
Depuis fin 2025, le prix des barrettes de RAM atteint des sommets jamais vus et a déjà des répercussions sur notre portefeuille. Le prix des smartphones flambe, celui des consoles de jeux grimpe toujours plus haut… Bref, tout ce qui a besoin de mémoire vive voit inéluctablement son prix augmenter, y compris les VPN.
Certes, le secteur ne connaît pas encore de hausse drastique de ses tarifs, mais toute entreprise exploitant un réseau de serveurs à grande échelle, comme un fournisseur de VPN, est concernée par la crise de la RAM. NordVPN est le seul fournisseur à avoir récemment augmenté ses prix, mais cela faisait suite au lancement d’un antivirus nouvelle génération.
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Quel est le rôle de la RAM dans un VPN ?
La crise de la RAM a un impact direct sur le marché des VPN, c’est évident à partir du moment où des milliers de serveurs sont exploités dans un même réseau. La question est : dans quelle mesure la pénurie de RAM impacte le marché des VPN ? Voyons d’abord quel est le rôle de la RAM dans un serveur VPN.
Un serveur VPN est équipé du hardware classique : processeur, carte réseau, SSD et RAM. Ici, la mémoire vive permet au serveur de gérer les connexions actives et sert de zone tampon en accumulant les paquets de données le temps que le processeur les traite. Sans cette zone tampon, le serveur subit des pertes de paquet et la connexion devient instable.

Certains VPN s’appuient sur une infrastructure RAM-only. C’est-à-dire que les serveurs n’utilisent aucun disque dur physique capable de conserver des données, même après un redémarrage. Toutes les données reposent sur la RAM, elles disparaissent donc à l’extinction du serveur. Un système présenté par plusieurs fournisseurs tels que NordVPN et Surfshark comme étant la meilleure solution en termes de confidentialité, notamment en cas de saisie des serveurs.
Enfin, de quelle quantité de RAM a besoin un serveur VPN ? NordVPN indique que ses serveurs dédiés, ceux assignés à un seul utilisateur à la fois, sont dotés de 4 Go de RAM. On peut donc en déduire que les serveurs VPN partagés entre plusieurs utilisateurs abritent une quantité beaucoup plus importante de RAM comme 32 Go, voire 64 Go.
Les effets de la crise absorbés, pour le moment
« La pénurie mondiale de DRAM touche toutes les entreprises qui exploitent une infrastructure de serveurs à grande échelle, et les fournisseurs de VPN ne font pas exception », nous confirme Marijus Briedis, CTO de NordVPN.
Avec son réseau de plus de 9 000 serveurs fort d’une capacité réseau de 100 Tb/s selon les données communiquées par NordVPN, l’un des plus grands fournisseurs du marché est aussi l’un des plus concernés par la crise des composants. Mais pour garantir la sécurité de son infrastructure et la confidentialité de ses utilisateurs, NordVPN préfère faire face à la hausse des coûts plutôt que de revenir sur son modèle 100 % RAM. « Ce n’est pas un point sur lequel nous ferions des compromis », ajoute Marijus Briedis.
Concrètement, cette crise se traduit par des coûts plus élevés pour entretenir et étendre notre réseau de serveurs. Nous gérons cette situation grâce à une planification des achats à long terme, à l’optimisation continue de notre infrastructure et à l’efficacité opérationnelle. Quant à nos abonnés, notre priorité est d’absorber la hausse des coûts d’infrastructure sans la répercuter directement sur eux.
Marijus Briedis, CTO de NordVPN
Si NordVPN, et les autres fournisseurs VPN, parviennent jusqu’ici à absorber les coûts, combien de temps en sont-ils encore capables ? Selon les prévisions des analystes du secteur (Jefferies, TrendForce), la crise de la RAM est amenée à durer au moins jusqu’en 2028, l’analyse la plus pessimiste parle même d’une pénurie qui pourrait durer encore 10 ans.
D’autant plus que le prix de la RAM n’aurait pas fini de grimper selon un rapport de Jefferies Equity Research. Il pourrait doubler cette année et grimper encore de 40 à 45 % en 2027. Pour les fournisseurs de VPN, la difficulté sera de tenir cette hausse de coûts dans la durée sans la faire payer aux abonnés.
Un impact inégal d’un fournisseur à l’autre
Pour les besoins de cet article, nous avons également contacté X-VPN, fournisseur de VPN basé à Singapour, qui a également constaté « des hausses de 30 à 60 % sur la location de certaines configurations de serveurs bare metal10 Gb/s« . Client de AWS, Zenlayer, Akamai et Google Compute Engine, entre autres, X-VPN n’a pris connaissance d’aucune dégradation de leurs services (suspension du renouvellement du matériel, retard sur le retrait d’anciens serveurs…) en réponse à la crise de la RAM.
X-VPN se veut également rassurant dans la mesure où il ne prévoit aucune hausse des prix sur les abonnements, aucune réduction des fonctionnalités incluses et aucune augmentation de la densité d’utilisateurs par serveur pour réduire les coûts. Le fournisseur aurait donc une situation privilégiée par rapport à d’autres concurrents si on en croit son analyse :
Les fournisseurs qui continuent d’investir dans des serveurs récents, une forte capacité réseau et une infrastructure robuste seront plus directement et plus rapidement exposés à la hausse du coût des nouveaux équipements. À l’inverse, les acteurs plus modestes, qui s’appuient déjà sur du matériel plus ancien ou moins coûteux, pourraient voir leurs coûts évoluer plus lentement et subir un impact plus limité à court terme.
Porte-parole de X-VPN
Mais à plus long terme, même ces acteurs plus modestes seraient impactés si le prix des composants reste aussi élevé.
Quelles seraient donc les conséquences de la hausse des coûts des composants sur l’offre des VPN ? Outre une augmentation du prix des abonnements, nous assisterions à un ralentissement dans le développement des parcs de serveurs VPN et à une réduction des investissements dans les infrastructures.
Il est même évoqué la possibilité que les fournisseurs partent à la recherche d’autres sources de revenus. Dans le scénario du pire, X-VPN envisage que certains fournisseurs puissent monétiser les données utilisateurs, ce qui serait contraire au principe même du VPN. D’où la nécessité de vérifier si un VPN a une politique no-log et si elle l’applique réellement. A contrario, ce ne serait plus un VPN mais un agrégateur qui revendrait vos données personnelles à des annonceurs, et ce sans votre accord.
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