Panneaux solaires : climatiseur, chauffe-eau, voiture électrique ou batterie, quel est le moyen le plus rentable d’écouler son surplus ?

Un watt consommé vaut mieux que deux stockés

 
Depuis juin 2026, EDF ne rachète plus votre surplus solaire que 1,1 centime le kilowattheure. La question n’est plus de le revendre, mais de savoir quoi en faire, et là, la batterie n’est pas toujours la bonne réponse.

En ce moment, début juillet, je produis trois kilowatts en plein midi, la maison en consomme cinq cents watts, et le reste part sur le réseau pour rien. Le réflexe, c’est de foncer sur une batterie pour tout stocker et se sentir autonome.

Sauf qu’avant de dépenser plusieurs milliers d’euros, il vaut la peine de se poser une question bête : et si le kilowattheure le plus rentable était celui qu’on utilise tout de suite, sans jamais le stocker ?

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Le contexte a basculé au 1er juin 2026. Le tarif de rachat du surplus des petites installations est tombé à 1,1 centime le kWh, contre 4 centimes un an plus tôt.

Zendure SolarFlow 2400 AC+ // Source : Frandroid

À noter, ce nouveau tarif ne concerne que les installations dont la demande de raccordement a été déposée à partir du 5 juin 2026 : celles raccordées avant conservent leur ancien tarif de rachat, fixé pour 20 ans à la signature du contrat.

Comme le réseau vend, lui, autour de 0,20 € (et vous pouvez trouver mieux sur notre comparateur), un kilowattheure consommé chez soi vaut désormais près de vingt fois un kilowattheure revendu. Revendre son électricité ne rapporte presque plus, et l’autoconsommation devient la seule stratégie qui tienne.

L’usage le plus évident tombe à pic l’été, le climatiseur, dont le besoin culmine l’après-midi au moment précis où les panneaux donnent tout, pour environ 1 kWh par heure de fonctionnement, comme on l’a chiffré dans notre facture d’électricité d’un climatiseur.

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Le kWh le plus rentable, c’est celui qu’on ne stocke pas

Tout se joue sur le rendement. Consommer son électricité au moment où elle est produite, pour faire tourner le climatiseur ou lancer une machine, ne perd quasiment rien, le courant va du panneau à l’appareil sans détour.

Une batterie, elle, impose un aller-retour. Sa fiche technique annonce souvent 90 % de rendement, mais en conditions réelles, une fois comptées les pertes de l’onduleur et la gestion thermique, le rendement global tombe plutôt à 75 ou 80 %.

Un quart de l’énergie stockée s’évapore ainsi avant d’être réutilisée, et ce quart a coûté cher, puisque le stockage se paie entre 600 et 1 000 € le kWh installé. Même les batteries solaires plug-and-play, qu’on branche sans installateur, n’échappent pas à cette double peine, les pertes et le prix.

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Le ballon d’eau chaude, la batterie qu’on oublie

Il existe un stockage bien moins cher, et souvent plus malin. Un routeur solaire, vendu 250 à 700 €, envoie le surplus vers le ballon d’eau chaude au lieu du réseau. Une résistance transforme cette électricité en chaleur à presque 100 %, et un ballon thermodynamique fait encore mieux, en restituant environ trois fois l’énergie consommée grâce à sa pompe à chaleur. On stocke ainsi sa douche du soir pour une fraction du prix d’une batterie. Même logique avec une voiture électrique branchée en journée, qui sert de batterie roulante déjà payée.

Le routeur solaire Sun-Link est plutôt un délesteur, ce n’est pas un vrai routeur à modulation

Et pour stocker dans la voiture ?

La voiture électrique, c’est la plus grosse batterie de la maison, et elle est déjà payée. Envoyer son surplus solaire dedans plutôt que dans une batterie fixe paraît donc malin, et ça l’est, à deux conditions. La première, être là en journée pour brancher la voiture pendant que le soleil produit, ce qui exclut d’office ceux qui roulent au bureau toute la semaine. La seconde est plus technique : pour ne recharger qu’avec le surplus, il faut moduler la puissance en temps réel, et c’est là que ça se corse.

Un Tesla Wall Connector et une prise renforcée Green’Up // Source : Frandroid

Une prise domestique classique délivre environ 2,3 kW en continu, une prise renforcée type Green’Up monte à 3,7 kW, et une wallbox va de 7 à 22 kW. Le problème, c’est qu’une borne standard recharge à puissance fixe, alors que le surplus solaire, lui, varie à chaque nuage.

Pour suivre cette production en dents de scie, il faut une wallbox pilotable capable de descendre l’ampérage au fil de l’eau, façon Zappi ou Wallbox Pulsar avec mode solaire. Sans ce pilotage, on recharge à fond dès le branchement, surplus ou pas, et on repioche sur le réseau.

Vous pouvez aussi baisser l’ampérage de charge directement dans la voiture. La plupart des électriques permettent de limiter le courant depuis l’écran de bord, par exemple passer de 16 A à 8 A sur une prise, ce qui fait tomber la puissance d’environ 3,7 kW à 1,8 kW.

Le problème, c’est que ce réglage est manuel et figé. Vous posez une valeur, elle ne bouge plus. Or le surplus solaire, lui, varie à chaque nuage, minute par minute. Si vous bloquez la voiture à 1,8 kW et que votre surplus tombe à 800 W parce qu’un gros cumulus passe, vous tirez la différence sur le réseau sans vous en rendre compte. Et à l’inverse, si le soleil revient plein pot et que vous produisez 3 kW, votre voiture reste plafonnée à 1,8 kW et vous réinjectez le reste à 1,1 centime.

Dernier paramètre à intégrer : le temps de charge. En pur solaire, un surplus de 1 à 2 kW ne rajoute que 5 à 10 km d’autonomie par heure, autant dire qu’une grosse recharge sur la seule production de midi prend la journée entière. C’est parfait pour un télétravailleur qui grappille quelques dizaines de kilomètres par jour, beaucoup moins pour qui a besoin de refaire le plein avant ce soir.

Avant de choisir sa solution, un tour par nos guides sur les bornes et prises de recharge idéales à domicile et sur le match prise renforcée contre wallbox évite de se tromper de matériel. Et si la voiture reste à choisir, notre comparatif des meilleures voitures électriques fait le tri.

La batterie a du sens dans certains cas

La batterie garde du sens, mais pas pour tout le monde, y compris les modèles plug-and-play à brancher soi-même. Elle se justifie si l’on veut rafraîchir ou s’éclairer la nuit sur son propre solaire, se prémunir des coupures, ou jouer avec un tarif du type Tempo.

Pour le reste, consommer en direct, chauffer l’eau et recharger la voiture absorbent déjà l’essentiel du surplus, sans les pertes ni la facture. Le vrai angle mort, c’est la présence, puisque profiter de sa production suppose d’être là en journée, ou de programmer ses appareils. Un petit boîtier de pilotage, à partir de 30 €, ou un climatiseur connecté qui pré-refroidit entre midi et 16 heures suffisent à automatiser tout ça.


Certains liens de cet article sont affiliés. On vous explique tout ici.


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