J’ai testé trois TV RGB Mini LED : voici ce que cette technologie apporte vraiment (et ce qu’elle ne change pas)

 
Sony Bravia 9 II, Hisense UR9S, Samsung R95H : trois marques, un même principe, des diodes rouges, vertes et bleues à la place des LED blanches du rétroéclairage. Après les avoir passés à la sonde, le résultat est contre-intuitif. Le modèle qui couvre le mieux l’espace BT.2020 n’est pas celui auquel j’ai attribué la meilleure note. Et celui qui le couvre le moins est ma référence de l’année. Explications.
TV Sony Bravia 9 II // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Depuis le CES 2026, le discours est rodé chez tous les constructeurs : couverture record de l’espace BT.2020, luminosité en hausse, pureté chromatique inédite. Trois tests complets plus tard, mes mesures racontent une tout autre histoire. La luminosité ne doit rien au RGB.

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La couverture colorimétrique explose, mais elle ne prédit plus rien. Et sur ces trois téléviseurs, le classement des couvertures BT.2020 est très exactement l’inverse de celui des notes. Prenons le temps de démonter tout ça afin de mieux comprendre ce que cette technologie apporte réellement – et elle apporte beaucoup, mais pas là où on nous le raconte.

Couverture de l’espace colorimétrique BT.2020 du Hisense UR9S // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Le principe : on ne filtre plus la lumière, on la fabrique

Un rappel s’impose, parce qu’il conditionne tout le reste. Un écran LCD n’émet pas de lumière, il en bloque. Derrière la dalle, un rétroéclairage éclaire en permanence et les cristaux liquides font office de volets. Depuis une dizaine d’années, ce rétroéclairage repose sur des LED bleues associées à une couche de quantum dots qui convertit une partie de ce bleu en rouge et en vert pour recomposer un blanc. Ce blanc traverse ensuite les filtres colorés de la dalle. À chaque étape, on perd de la lumière et on élargit les pics spectraux : autrement dit, on dilue la pureté des couleurs avant même qu’elles n’atteignent l’œil.

Rétroéclairage classique avec LED et Mini LED // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Le RGB Mini LED renverse la logique. Le rétroéclairage est constitué de diodes rouges, vertes et bleues distinctes, pilotables séparément. Sur le Samsung R95H, ces trios mesurent 90 micromètres chacun et émettent directement les primaires, sans conversion. La lumière n’est plus transformée puis filtrée : elle est produite d’emblée à la bonne longueur d’onde.

Mini LED versus « Micro RGB » de Samsung // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Les conséquences sont triples. Les primaires deviennent plus pures, donc le gamut s’élargit mécaniquement. Le rendement grimpe sur les teintes saturées, puisqu’on ne jette plus l’essentiel du spectre dans un filtre coloré. Et surtout, le local dimming devient chromatique : chaque zone peut désormais être éclairée dans une dominante, et non plus seulement plus ou moins fort.

Rétroéclairage Mini LED « classique » à gauche versus RGB Mini LED à droite sur les TV Sony // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

C’est ce troisième point qui est techniquement le plus fort, et curieusement le moins mis en avant. Un rétroéclairage classique ne sait que doser une intensité. Un rétroéclairage RGB doit doser une intensité et une teinte, zone par zone. C’est une promesse formidable, et c’est aussi un piège redoutable pour les ingénieurs, comme on va le voir.

Trois noms différents pour une même idée

Un mot sur le vocabulaire, parce que le flou est soigneusement entretenu. Sony parle de True RGB, piloté par son système RGB Backlight Master Drive Pro.

Hisense parle de RGB Mini LED, technologie qu’il a été le premier à commercialiser fin 2025 avec le monumental 116UX, déclinée cette année en formats grand public avec les séries UR8S et UR9S.

Samsung, lui, refuse l’étiquette Mini LED et revendique le terme Micro RGB : ses diodes descendent sous la barre des 100 micromètres, ce qui n’est plus tout à fait du Mini LED au sens strict, sans être pour autant du Micro LED où chaque pixel serait émissif.

Ces différences d’appellation recouvrent des choix d’implémentation réels, mais le principe physique reste identique dans les trois cas : un rétroéclairage à primaires séparées derrière une dalle LCD. Ce qui sépare vraiment ces téléviseurs, ce n’est pas la taille des diodes. C’est l’électronique qui les pilote, et je vais y revenir.

Sony Bravia 9 II // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Le classement qui dérange

Commençons par le chiffre que tous les constructeurs mettent en avant : la couverture de l’espace BT.2020, le plus large des espaces colorimétriques normalisés pour la vidéo, celui vers lequel toute l’industrie est censée tendre.

Dans mes relevés, le Samsung 75R95H arrive en tête avec 94,78 % de couverture.

Couverture de l’espace colorimétrique du TV Samsung R95H // Source : Sylvain Pichot

Le Hisense 65UR9S suit avec 93,66 %.

Couverture de l’espace colorimétrique du TV Hisense UR9S // Source : Sylvain Pichot

Et le Sony Bravia 9 II ferme la marche à 87,86 %, en retrait de ses deux rivaux.

Or, à l’issue de ces trois tests, j’ai attribué 10 sur 10 au Sony, 9 sur 10 au Hisense et 8 sur 10 au Samsung. Le classement des couvertures BT.2020 est l’exact inverse du classement des notes.

Le phénomène ne s’arrête pas là. Si l’on regarde la fidélité colorimétrique en HDR, le Bravia 9 II affiche un Delta E moyen de 0,55 en mode Professionnel, l’une des meilleures valeurs que j’aie mesurées toutes technologies confondues, LCD comme OLED, et l’une des rares à s’approcher des LG 77C6 et 55G5 à 0,51.

Mesures HDR sur le TV Sony Bravia 9 II // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Le Hisense UR9S suit avec 0,70 en mode Filmmaker. Le Samsung R95H arrive à 1,55, ce qui reste excellent dans l’absolu mais représente une dalle moins bien calibrée en sortie d’usine. Rappel, plus le Delta E moyen est faible et mieux c’est. Là, l’ordre correspond exactement aux notes.

Mesures HDR sur le TV Samsung R95H // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Autrement dit, sur ces trois modèles, la couverture colorimétrique n’a aucun pouvoir prédictif sur la qualité d’image, alors que la fidélité colorimétrique en a un, direct et complet.

Un dernier relevé achève de le démontrer, et il vient de chez Hisense. La série UR8S, moins chère et positionnée sous l’UR9S, couvre 95,53 % du BT.2020 dans mes mesures : davantage que les trois téléviseurs de ce bilan. C’est le meilleur score de couverture de toute ma base de mesures. Et pourtant, le UR8S sortait de carton avec un Delta E moyen de 7,83 en SDR, une dérive parfaitement visible à l’œil nu, contre 2,87 pour le UR9S. En HDR, 2,7 contre 0,70. Le téléviseur qui couvre le plus large est aussi celui qui affiche les couleurs les plus fausses.

La couverture d’un espace colorimétrique mesure ce qu’un téléviseur est capable d’afficher. Elle ne dit strictement rien de ce qu’il affiche réellement. C’est une capacité, pas une performance – et à partir d’un certain seuil, elle cesse de discriminer quoi que ce soit.

Alors, à quoi sert une couverture de 90 % et plus du BT.2020 ?

Venons-en à la question de fond. Si le chiffre ne prédit pas la qualité d’image, à quoi sert-il ? La réponse mérite d’être formulée sans détour : aujourd’hui, dans l’immense majorité des cas, passer de 88 % à 95 % de couverture BT.2020 n’affiche pas une seule couleur supplémentaire dans vos films.

La raison tient à une confusion entretenue depuis le lancement du HDR. Le BT.2020 est un conteneur, pas un espace de travail. Le HDR10, le HDR10+ et le Dolby Vision signalent tous des coordonnées BT.2020, mais l’étalonnage est réalisé, dans la quasi-totalité des productions, à l’intérieur d’un sous-ensemble P3-D65. Le workflow recommandé par Dolby est explicite : transformation vers Rec. 2020, puis application d’un limiteur de gamut P3-D65.

Les moniteurs de mastering eux-mêmes n’y échappent pas. Le Sony BVM-HX3110, référence de la post-production HDR dans les grands studios, ne couvre pas intégralement le BT.2020.

Sony Bravia 9 à gauche, moniteur de référence Sony HX-3110 et Sony Bravia 9 II à droite // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Un coloriste ne peut pas valider une couleur qu’il ne voit pas sur son moniteur. Détail qui n’en est pas un : le Bravia 9 II atteint 4 063 cd/m² en pic, soit très précisément le niveau de ce moniteur de référence.

Sony n’a pas conçu son téléviseur pour dépasser un standard, mais pour le rejoindre – ce qui en dit long sur la philosophie de la marque, et accessoirement sur sa couverture BT.2020 volontairement plus modeste.

Les six à sept points de BT.2020 supplémentaires du Samsung correspondent donc à une zone du diagramme de chromaticité que presque aucun contenu commercial n’occupe aujourd’hui. Presque, parce qu’il existe une minorité de titres Ultra HD Blu-ray dont l’étalonnage déborde ponctuellement du P3, sur des rouges de feu, des verts de végétation ou des bleus profonds. On parle de quelques pour cent des pixels, sur quelques plans, dans quelques films.

Pour un acheteur, cela se traduit en trois règles simples. La couverture DCI-P3 reste le seul critère colorimétrique réellement utile en 2026, et il faut viser plus de 97 %, ce que font largement nos trois candidats, avec 99,37 % pour le Samsung, 99,16 % pour le Hisense et 97,99 % pour le Sony.

Mesures des espaces colorimétriques du TV Sony Bravia 9 II // Source : Sylvain Pichot

Le chiffre BT.2020 est un indicateur de potentiel à long terme, pas de rendu immédiat. Enfin, un gamut large mal maîtrisé dégrade activement l’image : si le tone mapping et la gestion du gamut sont approximatifs, on obtient des teintes survitaminées et des tons chair orangés. Mieux vaut un téléviseur qui couvre moins et respecte davantage. C’est très exactement le résultat de ce comparatif.

La luminosité ne doit rien au RGB non plus

Le RGB Mini LED est aussi censé faire exploser les pics lumineux. Mes mesures disent autre chose.

Le Bravia 9 II domine sans partage avec 4 063 cd/m² en mode Professionnel sur mire de 10 %, 4 065 en Cinéma et 4 048 en IMAX, pour 958 cd/m² en pleine dalle. C’est le téléviseur LCD le plus lumineux que j’aie mesuré à cette diagonale, et seul le Hisense 116UX de 116 pouces fait mieux en pleine dalle avec 1 197 cd/m².

Mesure Plein écran du TV Sony Bravia 9 II // Source : Sylvain Pichot

Le UR9S en 65 pouces s’établit entre 2 971 et 3 088 cd/m² selon le mode, pour 925 cd/m² en plein écran, sachant que la version 75 pouces de la même série grimpe à 4 000 cd/m². Le Samsung 75R95H, lui, plafonne à 2 568 cd/m² en mode Filmmaker et 695 cd/m² en pleine dalle.

Deux comparaisons rendent ces chiffres beaucoup plus parlants. La première : le TCL C89L, que j’ai mesuré à 3 114 cd/m², dépasse le UR9S de 65 pouces. Or le C89L n’a aucune diode rouge ni verte dans son rétroéclairage : sa dalle SQD Mini LED travaille sur les quantum dots avec des LED classiques. La seconde est plus embarrassante encore : le Samsung S99H, un téléviseur OLED de la même marque, atteint 2 886 cd/m² – soit plus que le R95H Micro RGB en 75 pouces, pourtant censé écraser l’OLED sur ce terrain précis.

Mesure HDR du TV Samsung S99H // Source : Sylvain Pichot

Le pic de luminance n’est donc pas un bénéfice du RGB Mini LED. Il dépend du nombre de diodes, de leur puissance, de la dissipation thermique et du pilotage, pas de leur couleur. Si le Bravia 9 II domine ce classement, c’est parce que Sony y a mis les moyens, pas parce qu’il est RGB. Un acheteur qui choisirait un RGB Mini LED en espérant gagner en luminosité par rapport à un très bon Mini LED classique de 2025 se tromperait d’argument.

Ce que le RGB apporte vraiment

À ce stade, on pourrait croire que cette technologie ne sert à rien. Or son bénéfice réel se situe ailleurs, dans une zone que les fiches techniques ne mesurent pas.

Le gain se joue sur la luminosité des couleurs saturées, ce qu’on appelle le volume colorimétrique. Sur un rétroéclairage blanc, afficher un rouge pur revient à sacrifier l’essentiel de la lumière produite dans le filtre rouge de la dalle, et cette teinte plafonne très vite. Avec des diodes rouges dédiées, on peut solliciter massivement ce canal et conserver une luminance bien supérieure sur la même couleur.

Le second bénéfice est plus discret mais tout aussi réel : la finesse des dégradés. Sur le Bravia 9 II, les dégradés de ciel et de brume sont dépourvus de banding visible, la technologie Smooth Color Gradation profitant directement du gamut élargi pour lisser les transitions.

Sur le Samsung R95H, je n’ai relevé aucune postérisation et les dégradés sont quasiment parfaits. Ce sont des progrès concrets, immédiatement visibles, et qui n’apparaissent sur aucune ligne de fiche technique.

Le vrai facteur discriminant : le pilotage

Pourquoi trois téléviseurs partageant la même technologie de rétroéclairage donnent-ils des résultats aussi différents ? Tout tient au traitement.

Piloter trois familles de diodes par zone, c’est multiplier par trois la complexité de l’algorithme de gradation locale, et devoir gérer la diffusion latérale de chaque couleur vers les zones voisines. Une zone rouge vive à côté d’une zone sombre neutre, et c’est une dominante rosée qui bave sur le noir. Ce phénomène de diaphonie chromatique est autrement plus difficile à corriger qu’un simple halo lumineux blanc.

Blooming perceptible sur le TV Hisense UR9S // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Sur le Hisense UR9S, le blooming reste perceptible sur les plans les plus exigeants, et le RGB y ajoute parfois une légère coloration des halos qui se voit davantage que sur un Mini LED classique – un défaut qui s’accentue nettement dès qu’on s’écarte de l’axe. Sur le Samsung R95H, ce blooming est très bien maîtrisé, avec environ 5 000 zones de rétroéclairage. Sur le Bravia 9 II, il est quasiment inexistant : quelques traces subsistent sur les contenus mêlant sous-titres, pics lumineux et arrière-plans très sombres, mais le traitement local réduit très fortement ces artefacts.

Le contraste ne s’arrête pas là. Le suivi de la courbe EOTF du Sony est parfait, sa température moyenne relevée à 6 457 K pour une cible à 6 500 K. Le Hisense, lui, sort de carton à 6 914 K en mode Cinéma et 6 140 K en Filmmaker, et le Samsung à 6 139 K : dans les deux cas, une dérive visible qu’une calibration corrige, mais qui ne devrait pas exister à ce niveau de gamme. Aucun de ces écarts n’a le moindre rapport avec le rétroéclairage. Ils relèvent du travail de calibration d’usine et du traitement vidéo.

Mesures SDR TV Sony Bravia 9 II // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Le RGB Mini LED n’est pas une performance, c’est un potentiel. Ce que le constructeur arrive à en faire compte infiniment plus que le nombre ou la couleur des diodes.

Face à l’OLED, la frontière se déplace

Le match n’est pas celui qu’on annonçait. Le RGB Mini LED ne détrône pas l’OLED, mais il déplace nettement la ligne de partage.

Sur la luminosité en plein écran, l’écart est sans appel pour les meilleurs représentants de la catégorie : aucune dalle OLED ne tient les 958 cd/m² du Bravia 9 II sur une mire occupant tout l’écran, contrainte qu’elle est par son limiteur automatique de luminosité. Sur un ciel orangé plein écran, sur une retransmission sportive en plein jour ou dans un salon à baies vitrées, l’avantage est indiscutable. S’y ajoutent le traitement antireflet adopté par les trois téléviseurs testés, l’absence totale de risque de marquage, décisive pour un usage télévision et jeu intensif, et un prix au pouce imbattable sur les très grandes diagonales.

Traitement antireflet sur le TV Sony Bravia 9 II // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Mais l’argument ne vaut que si le LCD tient ses promesses de luminosité, et le R95H, dépassé par l’OLED de sa propre marque, montre que ce n’est pas automatique.

L’OLED conserve pour sa part ce que le LCD ne pourra jamais lui prendre par construction : le noir absolu et le contraste géré pixel par pixel, l’absence de halo et de diaphonie chromatique, une homogénéité hors axe que les trois modèles testés n’approchent pas, et une finesse supérieure dans les scènes très sombres — un point sur lequel le Samsung R95H reste explicitement un cran en dessous.

TV OLED LG G6 // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

La conclusion pratique est simple. Jusqu’ici, choisir un LCD haut de gamme signifiait accepter un compromis sur la couleur en échange de la luminosité. Ce n’est plus vrai : sur ces trois téléviseurs, la couverture DCI-P3 dépasse partout les 97 % et la fidélité HDR atteint des niveaux de moniteur professionnel. Le compromis restant porte sur le contraste et la gestion des noirs, et il reste entier. Un cinéphile qui regarde dans l’obscurité choisira toujours l’OLED. Un salon lumineux, du sport, du jeu, une grande diagonale : le RGB Mini LED devient le choix rationnel.

Technologie d’avenir, ou dernière optimisation du LCD ?

De mon point de vue, trois éléments plaident pour sa pérennité. Elle réutilise les lignes de production LCD existantes : c’est une évolution du rétroéclairage, pas une rupture industrielle. Sa descente en gamme est déjà engagée, puisqu’on est passé en un an d’un unique 116 pouces à près de 10 000 euros à des séries en 65, 75 et 85 pouces, avec chez Hisense un UR8S positionné sous le UR9S. Et enfin, cinq constructeurs majeurs – Sony, Samsung, Hisense, TCL et LG – ont annoncé des gammes RGB pour 2026 : ce niveau de convergence n’est jamais un coup d’essai.

Hisense UR9S // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Deux réserves sérieuses subsistent. La première tient à la maturité du pilotage : les écarts observés entre nos trois modèles montrent que la technologie n’est pas encore stabilisée, et qu’une deuxième génération corrigera vraisemblablement une partie des défauts de diaphonie chromatique et de calibration. La seconde est stratégique. Le véritable horizon reste l’émissif, avec le Micro LED d’un côté et les dalles électroluminescentes à quantum dots de l’autre. Le RGB Mini LED est très probablement la dernière grande optimisation du LCD rétroéclairé. Une excellente technologie de transition, ce qui ne signifie pas une mauvaise technologie, seulement qu’elle ne sera pas la destination finale.

Un mot sur les prix

Question tarif, souvent le nerf de la guerre. Sony a particulièrement travaillé cet élément déterminant que je prends en compte pour ma notation. Ainsi, le Bravia 9 II est proposé à 2 999 euros en 65 pouces et 3 499 euros en 75 pouces. Le Samsung R95H demande 3 790 euros en 65 pouces et 4 999 euros en 75 pouces.

Samsung 75R95H // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Autrement dit, on peut s’offrir le Sony en 75 pouces pour moins cher que le Samsung en 65 pouces. Le Hisense UR9S, lui, joue une autre partition : lancé à 1 999 euros en 65 pouces, il se trouve désormais autour de 1 699 euros, ce qui le positionne face au Bravia 7 II et au Samsung R85H plutôt que face aux deux autres modèles de ce bilan.

Faut-il acheter un RGB Mini LED en 2026 ?

Oui, si votre pièce est lumineuse, si vous consommez beaucoup de sport ou de télévision en journée, si vous jouez plusieurs heures par jour, si vous visez 75 pouces ou plus, ou si vous comptez conserver votre téléviseur huit à dix ans. Non, si vous regardez surtout des films dans le noir, si votre budget est contraint (un OLED de milieu de gamme sera plus satisfaisant qu’un RGB Mini LED d’entrée de gamme) ou si vous achetez uniquement pour le pourcentage de BT.2020. Sur ce dernier point, ce comparatif devrait vous avoir convaincu.

Trois réglages à appliquer dès le déballage, quel que soit le modèle retenu. Passez d’abord en mode Filmmaker, Cinéma ou Professionnel selon la marque : les modes Dynamique et Standard exploitent le gamut élargi pour saturer artificiellement l’image, ce qui est exactement l’usage à proscrire sur un rétroéclairage RGB.

Modes d’image TV Samsung // Source : Sylvain Pichot / Frandroid

Désactivez ensuite toute option d’optimisation ou d’amplification des couleurs, qui pousse les teintes hors de l’intention d’étalonnage. Réglez enfin le local dimming sur un cran intermédiaire plutôt qu’au maximum : le niveau le plus agressif accentue la diaphonie chromatique dans les scènes contrastées.

Ce qu’il faut retenir

Le RGB Mini LED est une vraie avancée technique, mal vendue. On nous a expliqué qu’elle apportait de la luminosité, et un TCL sans rétroéclairage RGB tape plus fort qu’un Hisense qui en est équipé, quand un OLED Samsung dépasse le Micro RGB de sa propre marque. On nous a expliqué qu’elle apportait de la couleur, et le téléviseur qui couvre le plus large est celui auquel j’ai mis la note la plus basse, tandis que le Hisense le moins bien calibré de toute la gamme détient le record absolu de couverture BT.2020 de ma base de mesures.

Le bénéfice réel est ailleurs : dans la capacité à tenir la saturation à haute luminance, dans la propreté des dégradés, et dans un local dimming devenu chromatique. Trois gains qui se voient immédiatement à l’écran et qui n’apparaissent sur aucune fiche technique.

Reste que sur ces trois téléviseurs, la technologie n’explique pas le classement. Entre le meilleur et le moins abouti, l’écart tient au traitement d’image, à la calibration d’usine et au contrôle de la diaphonie, pas au rétroéclairage. Selon moi, en 2026, on n’achète pas un RGB Mini LED, on achète un constructeur capable de le piloter. C’est pour cette raison que le Bravia 9 II, dernier du classement sur la couverture BT.2020, reste ma référence de l’année.

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