n’aurait strictement aucun intérêt à imposer une « taxe » de 10 € supplémentaires pour autant de stockage gâché. L’arrivée de cartouches plus petites et, espérons-le, moins chères, pourrait en partie régler le problème des GKC.
Malgré tout, au vu de la situation actuelle et du prix de la mémoire à travers le monde, il y a fort à parier que ces cartouches tant décriées aient encore de beaux jours devant elles, malgré la levée de boucliers incessante et compréhensible d’une partie de la communauté.
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