Pourquoi vous refusez (toujours) d’acheter un scooter ou une moto électrique

 
Le marché des deux-roues électriques traverse effectivement une zone de turbulences assez longue en France, en tout cas très nette depuis la supression du bonus écologique, fin 2024. Encore cette année les ventes patinent, et à ce rythme là, on roule tout droit vers la panne sèche. Voici les derniers chiffres du marché.

Pour ce qui est du deux-roues, le silence ne fait vraiment pas recette, et l’électricité non plus. Mois après mois, les acheteurs Français continuent de se détourner des modèles de scooters et des motos électriques. Et c’est presque la panne de courant.

Le jeu de mot est facile mais ce désamour se ressent dans les chiffres de ventes. Les résultats de l’Observatoire du deux-roues, issus du partenariat entre AAAData, Solly Azar, pour Frandroid, témoignent encore d’une année morose pour la catégorie des modèles électriques.

De janvier à avril, il s’est vendu moins de 5 000 scooters et motos à batterie en France, soit une chute des immatriculations de 8 % en un an. Rappelons qu’en janvier et février, 821 engins avaient trouvé preneurs sur l’ensemble du territoire, soit une chute de plus de 22 % en un an.

Quels modèles arrivent en tête des ventes des deux-roues ?

Dans le détail, le mois d’avril, lui, n’a compté que 969 mises à la route de scooters électriques neufs. Le podium reste modeste, avec pour chef de file le Talaria Sting (68 unités), devant le Swipper X et ses 57 immatriculations, ainsi que l’Emax Cux vendu à 36 exemplaires. En ce qui concerne la catégorie moto, le marché du neuf plafonne à 920 transactions enregistrées. Il s’agit de la Stark Varg qui domine les ventes…à 98 unités. La BMW CE04 suit avec 54 immatriculations dans le mois, quant à la Talaria TL6000 se classe 3e avec 43 livraisons.

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A qui la faute ?

Pour Maëlle Faure, cheffe produits auto-moto, le business du deux-roues est grippé, elle confirme même que le neuf peine toujours à s’installer, « avec une chute globale des ventes de -20% depuis la suppression par décret du bonus écologique de 900 euros fin 2024 et par le manque d’engouement des consommateurs ». Au-delà du financement, l’experte pointe trois freins majeurs qui bloquent les acheteurs.

Scooter électrique Zero LS1 // Source : Zero Motorcycles

Notamment la persistance des écarts de prix conséquents entre l’offre électrique et thermique, ainsi que les problématiques liées à l’autonomie et les solutions de recharge des modèles en catalogue.

Il y a également aucun modèle star, aucun leader ne parvient aujourd’hui à créer un véritable effet d’entrainement sur les ventes. Il faut dire que les constructeurs n’ont pas le couteau sous la gorge : contrairement aux voitures, où l’échéance de 2035 force la marche vers le zéro émission, le monde du deux-roues bénéficie d’un flou réglementaire puisque aucune date de fin de vente pour le thermique n’est encore fixée. Résultat ? La conversion de leurs gammes peut encore attendre.

Enfin, la concurrence vient de là où on ne l’attend pas forcément. L’experte rappelle aussi que la multiplicité des alternatives moins coûteuses et plus pratiques retient le besoin d’achat de certains Français, davantage attirés par les trottinettes ou vélos à assistance électrique. Toujours plus puissants, ces engins offrent un avantage imbattable… ils échappent totalement aux contraintes de stationnement !


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