
C’est un séisme total dans l’industrie du cycle. William Perrier, directeur général Sud Europe d’Accell Group et directeur général de Cycles Lapierre, nous a contactés pour annoncer la nouvelle. Le groupe néerlandais Accell Group, qui chapeaute une bonne partie du vélo européen (Batavus, Babboe, Haibike, Koga, Lapierre, Raleigh ou encore Sparta) a officiellement déposé le bilan mercredi 5 août.
Dans un message adressé aux salariés et relayé par le Financial Times, la direction parle d’une « situation profondément triste et frustrante », écrit Jonas Nilsson, CEO d’Accell. « Toutes les options réalistes pour l’avenir de l’entreprise ont été explorées sans relâche, et aucune n’a permis de trouver une solution pour maintenir le groupe sous sa forme actuelle. »
Comment un géant du vélo en arrive-t-il là ?
Pour comprendre comment Accell Group en est arrivé là, il faut notamment remonter à 2022. Cette année-là, le fonds d’investissement américain KKR prend la tête d’un consortium et rachète Accell autour de 1,56 milliard d’euros (environ 1,8 milliard de dollars). Le pari de départ était simple : miser sur l’explosion du vélo électrique qui suivait le Covid.
Sauf que la demande est retombée juste après un boom d’environ 2 ans, transformant l’opération en gouffre financier. En février dernier, le fonds a fini par céder sa participation restante à ses créanciers, au terme d’une deuxième restructuration de dette en un an.

Ces dernières semaines, le groupe négociait son rachat par la société singapourienne Dutech, un dossier que les créanciers préparaient depuis l’été et qui avait même reçu le feu vert des autorités de la concurrence en Allemagne, en Autriche et en Pologne.
Malheureusement, « les discussions ont échoué », nous annonce William Perrier. « Accell Group a donc déposé le bilan hier. »
Lapierre en redressement judiciaire, et maintenant ?
En France, Cycles Lapierre tombe mécaniquement avec Accell Group. La marque « a déposé mercredi 5 août auprès du tribunal de commerce de Dijon une demande d’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire », nous apprend William Perrier, qui conserve son poste de directeur général de Cycles Lapierre. Un redressement judiciaire ne signifie pas la fin de l’activité. C’est une mise sous protection qui laisse quelques mois pour trouver un repreneur ou réorganiser l’entreprise.
Les propriétaires de Lapierre, Haibike ou encore Babboe conservent en principe leurs garanties et leur accès au service après-vente le temps de la procédure. La suite dépendra surtout d’un repreneur capable de sauver les marques du groupe, faute de quoi elles risquent d’être vendues séparément.
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