
Pour la première fois depuis 2022, le budget que les foyers français allouent aux abonnements de streaming enregistre un recul. Selon les conclusions de l’Ă©tude Submix 2026, menĂ©e par le cabinet BearingPoint auprès de 2 505 rĂ©pondants dans l’Hexagone, le montant mensuel moyen s’Ă©tablit dĂ©sormais Ă 41 euros par mois.
C’est une rupture nette avec la dynamique ultra-favorable observĂ©e ces quatre dernières annĂ©es, oĂą la progression Ă©tait continue : 37 euros en 2022, 42 euros en 2023, 45 euros en 2024 et un pic Ă 49 euros en 2025.
Ce repli de 8 euros en un an s’accompagne logiquement d’un flĂ©chissement du nombre moyen d’abonnements dĂ©tenus par personne, qui passe de 3,2 en 2025 Ă 3,0 en 2026.
Pour aller plus loin
Netflix, Prime Video, Disney+, Max : quelle plateforme de streaming choisir en 2026 ?
Le mur du prix et le décalage de la réalité financière
Ce revirement de tendance s’explique par un durcissement des contraintes budgĂ©taires face Ă des hausses de tarifs rĂ©pĂ©tĂ©es. Netflix, YouTube Premium, PlayStation Plus, Disney+, Spotify et encore HBO Max hier, rares sont les services Ă ĂŞtre restĂ©s constants sur la durĂ©e. Pour l’instant, seul Microsoft a rĂ©tropĂ©dalĂ© sur son Game Pass, reconnaissant s’ĂŞtre trompĂ©.
L’Ă©tude met aussi en lumière un fossĂ© entre les dĂ©penses rĂ©elles et le seuil de tolĂ©rance des consommateurs. En 2025, alors que la dĂ©pense moyenne atteignait 49 euros, les foyers français dĂ©claraient que le montant maximum Ă ne pas dĂ©passer se situait Ă 32 euros par mois, soit un Ă©cart de 17 euros. En partant de ce constat, on ne pouvait espĂ©rer autre situation aujourd’hui.

Loin de s’attĂ©nuer, ce plafond psychologique acceptable se replie encore en 2026 pour s’Ă©tablir Ă 28 euros par mois. Face Ă ce dĂ©calage financier, les utilisateurs ont fini par arbitrer de manière pragmatique : ils conservent uniquement les services qu’ils exploitent rĂ©ellement et rĂ©silient les autres.
La situation française se distingue par ailleurs de celle de ses voisins européens. En Allemagne, le marché reste favorable avec une hausse concomitante du budget moyen et du plafond acceptable (62 euros dépensés pour 37 euros acceptés en 2026 contre 55 euros et 34 euros en 2025). Au Royaume-Uni, la tolérance au prix est nettement plus élevée avec 78 euros dépensés mensuellement pour un seuil acceptable de 60 euros.
Pour aller plus loin
3,3 millions de Français se dĂ©sabonnent chaque mois d’une plateforme de streaming vidĂ©o, mais qui est la grande perdante ?
Un marché ultra-structuré autour de Netflix
MalgrĂ© ces arbitrages, le marchĂ© français reste massivement dominĂ© par les acteurs de la vidĂ©o Ă la demande (SVOD). Le leader incontestĂ©, Netflix, trĂ´ne loin devant et s’impose dans 64 % des foyers. Le reste des services de streaming majeurs se rĂ©partit ainsi :
- Prime Video : 46 %
- CANAL+ : 26 %
- Disney+ : 23 %
- Spotify : 20 %
- Deezer : 12 %

Les autres plateformes de divertissement et de sport, telles que PlayStation Plus (9 %), beIN SPORTS (8 %), Apple TV+ (7 %), Paramount+ (7 %) ou HBO Max (7 %), restent sous la barre des 10 %, tout comme OCS et Eurosport (5 %).
Du cĂ´tĂ© du streaming musical, Amazon Music et Apple Music se cantonnent Ă 5 % d’Ă©quipement. Enfin, les abonnements Ă la presse quotidienne rĂ©gionale et nationale ferment la marche avec respectivement 6 % et 5 %.
Valeur perçue et concurrence de l’attention
Dans ce contexte de rationalisation, la perception des tarifs varie fortement d’une plateforme Ă l’autre.
AInsi, CANAL+ s’impose sur la pĂ©riode 2021-2026 comme le service le plus souvent jugĂ© cher ou très cher, une opinion partagĂ©e par 80 % de ses abonnĂ©s en 2026 (16 euros la chaĂ®ne seule et jusqu’Ă 60 euros pour la totale).
Ă€ l’inverse, Amazon Prime Video se distingue systĂ©matiquement par sa perception modĂ©rĂ©e, restant considĂ©rĂ©e comme l’offre la plus accessible du marchĂ©. Logique, une partie de cette plateforme est comprise dans l’abonnement Amazon Prime vendu 6,99 euros par mois. C’est donc indolore pour une partie des utilisateurs.

Au-delĂ de la question financière, les plateformes payantes doivent faire face Ă la concurrence croissante des rĂ©seaux sociaux (TikTok, Instagram, YouTube, Facebook) sur le temps d’attention. Si ce phĂ©nomène n’impacte que 21 % des rĂ©pondants sur l’ensemble de la population, il devient critique chez les 18-24 ans, oĂą 52 % d’entre eux dĂ©clarent que la consommation de vidĂ©os gratuites rĂ©duit le temps accordĂ© Ă leurs abonnements payants.
Chez ces jeunes adultes, cette baisse d’attention cible en prioritĂ© la vidĂ©o Ă la demande (32 %), la musique (20 %) et les offres TV des box internet (17 %).
Utilisez-vous Google News (Actualités en France) ? Vous pouvez suivre vos médias favoris. Suivez Frandroid sur Google News (et Numerama).

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Disqus.
Pour pouvoir le visualiser, vous devez accepter l'usage étant opéré par Disqus avec vos données qui pourront être utilisées pour les finalités suivantes : vous permettre de visualiser et de partager des contenus avec des médias sociaux, favoriser le développement et l'amélioration des produits d'Humanoid et de ses partenaires, vous afficher des publicités personnalisées par rapport à votre profil et activité, vous définir un profil publicitaire personnalisé, mesurer la performance des publicités et du contenu de ce site et mesurer l'audience de ce site (en savoir plus)
En cliquant sur « J’accepte tout », vous consentez aux finalités susmentionnées pour l’ensemble des cookies et autres traceurs déposés par Humanoid et .
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies.